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Saint-Géran (navire)

Le Saint-Géran est un navire de la Compagnie française des Indes orientales, lancé à Lorient le , qui fit naufrage en 1744 à l'île d'Ambre au nord-est de l'île de France, l'actuelle île Maurice, alors qu'il effectuait son quatrième voyage sous la direction du capitaine Richard de Lamarre (ou La Marre). Événement marquant de l'histoire insulaire, il a inspiré à Bernardin de Saint-Pierre l'histoire de Paul et Virginie, dans laquelle la jeune héroïne éponyme trouve la mort par noyade, à la fin de l'ouvrage, dans le naufrage du bâtiment, faute d'avoir retiré ses vêtements. Son épave est aujourd'hui un site de plongée sous-marine. Sa cloche se trouve au musée naval de Mahébourg. Il doit son nom à Saint Géran, évêque d'Auxerre au Xe siècle.

HistoriqueModifier

 
Jules Noël : Naufrage du Saint-Géran (1744) (gravure, 1877)

Parti de Lorient le 24 mars 1744, coulé au large de l'Île de France (Maurice), le 25 décembre 1744.

  • Capitaine : Richard de La Marre (Richard est le patronyme)
  • État-major : Malles (cadet), Perret de Peramerit, L.-J. de Montendre, Lair, Ch. Bouet, R.P. Burck (aumônier), Louet (chirurgien).
  • Maistrance : 18 officiers mariniers, 5 officiers non-mariniers, 5 pilotins.
  • Équipage : 90 matelots tous Bretons, dont 71 du quartier de Port-Louis, 19 mousses.
  • Domestiques : 4.
  • Passagers :
    • Pour l'Isle de France (Maurice) : Belval ingénieur, Péan, sous-marchand, Anne Malet, créole, Jeanne Nézet, idem, Madelon, négresse de Mme Nézet, Pedro, domestique de Péan, Branho le Marin, mort avant le Cap,
    • Pour l'Île Bourbon (La Réunion) : Mlle Caillou, Grayle, Guigné, de Villarmoy, Jean Guinche, menuisier à Neuillac, Jean Diomat de Saumur, une négresse.
  • Embarqués à l'île de Gorée : 30 esclaves, 1 « passager clandestin », Belval, chirurgien.

8 matelots et le passager Dromat échappèrent au naufrage.

Dans la littératureModifier

Dans Paul et Virginie de Bernardin de Saint-Pierre, c'est par le Saint-Géran que revient Virginie à la fin du roman, et c'est dans son naufrage qu'elle périra. La description de ce naufrage est une page d'anthologie de la littérature française.

C'est la passagère Louise Augustine Caillou (1724-1744) qui inspira la mort de Virginie. Créole de Bourbon (La Réunion), fille de Louis Caillou chirurgien-major à la Compagnie des Indes, elle était fiancée à Louis de Longchamp Montendre, 1er enseigne à bord du Saint Géran. Quand le navire sombra, Montendre se jeta à l'eau pour lui montrer que l'on pouvait gagner la côte en s'accrochant à un débris de bois, puis il remonta à bord et lui demanda de se dévêtir (comprendre robe et jupon). Louise Augustine refusa. Montendre insista, la supplia. Ne parvenant à la convaincre, Montendre décida de rester auprès d'elle et ils périrent ensemble.

Sources: Rôle d'équipage du Saint Géran, Geneanet, témoignages des matelots survivants consignés à Port-Louis (Aujourd'hui Maurice).

Voir aussiModifier

Sources et bibliographieModifier

  • Raymond Hein, Le Naufrage du Saint-Géran. La légende de Paul et Virginie, Paris, Nathan, 1981, 160 pp., ill.
  • Jean-Yves Le Lan, « Le Naufrage du Saint-Géran : De nombreuses familles plœmeuroises touchées », Les Cahiers du pays de Plœmeur, no 17,‎ , p. 16-21 (ISSN 1157-2574)

Daniel Vaxelaire, Une si jolie naufragée, le roman vrai de Paul et Virginie, Paris, Flammarion, 2001, 312 pp.

  • Daniel Vaxelaire, « Une si jolie naufragée : Le roman vrai de Paul et Virginie », {{Article}} : paramètre « périodique » manquant,‎ , p. 312 (ISBN 9-782080-679109)

Articles connexesModifier