Ouvrir le menu principal

Sauveur-François Morand

médecin et chirurgien français
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Morand (homonymie).
Sauveur-François Morand
Portrait de Sauveur-François Morand
Sauveur-François Morand. Gravure par Auguste de Saint-Aubin.
Biographie
Naissance
à ParisVoir et modifier les données sur Wikidata
Décès (à 76 ans)
à ParisVoir et modifier les données sur Wikidata
Enfants Jean François Clément MorandVoir et modifier les données sur Wikidata
Thématique
Profession Médecin, écrivain, collaborateur de l'Encyclopédie, urologue (d) et chirurgien (en)Voir et modifier les données sur Wikidata
Membre de Royal Society, Académie des sciences et Académie des sciences de RussieVoir et modifier les données sur Wikidata

Sauveur-François Morand ( à Paris[1] à Paris) était un chirurgien français, collaborateur de l'Encyclopédie.

Sommaire

BiographieModifier

Son arrière-grand-père et son grand-père étaient chirurgiens[2],[3]. Son père, Jean Morand, né dans le Limousin en 1658 et mort en 1726, avait été, pendant près de trente ans, chirurgien-major à l’hôtel des Invalides et avait, le premier, essayé d’amputer le bras dans son articulation avec l’omoplate.

Sauveur-François Morand étudia au collège Mazarin. Durant le Grand Hiver de 1709 (en), les classes étant fermées, il se rendait quand même au collège consulter son professeur[4]. Il commença à étudier la chirurgie à treize ans[5]. Il fit sous la direction de son père de tels progrès dans la chirurgie qu’il devint, dès l’âge de quinze ans, aide à l’hôtel des Invalides, où il fut admis comme chirurgien en 1724.

Membre de l’Académie des sciences depuis 1722, démonstrateur des opérations de chirurgie en 1725, censeur royal et chirurgien en chef de l’hôpital de la Charité (1730), chirurgien-major des gardes-françaises (1739) et chirurgien en chef de l’hôtel des Invalides, Morand acquit, par le talent dont il fit preuve dans ces diverses fonctions, une grande réputation, qui s'effaça à la fin de sa vie[6].

À sa science d’anatomiste il joignait une grande facilité d’élocution, et ses cours étaient suivis par un grand nombre d’élèves. En 1729, il fait un voyage en Angleterre pour apprendre de CheseldenSt Thomas' Hospital) à tailler la pierre (lithiase) par l’appareil latéral. C'est lui en 1759 qui présente à l'Académie des sciences les modèles anatomiques en cire de Marie Catherine Biheron[7]. Il était en relation avec les principaux savants du temps, Hans Sloane, Jean-Baptiste Morgagni, Albrecht von Haller, et d'autres. Membre de l'Académie royale des sciences (1725)[8], membre fondateur de l'Académie royale de chirurgie, il faisait partie de la Royal Society[9] et des sociétés savantes de Saint-Pétersbourg, Académie des sciences de l'institut de Bologne, Stockholm[10], Florence, Cortone, Harlem et Porto[11],[12]. Il était membre de l'ordre de Saint-Michel.

Aimable, gai, obligeant[13], Morand fut notamment le protecteur de Raphaël Bienvenu Sabatier, qui devint son gendre.

Il avait épousé Marie-Clémence Guérin en mai 1722[14], fille de Martin Guérin, chirurgien-major du régiment des Gardes françaises, parente de Georges Mareschal, premier chirurgien du roi. Il est le père de Jean François Clément Morand, médecin[15],[16].

Il est mort le 21 juillet 1773 et a été enterré aux Invalides.

PublicationsModifier

OuvragesModifier

Articles et lettres publiquesModifier

Morand est l'auteur de nombreux mémoires insérés dans les recueils de l’Académie des sciences et de l’Académie de chirurgie. Il a collaboré aux volumes I, IV, V de l’Encyclopédie de Diderot et D’Alembert.

