Simeon Bekboulatovitch

Simeon Bekbulatovich (russe : Симеон Бекбулатович ; décédé le 5 janvier 1616) est un homme d'État russe du XVIe siècle d'origine tatare[1].

Simeon Bekboulatovitch
Simeon Bekbulatovich.png
Portrait anonyme de Simeon Bekbulatovich (seconde moitié du XVIe siècle ou début du XVIIe)
Fonctions
Khan
Tsar
Titre de noblesse
Knèze
Biographie
Décès
Sépulture
Activité
Famille
Père
Autres informations
Religion

Né dans une famille musulmane, il sert le khan de Qasim, avant de se convertir au christianisme et de devenir un proche collaborateur du tsar Ivan IV. Il participe à la guerre de Livonie comme commandant du régiment principal (bol'shoi polk) de l'armée moscovite[2]. En 1575, Ivan IV abdique au profit de Simeon, mais reste de facto au pouvoir et revient sur son trône un an plus tard. Dès lors, Simeon devient Grand Prince de Tver' et Torzhok jusqu'à sa disgrâce en 1585. Dix ans plus tard, il est aveuglé. La décennie suivante, il est forcé de porter l'habit de moine sous le nom de Stefan jusqu'à sa mort en 1616.

BiographieModifier

La première mention de Siméon dans les sources provient de la Chronique de Nikon qui fait référence à un certain Sail-Bulat en 1561 comme étant dans l'entourage de sa tante, la princesse Kochenei[3]. Quant à son titre de khan de Qasim, la première preuve repose sur une déclaration que l'ambassadeur russe de Constantinople, Ivan Novosil'tsev, a dit au sultan ottoman Selim II en 1570[4].

En 1575 (septembre ou octobre), Ivan IV le nomme Grand Prince de toutes les Rus' et porte simplement le titre de « Ivan de Moscou ». Les historiens ont un certain nombre d'hypothèses sur la raison pour laquelle il l'a fait cela. La plus retenue est celle du diplomate anglais Giles Fletcher qui expose qu'Ivan voulait confisquer les terres qui appartenaient aux monastères non pas en son nom, mais au nom de Siméon afin de ne pas recevoir les foudres de l'Église. Siméon le fait et publie les décrets de confiscation, tandis qu'Ivan fait semblant d'être en désaccord. Son « règne » au kremlin dure un an. C'est durant cette période qu'il épouse Anastasia Mstislavskaya, l'arrière-arrière-petite-fille d'Ivan III[1].

En 1576, Siméon démissionne de son poste de Grand Prince de toutes les Rus' au profit d'Ivan IV, dont celui-ci pour le remercier le fait Grand Prince de Tver' et de Torzhok. En 1585, il se fait disgracier par le fils d'Ivan IV, le tsar Fedor Ivanovitch, pour le confiné sur son domaine à Kushalov. En 1595, Siméon est devenu aveugle ou a été aveuglé. Selon le mercenaire français Jacques Margeret, Simeon blâme le vin espagnol que Boris Godounov lui a offert pour son anniversaire. Lorsque Boris est élu tsar en 1598, celui-ci demande aux personnes présentes à la cour de lui jurer un serment de fidélité, qui leur interdit de reconnaître Siméon comme tsar ou de correspondre avec lui. Le premier Faux Dmitri, tsar depuis 1605, demande que Siméon soit tonsuré au monastère de Kirillo-Belozersky, sous le nom de Stefan le 3 avril 1606. Le règne de ce tsar est court et est assassiné par Vassili Chouiski qui lui même devient tsar par élection. Il ordonne que Stefan soit emmené au monastère de Solovki le 29 mai 1606[1].

En 1612, à la suite d'un décret du prince D. M. Pozharskii et sur les conseils du Congrès de la Terre russe (zemski sobor), Stefan retourne au monastère de Kirilo-Belozersk. Sous le tsar Michel Ier, il retourne à Moscou et réside au monastère Simonov jusqu'à sa mort en 1616. Il est enterré dans le monastère à côté de son épouse, décédée le 7 juin 1607, après avoir été voilée comme la nonne Alexandra.

BibliographieModifier

  • Ostrowski, « Simeon Bekbulatovich's Remarkable Career as Tatar Khan, Grand Prince of Rus', and Monastic Elder », Russian History, vol. 39, no 3,‎ , p. 269–299 (DOI 10.1163/18763316-03903001)

RéférencesModifier

  1. a b et c (ru) « How a Tatar Khan ruled Russia », Russia Beyond The Headlines, (consulté le 29 janvier 2020)
  2. Sinbirskii sbornik, vol. 1: Chast' istoricheskaia (Moscow: A. Semen, 1844), 31-35, 39.
  3. Polnoe sobranie russkikh letopisei (PSRL'), 13:333.
  4. Puteshestviia russkikh poslov XVI-XVII vv., edited by D. S. Likhachev (Moscow: Akademiia nauk SSSR, 1954), 77. Novosil'tsev left Moscow on January 24, 1570, so Sain Bulat had to be khan by then.

Liens externesModifier