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Robert Micheau (syndicaliste)

militant syndical

BiographieModifier

Débuts professionnelsModifier

Au milieu des années 1950, Robert Micheau est reçu au concours d'adjoint des services économiques[1]. Il est affecté en cette qualité au lycée de Saint-Quentin et adhère au SNES, syndicat de la FEN qui syndique alors essentiellement les personnels enseignants des lycées classiques et modernes, mais également les personnels d'intendance.

Muté sur sa demande au lycée Michelet à Vanves, dans la banlieue parisienne, Robert Micheau milite dans la catégorie intendance de ce syndicat.

Partisan affirmé de l'unité de l'ensemble des fonctionnaires de l'intendance dans un syndicat unique de la FEN, il prend une part active aux discussions et actions communes préparant cette fusion qui intervient parallèlement à la fusion intervenue en 1966 entre l'« ancien SNES classique et moderne » et le Syndicat national de l’enseignement technique (SNET) pour constituer le « Nouveau SNES » (classique, moderne, technique).

Au congrès fédéral de 1969, Robert Micheau entre à la commission administrative nationale de la Fédération de l'Éducation nationale (FEN) comme représentant suppléant du SNIEN dont le secrétaire général, Jean Desvergnes, est le membre titulaire[2].

Secrétaire général du Syndicat de l’intendance et trésorier national de la FENModifier

Une succession non recherchéeModifier

En 1977, Robert Micheau succède à Jean Desvergnes comme secrétaire général du SNIEN (Syndicat national de l'Intendance de la FEN) qui abandonne ses responsabilités syndicales pour prendre la présidence de la CASDEN, banque coopérative de l'Éducation nationale. Robert Micheau n’est pas candidat à la fonction à laquelle Michel Capron était initialement destiné mais à laquelle il a dû renoncer après un malaise cardiaque lors d'un congrès académique préparatoire au congrès national de 1977. Micheau y est poussé notamment par un groupe de militants dont Jean-Paul Roux et Pierre Escafit. Jean Desvergnes, dans le témoignage sur son parcours au Centre Henri-Aigueperse, raconte comment il a convaincu Robert Micheau d'accepter de prendre sa suite lors d'un trajet en voiture.

Robert Micheau accepte d'assumer cette responsabilité, mais pose comme condition de s'entourer d'une équipe comprenant notamment Jean-Paul Roux[3] et Michel Capron, secrétaires généraux adjoints, mais également Pierre Escafit, futur vice-président de la CAMIF. Robert Micheau entame alors un mandat qui durera quatorze ans, jusqu'en 1991[4].

Création de l'ASUModifier

Robert Micheau poursuit le travail entrepris par Jean Desvergnes avec le ministère de l'Éducation nationale en vue de créer l'Administration Scolaire et Universitaire (l'ASU), dont le statut, élaboré en 1979[5], n'est définitivement et complètement appliqué que par le décret du décret du 3 décembre 1983 « portant statuts particuliers des corps de l’administration scolaire et universitaire »[6], statut commun aux personnels relevant jusqu'alors des deux syndicats SNIEN et SNAU au sein de la FEN[7]. Au sein du SNIEN, le dossier est plus particulièrement suivi par André Tabarly (chargé du secteur corporatif) et Marie-Claude Bruniquel.

Mandats fédérauxModifier

Secrétaire général du Syndicat depuis 1977, Robert Micheau succède également à Jean Desvergnes comme trésorier national de la Fédération de l'Éducation nationale (FEN) lors du renouvellement de la Commission administrative et du Bureau fédéral qui interviennent au congrès de Nantes de la FEN (février 1978). Il est réélu trésorier national de la Fédération tout en restant secrétaire général de son syndicat aux congrès fédéraux de Toulouse (1980), d'Avignon (1989) et de Lille (1985).

Au congrès fédéral de La Rochelle, 1988, le secrétaire général de la FEN, Yannick Simbron, souhaite que celle-ci dispose d'un trésorier « à temps plein ». Cette fonction échoit à un autre militant du SNIEN, Jacques Bory[8], mais reste membre de l’Exécutif fédéral où il est réélu au congrès de Clermont-Ferrand (1991) jusqu’à la fin de son mandat à la tête du SNIEN. De 1988 à 1990, il siège sur proposition de la FEN comme membre de la section du cadre de vie du Conseil économique, social et environnemental[9].

