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Roberto D'Aubuisson

homme politique salvadorien
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Roberto D'Aubuisson
Biographie
Date de naissance
Lieu de naissance Santa Tecla
Date de décès (à 47 ans)
Lieu de décès San Salvador
Parti politique Alliance républicaine nationaliste

Roberto D'Aubuisson Arrieta (), est une figure politique salvadorienne également connue sous les noms de Chele et major Bob. Politicien et dirigeant militaire, il fonda l'Alliance républicaine nationaliste (ARENA), parti politique de droite, qu'il dirigea de 1978 à 1985.

BiographieModifier

Enfance et familleModifier

Il naît à Santa Tecla, département de La Libertad à El Salvador, fils de Don Roberto D'Aubuisson et de Doña Joaquina Arrieta. Il descend de Jacques, Marie, Germain, Gustave d'Aubuisson, né en 1822 à Toulouse, arrivé à 20 ans au Salvador où il s'installa comme marchand de quincaillerie [1].

Son père meurt en 1954. Après des études chez les Jésuites et les Maristes[2], il sort diplômé de l'Académie militaire nationale en 1963.

Les escadrons de la mortModifier

Pendant la guerre civile qui ravage le Salvador de 1978 à 1992, il est une figure centrale derrière les « escadrons de la mort » qui portent la responsabilité de nombreuses exécutions extra-judiciaires. Directeur adjoint de l’Agence de sécurité nationale jusqu'en 1979, il dérobe des dossiers sur des opposants de gauche et des théologiens de la libération et dirige des escadrons de la mort pour les assassiner.

L'assassinat de Monseigneur RomeroModifier

Le major Roberto D'Aubuisson est impliqué dans l'assassinat d'Oscar Romero, archevêque de San Salvador (24 mars 1980), selon la commission de la Verdad.

L'assassin de Mgr Romero n'a jamais été officiellement identifié, moins encore inculpé. Se fondant sur un grand nombre d'interviews de militants du parti Arena et de responsables américains, ainsi que sur l'étude de télégrammes du département d'État, les journalistes Craig Pyes et Laurie Beclund affirment, dès 1983, que le major d'Aubuisson avait planifié le meurtre avec un groupe d'officiers d'active qui tirèrent même au sort à qui reviendrait l'honneur d'être chargé de l'exécution.

L'ex-ambassadeur américain Robert White qui, lorsqu'il était en poste au Salvador, avait accès aux télégrammes du département d'État, entre autres informations internes, déclare en 1984 devant le Congrès des États-Unis qu'il ne fait pas « l'ombre d'un doute » que d'Aubuisson avait lui-même « planifié et ordonné l'assassinat » de Romero[3]. Il expliqua ensuite en 1986 toujours devant le Congrès des États-Unis qu'il y a suffisamment d'éléments pour mettre en cause des escadrons de la mort menés par le major d'Aubuisson[4]. Cette thèse est reprise en 1993, dans un rapport officiel des Nations unies, décrivant d'Aubuisson comme le maître d'œuvre de l'assassinat.

TortionnaireModifier

Il est possible que Roberto D'Aubuisson ait pu parfaire ses connaissances en guerre psychologique et méthodes de torture à l'École militaire des Amériques. Le major D'Aubuisson était également surnommé Blowtorch Bob, car sa méthode de torture favorite était de brûler ses victimes avec un chalumeau. Il aurait par ailleurs été membre de la ligue anticommuniste mondiale[5]. L’ambassadeur des Etats-Unis Robert White le décrit comme étant un « assassin psychopathe »[6].

Une enquête judiciaire conduite au Salvador par le juge Atilio Ramirez avait rapidement désigné d'Aubuisson et le général Medrano (protégé des États-Unis). Mais après des menaces et une tentative d'assassinat, Atilio Ramirez quitte subitement le pays et les poursuites judiciaires cessent. En exil, le juge Ramirez explique que l'équipe d'enquêteurs de la police criminelle ne s'était présentée sur les lieux du crime que quatre jours après qu'il a été commis et que ni la police ni le représentant du ministère de la justice ne présentèrent au procès de pièce à conviction. Sa conclusion était qu'il existait « indubitablement », depuis le début, une « sorte de conspiration pour couvrir le meurtre »[3].

Quelques années plus tard, Roberto d'Aubuisson est nommé président du Parlement salvadorien, mais il meurt, à l'âge de 47 ans, d'un cancer de l'œsophage.

En février 2007 son fils Eduardo est assassiné au Guatemala avec deux politiciens de l'ARENA et leur chauffeur. Les enquêteurs ont suggéré que les meurtriers étaient en relation avec les cartels de la drogue. En mars 2015, son autre fils Roberto Jr est élu maire de Santa Tecla.

dans la culture populaireModifier

Tony Plana a joué le Major Maximiliano ′Max′ Casanova, inspiré par D´Aubuisson, dans le film Salvador d'Oliver Stone.

RéférencesModifier

  1. Jacques, Marie, Germain, Gustave d'AUBUISSON. Né le 22 février 1822 - Toulouse. Décédé le 3 janvier 1885 à San Salvador, à l'âge de 62 ans [1]
  2. http://arena.org.sv/partido/historia/
  3. a et b Noam Chomsky et Edward Herman, La Fabrication du consentement. De la propagande médiatique en démocratie, Agone, 2008
  4. Philadelphia Inquirer, Nordland Rod, 23 mars 1984
  5. (es) Edgar González Ruiz,Red Voltaire, « La ultraderecha gobierna en El Salvador, por Edgar González Ruiz », Red Voltaire,‎ (lire en ligne)
  6. Oscar Martinez Penate, Le soldat et la guérillera. Une histoire orale de la guerre civile au Salvador, Sylepse, , p. 15

Liens externesModifier

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