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La suite pour orgue est un genre musical cultivé en France pendant les XVIIe et XVIIIe siècles, environ de 1660 à 1740.

La littérature d'orgue en France à l'époque baroque a une destination principalement liturgique. Messes et hymnes en mode grégorien sont à l'origine de pièces d'orgue qui doivent être courtes (on n'est pas au concert), ne laissant guère à l'interprète la possibilité de développer les thèmes. La structure de la messe pour orgue est réglée par les autorités de l'Église qui imposent le nombre et le caractère des pièces qui accompagnent le Kyrie, le Gloria, le Sanctus et l'Agnus Dei. Une plus grande latitude est laissée à l'interprète pour l'Offertoire, l'Élévation et la sortie. Quant à l'hymne, il détermine également le nombre des pièces.

La suite pour orgue apparaît avec Nivers et Lebègue : elle est issue de cette tradition et s'inspire de la suite de danses (que les organistes pratiquent car ils sont également tous clavecinistes) mais ils remplacent les airs de danse par d'autres, au rythme et au nom plus adaptés à la prière et à la méditation : préludes, duos, trios, dialogues, récits, fugues, etc. Une pièce intéressante et spécifique à l'orgue est l'« écho » qui utilise les possibilités offertes par les multiples registres de l'orgue.

Contrairement à la suite profane, la suite pour orgue (qui peut comprendre plus d'une dizaine de pièces) ne sera jamais « normalisée ». Il s'agit surtout, pour le compositeur, de proposer une sorte de catalogue de pièces variant le mode, la forme, le rythme et la registration pour pouvoir s'adapter en les combinant « ad libitum » aux nécessités de la liturgie. Des recueils importants sont ainsi publiés par plusieurs compositeurs (par exemple : Gilles Jullien, Jacques Boyvin), mais d'autres ne termineront jamais leur projet initial d'explorer tous les tons ecclésiastiques.

Compositeurs ayant écrit des suites pour orgueModifier

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