Robert Micheau aura assumé pendant quatorze ans la direction de son syndicat et, pendant onze ans, des responsabilités éminentes au sein de la Fédération de l'Éducation nationale. Comme trésorier fédéral, Robert Micheau est le « numéro 2 statutaire » de la FEN, même s'il n'y a pas l'aura qu'avait son prédécesseur ou le même degré d'implication dans les dossiers transversaux[10].

Avec sa double casquette de secrétaire général du SNIEN et de trésorier fédéral, Robert Micheau aura côtoyé trois secrétaire généraux de la FEN : André Henry, Jacques Pommatau, Yannick Simbron.

Le retraité militantModifier

Après avoir quitté ses fonctions syndicales, Robert Micheau est notamment secrétaire national (membre du Bureau fédéral) de la Fédération générale des retraités de la Fonction publique (FGR-FP) de 1993 à 1996, y assumant la direction du bulletin mensuel, le Courrier du retraité[11].

Il meurt le 12 janvier 2012 à l'âge de 80 ans.

Notes et référencesModifier

  1. Les adjoints des services économiques étaient un corps de catégorie B de la Fonction publique, devenu en 1961 « secrétaires d'intendance » et correspondant à l’actuel corps des secrétaires d'administration de l’Enseignement supérieur et de la Recherche » (SAENES). Mais, contrairement aux secrétaires d'administration universitaire, le corps des secrétaires d'intendance ne comportait que les deux premiers grades du B-type sur trois.
  2. Depuis 1969, Jean Desvergnes est l'un des douze membre du Bureau fédéral de la FEN, où il devient le deuxième membre « non enseignant » à côté de l'historique André Bougreau, secrétaire général du Syndicat des agents (SNAEN). Après le décès de Georges Aulong pendant l'été 1970, Jean Desvergnes devient également trésorier de la FEN (Commission administrative du 17 septembre 1970 sur la proposition de James Marangé).
  3. Futur secrétaire général de la FEN puis de l’UNSA éducation.
  4. Lorsque Robert Micheau quitte la direction du syndicat, Marc Ripoll, qui lui succède au secrétariat général, sera pour le SNIEN l'artisan de la fusion avec le Syndicat national de l'administration universitaire (SNAU) qui donnera naissance à l'actuel Syndicat de l'administration et de l'intendance-UNSA (A&I-UNSA)Le SNIEN résultait lui-même d'un regroupement entre deux syndicats de la FEN : le Syndicat national de l'intendance universitaire (SNIU) et le SNES-Intendance.
  5. Décret 79-795 du 15 septembre 1975. Ce texte fait l'objet d'un recours contentieux et est finalement annulé par une décision du Conseil d'État du 8 décembre 1982 pour des raisons de formes.
  6. Réf. La Création du syndicat national Administration et Intendance par Marc Ripoll et Charles Dauvergne (témoignage au Centre Henri Aigueperse/UNSA éducation).
  7. Le SNIEN syndiquait uniquement, rappelons-le, des personnels de catégorie A et B. Le SNAU syndiquait de la catégorie D à la catégorie A.
  8. Jacques Bory sera trésorier national de la FEN de 1988 à 1998, avant d'être élu trésorier général de l’UNSA, fonction qu'il assume depuis.
  9. Alors dénommé Conseil économique et social (CES).
  10. Selon les témoignages d'André Henry et Jacques Pommatau, Robert Micheau, s'il a parfaitement assumé ses responsabilités de trésorier fédéral, s'est d'abord préoccupé de la direction de son syndicat (échanges avec Luc Bentz, Centre Henri Aigueperse, janvier 2012).
  11. http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article144006, notice MICHEAU Robert, Charles par Luc BENTZ , version mise en ligne le 7 janvier 2013, dernière modification le 17 octobre 2018.

AnnexesModifier

Liens externesModifier