ÉditionModifier

  • Jean Devaux, L'art de faire des rapports en chirurgie, plusieurs éditions augmentées par Morand dans les années 1740
    « Cette nouvelle édition a l'avantage sur les deux précédentes, de renfermer des additions et corrections faites par M. Morand. »

ÉponymieModifier

  • Sauveur-François Morand a laissé son nom à une structure anatomique du cerveau, un renflement situé à la face médiale de la corne occipitale du ventricule latéral appelé « ergot de Morand » ou calcar avis[23].

Notes et référencesModifier

  1. Lettre, p. 6, n. a.
  2. Kafker.
  3. Lettre, p. 5, n. c.
  4. Grandjean de Fouchy, p. 173.
  5. Lettre, p. 6, n. b.
  6. Grimm.
  7. Georges Boulinier, Une femme anatomiste au siècle des Lumières : Marie Marguerite Biheron (1719–1795), p. 416, 420.
  8. Martine François et Marjorie Jung, « Morand Sauveur François ».
  9. Date d'élection : . « Morand; Sauveur Francois (1697 – 1773) », site de la Royal Society. Jean François Clément Morand (Lettre, p. 3, n. a) écrit, sans doute par erreur 1728.
  10. http://runeberg.org/ksvperson/0133.html.
  11. Lettre, p. 3, n. a. Les dates d'entrée dans ces académies sont données.
  12. Grandjean de Fouchy, p. 172.
  13. Les éloges que fait son fils (Lettre, p. 9) du caractère de son père ne sont pas sans fondement. Sauveur-François Morand, ajoute son fils (Lettre, p. 10), « faisait, s'il est permis de s'exprimer ainsi, la conquête de l'oreille et de l'imagination des malades qui l'appelaient ».
  14. Lettre, p. 8.
  15. Antoine Portal, Histoire de l'anatomie et de la chirurgie sur Google Livres, vol. 5, Didot, 1770, p. 460.
  16. Jean-Jacques Peumery, Les proches parents de Georges Mareschal, Premier chirurgien de Louis XIV et de Louis XV (1658-1736) (lire en ligne)
  17. Titre complet : Traité de la taille au haut appareil, où l'on a rassemblé tout ce qu'on a écrit de plus intéressant sur cette opération, avec une dissertation de M. Morand. Et une Lettre de M. Winslow sur la même matière. L'on y a joint la Nouvelle manière de faire l'opération de la taille, pratiquée par M. Douglas ; ce que Rousset en a écrit: le Traité de M. Cheselden, et la Thèse de M. Piètre. James Douglas est l'auteur entre autres : Observations on lithotomy : being a republication of Dr. James Douglas' appendix to his History of the lateral operation for the stone, and of other original papers relative to Mr. Cheselden's invention and improvement of that operation ; to which is added, a proposal for a new manner of cutting for the stone, ouvrage traduit en français.
  18. Fiche de worldcat.org.
  19. Samuel Sharp (en), A treatise on the operations of surgery, 1739. Traduction française : Augustin François Jault, Traité des opérations de chirurgie, avec les figures et la description des instruments qu'on y emploie ; et une Introduction sur la nature et le traitement des plaies, des abcès et des ulcères, 1741 (date du privilège du roi : fiche de worldcat.org).
  20. « Cette collection fut faite par les soins de Morand et toutes les pièces d'anatomie artificielles furent exécutées par une demoiselle Bicheron [lire : Biheron] et envoyées ensuite dans la capitale de la Russie qui manquait alors de tout ce qui pouvait faciliter l'étude de la chirurgie. » (Quérard).
  21. Recension du volume 2, dans Histoire de l'Académie royale des sciences avec les mémoires de mathématique et physique [pour l'année 1773], vol. 1, 1778, p. 144.
  22. Voir : Pierre Dionis, Cours d'opérations de chirurgie , démontrées au jardin royal, 4e  éd., revue, augmentée de remarques importantes par G[eorge] de La Faye, Paris, d'Houry, 1740, p. 249, n. a.
  23. Roger Teyssou, La médecine à la Renaissance et évolution des connaissances de la pensée médicale du quatorzième au dix-neuvième siècle en Europe, L'Harmattan, Paris, 2002, p. 199. (ISBN 2-7475-3059-0).

AnnexesModifier

BibliographieModifier

Article connexeModifier

Liens externesModifier