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SU-100

Chasseur de chars soviétique de la Seconde Guerre Mondiale

SU-100
Image illustrative de l’article SU-100
SU-100 au Musée de la Grande Guerre patriotique (Kiev - Ukraine)
Caractéristiques de service
Service 1944 - 1957 (URSS)
Utilisateurs Union des républiques socialistes soviétiques
Conflits Seconde Guerre mondiale
Production
Concepteur Lev Gorlitsky
Année de conception 1944
Constructeur Usine Ouralmach de Iekaterinbourg
Unités produites 2 335+[1]
Caractéristiques générales
Équipage 4
Longueur 9,45 m
Largeur 3,00 m
Hauteur 2,25 m
Masse au combat 31,6 tonnes
Blindage (épaisseur/inclinaison)
Blindage 75 mm pour le glacis de la casemate; 45 mm pour le reste de la casemate et le châssis
Armement
Armement principal 1 canon 100 mm D-10S (L/54) (34 obus)
Armement secondaire - Pistolet-mitrailleur PPsh 41 de 7,62 mm
- 24 grenades F-1
- 5 grenades antichar
Mobilité
Moteur V-2-34 M diesel
Puissance 500 cv à 1 800 tr/min
Suspension Suspension Christie
Vitesse sur route 50 km/h sur route; 20 km/h en tout-terrain
Puissance massique /
Réservoir 500 litres avec possibilité d'augmenter de 270 litres en externe
Autonomie - 280 km sur route
- 170 km en tout-terrain

Le SU-100 est un chasseur de chars soviétique, utilisé tout à la fin de la Seconde Guerre mondiale par l'Armée rouge, et jusqu'à une période très récente dans certains pays du Tiers monde.

Il devait remplacer le SU-85, mais sa fabrication en série fut contrariée par un manque de fiabilité de ses munitions[2]. Il continua cependant à servir en URSS jusqu'en 1957, en compagnie d'une version légèrement modernisée nommée SU-100M.

DéveloppementModifier

Le SU-100 fut conçu et produit à l'UZTM (en russe УЗТМ pour Уральский Завод Тяжелого Машиностроения, Usine de constructions mécaniques lourdes de l'Oural, ou « Ouralmach »), à Iekaterinbourg. Il est basé sur le châssis du char T-34-85, sa production débuta en décembre 1944, et il apparut sur le front en mars 1945 en Hongrie.

Dans la lutte antichar il se révèla performant, son canon étant susceptible de pénétrer 125 mm de blindage vertical à une portée de 2 000 mètres, ou le glacis incliné de 80 mm du Panther allemand à 1 500 mètres. Il reçut des soldats soviétiques le surnom de "pizdets vsemu" ou « nique-tout »[3]. Cependant, ses munitions manquaient de fiabilité, ce qui en plus de l'arrêt des hostilités, contraria sa production[4]. Le D-10S devint une arme fiable plus tard, mais avec de nouveaux types de projectiles.

Le développement fut supervisé par Lev Gorlitsky (chef concepteur de tous les canons automoteurs moyens soviétiques), et débuta en février 1944. Le premier prototype, appelé "objet 138", fut construit en mars. Après une période d'essais avec différents modèles de canons de 100 mm, fut choisit le D-10S (D-10 tank gun (en)) pour une production de masse[5]. La caisse du SU-100 fut fortement améliorée par rapport au SU-85 : le blindage du glacis fut augmenté de 45 à 75 mm; le poste du chef de char fut agrandi et doté d'une nouvelle coupole; la ventilation fut améliorée, avec deux ventilateurs au lieu d'un.

ServiceModifier

 
Un SU-100 préservé dans un musée de République tchèque

Le SU-100 fut employé en masse en Hongrie en mars 1945, entre autre durant l'opération Frühlingserwachen.

Il resta en service dans l'Armée rouge après-guerre, sa production continuant en Union Soviétique jusqu'en 1947, avant d'être remplacé par le SU-100M, produit jusqu'au début des années 50 en Tchécoslovaquie, et plutôt destiné à l'exportation. Les SU-100 soviétiques furent retirés du service en 1957, et parqués dans des entrepôts jusqu'à la toute fin du XXème siècle[6].

Des SU-100 servirent dans l'APL chinoise à partir de 1955, après le départ des forces Soviétiques de Dalian. Furent alors vendus à la Chine 99 SU-100, 18 IS-2, 16 T-54 et 224 T-34. Ils servirent à former la première division blindée de la PLA.

Beaucoup de pays du Pacte de Varsovie employèrent aussi le SU-100, ainsi que des pays amis des Soviétiques tels l'Égypte, l'Angola, Cuba.

Quelques SU-100 furent livrés à la Yougoslavie sous la désignation M-44[7].

Les SU-100 furent utilisés au combat lors de la crise de Suez en 1956, par les Égyptiens contre les chars Sherman M4 israéliens. Ils furent aussi utilisés lors de la guerre des Six Jours en 1967, et lors de la guerre du Kippour en 1973.

Il étaient modifiés pour s'adapter aux conditions sableuses du Moyen-Orient, d'où la version SU-100M.

Ils continuèrent à être employés jusque dans les années 1980 dans certains pays, et restent possiblement encore utilisés par les armées vietnamienne et de Corée du Nord en ce début du XXIème siècle.

Dans la culture populaireModifier

 
Une maquette de SU-100 à l'échelle 1:35

Un SU-100 de la Deuxième Guerre mondiale et son équipage sont les héros du film soviétique "На войне как на войне" (en alphabet phonétique « Na vojne kak na vojne », soit « À la guerre comme à la guerre »). Les vétérans trouvèrent ce film assez réaliste. On peut y entendre la chanson des tankistes soviétiques, qui est depuis devenue populaire à la fois chez les tankistes russes et chez les civils.

Notes et référencesModifier

NotesModifier

  1. Le magazine TNT (Trucks & Tanks) hors-série n° 9 de décembre 2011 __ "Chasseurs de chars et engins d'appui alliés durant la Seconde guerre mondiale" __, page 74, donne le chiffre de 1 675 exemplaires produits. Il y a peut-être là confusion entre le SU-100 et le SU-100M.
  2. Magazine TNT, hors-série n°9, et lire plus bas sur cette page le chapitre « Développement ».
  3. "Молодой ленинец", № 2(7360) от 8 января 2008 года
  4. Magazine TNT hors-série n° 9, page 74.
  5. Ce canon fut conçu dans le bureau de construction de l'usine d'artillerie numéro 9 d'Iekaterinbourg, sous la direction de Fyodor Petrov. Ses premières munitions antichars manquaient de fiabilité, mais après la Seconde Guerre mondiale, et avec de nouvelles munitions, il fut installé sur les chars T-54 et T-55, occasionnellement encore utilisés en 2019, par exemple lors de la Guerre civile syrienne.
  6. Les Soviétiques conservaient dans des dépôts tous leurs véhicules blindés obsolètes, en vue d'une utilisation possible lors d'un conflit majeur sur leur sol.
  7. http://members.multimania.co.uk/oklop/su100.htm « Copie archivée » (version du 2 février 2012 sur l'Internet Archive)

BibliographieModifier

  • Laurent Tirone, Samakhodnaya Artileriskaya Ustanovoka 100 vs. Panzerjäger mit 8,8 cm L/71 auf Panther, in Trucks & Tanks Magazine n°34, Editions Caraktère, 2012

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