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Rossberg (chaume saint Dié)

montagne française
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Le Rossberg est une montagne aux formes aplanies sur la ligne de crête vosgienne, culminant à 1 130 m d'altitude au nord du col du Bonhomme. Ce replat granitique faiblement érodé, sur lequel se trouvent encore des amas gréseux, est le plus haut sommet sur la ligne de crête principale des Vosges au nord de ce col, si, on considère, au-delà du col des Bagenelles, les petit et grand Brézouard, le Hirzberg... placés sur une ligne de crête secondaire. Dénudé en chaume il y a moins de deux siècles, il est aujourd'hui recouvert d'un manteau forestier, la hêtraie-sapinière.

Le Rossberg
Illustration sous licence libre bienvenue !
Géographie
Altitude 1 130 m[1]
Massif Massif des Vosges
Coordonnées 48° 10′ 39″ nord, 7° 05′ 01″ est[1]
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Grand Est
Départements Haut-Rhin, Vosges
Ascension
Voie la plus facile Sente forestière le long des anciennes bornes frontières
Géologie
Roches Granites

Géolocalisation sur la carte : Vosges

(Voir situation sur carte : Vosges)
Le Rossberg

Géolocalisation sur la carte : Haut-Rhin

(Voir situation sur carte : Haut-Rhin)
Le Rossberg

Géolocalisation sur la carte : France

(Voir situation sur carte : France)
Le Rossberg

Sa partie lorraine occidentale, la plus vaste, appartient essentiellement à la commune de La Croix-aux-Mines, une fraction méridionale sous l'ancien nom désuet de Gazon Cadar est rattaché au territoire communal de Fraize. Sa frange orientale, alsacienne, est sur le canton de Lapoutroie, territoire communal du Bonhomme.

Sommaire

Une chaume autrefoisModifier

Le Rossberg était une vaste chaume sur le versant lorrain ; le versant granitique alsacien, en pente raide au-dessus du cours de la Béchine, était forestier. Il compte parmi les trois grands pâturages au nord du col du Bonhomme appartenant en indivision aux seigneurs de Taintrux, aux ducs de Lorraine et à l'abbaye de Moyenmoutier, à savoir :

  • le prey de Rosperg ;
  • Barbelimprey (espace herbeux groupant le pré du Bois aux Vieux Gazons sur les cartes actuelles) ;
  • le Prey de Raves (au niveau du col du Pré de Raves et en aval dans la haute vallée du ruisseau homonyme).

Même après son partage sous la Restauration entre les communes vosgiennes sus-citées, l'activité pastorale est restée. En 1910, sur la commune de Fraize, en contrebas du gazon Cadar où existe encore une marcairerie-métairie du Rossberg au milieu d'une petite chaume, la haute vallée des Ponséz ou du Scarupt est jalonnée de fermes et de chaumes aujourd'hui disparues :

  • la ferme de la Capitaine à 150 mètres de la métairie du Rossberg ;
  • le Rond-Chaxel avec sa ferme, un finage isolé surplombant la vallée du Scarupt à 2 km sur le versant au soleil ;
  • la chaume des Caluches, sur le versant au soleil entre le Rond-Chaxel et la métairie du Rossberg. Il correspond approximativement aujourd'hui au canton forestier de Chalnavée ;
  • la ferme du Bouxerand sur le chemin du Tracé qui longe le revers de Scarupt jusqu'au Fer-à-Cheval, à la limite entre Fraize et Plainfaing à la partie terminale du massif du Hangochet ;
  • le Pré Jallé qui en fond de vallée s'étendait jusqu'en contrebas du Rond-Chaxel, déjà enclavé par la forêt de l'adroit.

Toutefois, le sommet est déjà très boisé, d'où l'installation d'un observatoire-mirador en 1896 à proximité du point culminant, reconstruit par nécessité à environ 12 mètres de hauteur en 1907. Une immense part du panorama lorrain, en particulier les sommets jouxtant la vallée de la Meurthe, peut être contemplée. Il était même possible de reconnaître, en direction nord-ouest selon Jean Cordier, à l'œil nu des maisons de la ville de Saint-Dié-des-Vosges. Les principaux contreforts de la chaîne des Vosges, du Donon au Hohneck, sont alors aussi visibles depuis ce mirador.

Le côté alsacien s'ouvre toujours au regard plus facilement :

  • au nord-est apparaît le Haut-Kœnigsbourg ;
  • à l'est le Bressoir ou Brézouard de couleur brunâtre et les autres sommets bleutés de sa crête, au sud-est ;
  • au sud-est, la Tête des Faux, les Immerlins, le Violu, le cirque du lac Blanc et la vallée montagneuse de la Weiss.

Plus loin, au-delà des monts d'Aubure, se distinguent la plaine alsacienne, le Rhin et la Forêt-Noire.

Un lieu légendaireModifier

Le Rossberg, relief dominant le col du Bonhomme et offrant une remarquable vue sur l'ensemble du bassin de Saint-Dié, est une étape surplombant le « vieux chemin saint Dié ». Du col du Bonhomme, ce chemin mérovingien rejoignait le haut versant au soleil de la vallée de Scarupt jusqu'au col de la Séboue, avant de se diriger vers la Tête de la Behouille.

Le bonhomme Déodatus, alias saint Dié, après avoir marché sans discontinuer depuis Hunawihr, parvient assoiffé et exténué à 100 mètres du sommet de la chaume. Il plante son bâton et une source jaillit de la pointe qui est, disent les conteurs, à l'origine de la fontaine saint Dié. Il s'y repose, s'endort mais se réveille perdu dans un profond brouillard né des effets de la source devenue surpuissante. Il prie le Seigneur lumineux de le faire sortir des limbes épaisses de plus en plus froides. Il essaie de partir mais, perplexe, le saint homme est contraint de revenir sur ces pas près d'un bloc de grès massif pour ne pas s'égarer[2]. La faim le tenaille. Mais sa prière ardente a été entendue : deux corbeaux lui apportent une saine nourriture. Les aliments, vite avalés, réchauffent le saint frigorifié. Restauré, l'esprit clair, il lance sa hache-marteau qui fend le météore jusqu'au pied septentrional du Kemberg, sous les rochers de la Côte saint Martin où il fonde son premier monastère.

Sports d'été et d'hiverModifier

Certains gazons ou chaumes aplanies étaient le lieu idéal de course à pied ou à cheval. Le toponyme Rossberg, dont la racine indo-européenne ross est relative à la course, peut s'expliquer aussi comme la montagne de la course solaire. Les observatoires y semblent communs depuis l'Antiquité.

Depuis l'entre-deux-guerres, un ancien circuit de ski nordique s'étend sur 16 km, et propose aux fondeurs vosgiens des dénivelés entre 903 m et 1 110 m d'altitude. Le départ est situé traditionnellement au col des Bagenelles.

BibliographieModifier

Jean Cordier, Un coin des Vosges, Fraize et ses environs, Librairie Adolphe Weick, 1913, 108 pages.

Notes et référencesModifier

  1. a et b Cartes IGN disponibles sur Géoportail
  2. Il s'agit de reliques de la couverture gréseuse de ce plateau, complétée de gros blocs erratiques. Il en reste aujourd'hui le rocher Saint-Dié près de la fontaine homonyme. Cette couverture géologique annonce tel un fatum le bassin permien de Saint-Dié caractérisé par des hauteurs gréseuses, au pied desquelles le bonhomme Déodat termine ses jours