Simon Sirodot

naturaliste français
Simon Sirodot
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Abréviation en botanique
SirodotVoir et modifier les données sur Wikidata
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Universitaire, archéologueVoir et modifier les données sur Wikidata
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Distinction

Simon Sirodot (, Longeau - , Rennes) est un zoologiste, botaniste, et pionnier de la Préhistoire français. Membre correspondant de l'Académie des sciences et de la Société Nationale d'agriculture, doyen honoraire de la Faculté des Sciences de Rennes, officier de la Légion d'honneur.

BiographieModifier

OrigineModifier

Il est entré, après de brillantes études secondaires au lycée de Dijon, puis à Paris, à l'École normale supérieure, d'où il sort en 1849. Il devient alors professeur de lycée. Il est agrégé de sciences physiques en 1857. Il est, de 1852 à 1860, professeur dans les lycées de Toulouse, Strasbourg, Le Mans, Cahors et Limoges. Il est docteur ès sciences-naturelles en 1859.

ZoologieModifier

Chargé de cours le 8 novembre 1860, titulaire le 31 décembre 1862. Il est de 1860 à 1894 professeur de zoologie et botanique à la Faculté des sciences de Rennes. Il est doyen le 17 septembre 1869. Simon Sirodot est admis à la retraite le 1er novembre 1895. Il est conseiller municipal de Rennes de 1881 à 1899.

Il est connu au XIXe siècle pour ses travaux sur une algue rouge d’eaux douces (batrachospermes). Il est président en 1893 de la Société scientifique et médicale de l'Ouest. Le 16 février 1885, il est élu membre correspondant de l’Académie des sciences dans la section de botanique en remplacement de Charles Darwin.

Il légua ses collections à la galerie de Paléontologie du Musée des sciences naturelles de Rennes et à la Faculté des sciences de Rennes. Il avait aussi fondé une société d'horticulture. Il avait une passion pour les fleurs et spécialement pour les roses qu'il cultivait dans son jardin de la Mabilais. Outre des travaux importants sur la botanique, on lui doit des études sur le pommier et la fabrication du cidre.

BotanisteModifier

Par ses travaux sur les genres Lemanea (en), Batrachospermum et Balbiana, il s'est fait une place distinguée parmi les botanistes français. Il a démontré que Lemanea et Batrachospermum sont le thalle sexué de petites algues filamenteuses connues sous le nom de Chantransia (pt)[1]. On lui doit la découverte des anthéridies et des carpogones de Lemanea. Enfin, il observa que les espèces de Chantransia d'eau douce ne sont pas tous des prothalles de Batrachospermum, mais que l'un d'eux est une algue sexuée. Il l'a distinguée sous le nom de Balbiania.

PréhistoireModifier

Il apprend, en 1872, par son préparateur Jules Gallée l'existence d'étranges ossements découverts dans une tranchée de carrière du mont-Dol. Il lança une première campagne de fouille de juin à septembre, avant de les reprendre l'année suivante. Il mène des fouilles de manière rationnelle, quasi moderne. Il s'agissait des ossements de mammouths, de nombreux silex taillés.

C'est alors la première grande fouille archéologique de Bretagne, il découvre de nombreux ossements (traces d'une cinquantaine de mammouths, d'une douzaine de rhinocéros, d'une cinquantaine de chevaux, de lions, de cerfs, de bœufs), silex taillés (racloirs, outils pour débiter la viande et travailler les peaux) qui font du Mont-Dol le plus important site paléolithique breton[2].

Ses travaux pourtant rigoureux n'échappent pas à la polémique sur l'origine de l'Homme[3], des personnes comme l'abbé Pierre Hamard se refusant à admettre la haute antiquité de l'Homme[4].

HommagesModifier

Une école porte son nom au Mont-Dol. Une rue porte son nom à Rennes.

PublicationsModifier

  • Le "Balbiania investiens", étude organogénique et physiologique, Paris : Masson, 1876
  • Observations sur le développement des algues d'eau douce composant le genre "Batrachospermum", Paris : impr. de Martinet, (1876)
  • Les Batrachospermes, organisation, fonctions, développement, classification, Paris : G. Masson, 1884

Notes et référencesModifier

  1. Les Chantransia ont une structure semblable à celle des Conferves et sont le plus souvent pourvus de cellules multiplicatrices asexuées.
  2. Pierre-Roland Giot, Jean L'helgouac'h, Jean-Laurent Monnier, Préhistoire de la Bretagne, Ouest-France Université, , p. 96-100.
  3. Simon Sirodot, Conférence faite le 17 mai 1873 à la Société d’émulation des Côtes-du-Nord sur les fouilles exécutées au Mont-Dol (Ille-et-Vilaine) en 1872, éditeur Francisque Guyon, 49 p.
  4. M. l'abbé Pierre Hamard, Le gisement préhistorique du Mont-Dol (Ille-et-Vilaine) et les conséquences de cette découverte au point de vue de l’ancienneté de l’Homme et de l’Histoire, éditeur Plihon, 1877, 270 p.