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La formation des sables fauves est une strate géologique présente dans le bassin aquitain constituée de sables de couleur roux-orangé déposés au cours du Miocène moyen.

OrigineModifier

Au Miocène moyen intervient la dernière transgression de l'océan Atlantique dans le bassin Aquitain[1]. Des dépôts détritiques marins interviennent au Langhien (-15,97 à -13,82 millions d'années) et encore plus au Serravallien[1] (-13,82 à -11,63 millions d'années), pour former une strate qui recouvre progressivement une vaste partie de l'actuelle Aquitaine, marquant le début du comblement du bassin[2].

CaractéristiquesModifier

Il s'agit de sables assez argileux et très micacés, bien classés (fin à moyen)[2], parfois liés en grès[1]. La présence de fer, oxydé lors du dépôt (« ferruginisation »), leur confère leur couleur roux à orangé[2]. La macrofaune est localement abondante, témoignant d'un environnement littoral — par exemple, la présence de restes dentaires attribués au mammutidé Zygolophodon turisensis a permis de dater certains sites du Serravallien[3].
L'épaisseur moyenne de la couche, ou puissance, est de l'ordre de 25 mètres. Des lits de graviers, traces d'anciens chenaux, forment des stratifications obliques au sein de la formation[2].
Sa fine granulométrie ne permet pas à l'eau d'y circuler facilement — hormis dans les lits de graviers.

Les sables fauves sont généralement recouverts par une couche de grès ferrugineux (alios), puis par le sable des Landes[2].

LocalisationModifier

La formation est présente sur un vaste quadrilatère entre Bayonne, Aire sur Adour, Casteljaloux et Le Porge[2].

Réputation en viticultureModifier

Une unité géographique « Sables fauves » est depuis 2013 une des composante de l'indication géographique protégée « Landes ». Le terroir englobe toutes ou certaines communes des cantons landais de Roquefort, Villeneuve-de-Marsan et Gabarret[4], correspondant au Bas-Armagnac[5].

Bien que cette nature de sol est parfois présentée comme peu propice à la viticulture des vins rouges de Gascogne[6], elle est généralement un argument de vente pour des producteurs d'armagnac[7] et des vignerons des Landes : les vignes plantées sur de tels sols donneraient un vin plus doux[8].

Notes et référencesModifier

  1. a b et c Philippe Gardère, Les sables fauves: dynamique sédimentaire et évolution morphostructurale du bassin d'Aquitaine au Miocène moyen, Laboratoire de Géologique Sédimentaire et Paléontologie, Univ. Paul Sabatier, (lire en ligne)
  2. a b c d e et f « Fiche terrain Salles - Moulin de Dubern », sur brgm.fr
  3. Societe d'histoire naturelle de Toulouse, Bulletin de la Societe d'histoire naturelle de Toulouse, Societe d'histoire naturelle de Toulouse., (lire en ligne), p. 105
  4. Cahier des charges de l'indication géographique protégée "Landes", http://agriculture.gouv.fr,
  5. Bulletin international du vin, F. Alcan., (lire en ligne)
  6. « Côtes de Gascogne, des rosés séducteurs et des rouges ambitieux » (consulté le 20 août 2019)
  7. Pierre Casamayor, La dégustation, Hachette Pratique, (ISBN 9782012301290, lire en ligne)
  8. Serge Lerat, Les Pays de l'Adour: Structures agraires et économie agricole ..., Union française d'impression, (lire en ligne)

Voir aussiModifier

BibliographieModifier

  • Philippe Gardère, « La Formation des Sables Fauves : dynamique sédimentaire au Miocène moyen et évolution morpho-structurale de l’Aquitaine (SW France) durant le Néogène », Eclogae Geologicae Helvetiae, vol. 98, no 2,‎ , p. 201–217 (ISSN 1420-9128, DOI 10.1007/s00015-005-1160-y, lire en ligne, consulté le 20 août 2019)
  • « Les sables fauves », sur Géolthèque Sud-Ouest (consulté le 23 août 2019)