Yannick Simbron

syndicaliste enseignant français
Yannick Simbron
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Yannick Simbron (1938-2008) est un syndicaliste enseignant français, secrétaire national du Syndicat national des instituteurs, puis secrétaire général de la FEN entre 1987 et 1991.

Yannick Simbron est né le 21 juin 1938 à Nantes. Titulaire du seul baccalauréat, il devient instituteur à 20 ans. Il s'engage au Syndicat national des instituteurs et aux jeunesses socialistes. Il décède le 15 avril 2008.

L'ascension d'un militantModifier

En 1968, il devient secrétaire général de la section de la Loire-Atlantique du Syndicat national des instituteurs (SNI, puis SNI-PEGC à partir de 1976). Il en assume la direction jusqu'à fin 1973 et y anime la tendance majoritaire «Unité Indépendance et Démocratie» (UID).

Il entre au bureau national du SNI en 1970 (SNI-PEGC à partir de 1976) avant d'en intégrer le secrétariat national en 1974 où il assume successivement la responsabilité de plusieurs secteurs (enfance handicapée, puis de l’organisation interne, puis des revendications «éducation nationale»[1]). Il se fait remarquer par un sens réel de la formule marqué par un humour parfois ravageur pour ses contradicteurs et, surtout, un don de tribun capable de galvaniser les militants. C'est comme responsable revendicatif du Syndicat qu'il participe à la négociation sur la revalorisation du métier d'instituteur avec Pierre Mauroy, après l'échec des discussions menées de 1979-1980 avec le gouvernement Barre[2]. En 1982, il intègre l'Exécutif national de la FEN tout en conservant ses responsabilités au SNI-PEGC. En 1984, il passe au secrétariat national de la Fédération de l'Éducation nationale où il est chargé des questions économiques dans l'équipe qu'anime Jacques Pommatau depuis 1982 et la perspective d'assurer sa succession.

Secrétaire général de la FENModifier

Le projet d'«École de l'An 2000» (La Rochelle, 1988)Modifier

Le 22 septembre 1987, Yannick Simbron devient secrétaire général de la FEN. À ce poste, il tente de réformer l'organisation. Dès février 1988 au congrès de La Rochelle, il lance le slogan «Travailler autrement» destiné à redéfinir les conditions de travail des personnels d'éducation. Le projet L'École de l'an 2000, finalisé dans le cadre du congrès après un intense travail préparatoire sous la responsabilité du secrétaire national «Éducation» Jean-Yves Cerfontaine, est la réflexion d'ensemble la plus considérable conduite par la Fédération depuis l'élaboration en 1973, du projet d'École de l'éducation permanente[3]. Il y intègre une approche originale sur les familles de métiers, entend valoriser le rôle et les missions assumées par ceux que l'on nomme encore négativement «les non-enseignants» et acte, dans la FEN, la notion de «corps comparables» pour les enseignants[4]. Il prend également en compte l'évolution des qualifications et, en particulier, la création du baccalauréat professionnel en 1985 par Roland Carraz, secrétaire d'État à l'Enseignement technique de Jean-Pierre Chevènement, que la FEN a porté et soutenu à la fois[5] malgré l'opposition interne virulente du SNES et de la tendance Unité & Action de la FEN, majoritaire au SNES.

La majorité de la FEN mesure à la fois la nécessité de faire évoluer profondément le système éducatif, pour une plus grande efficacité et une plus grande justice sociale, en assumant parallèlement sa mission traditionnelle pour la reconnaissance des métiers qu'elle regroupe, en particulier les enseignants en attente forte de revalorisation. Elle a fait le constat que les milliers de création de postes obtenues après 1981 n'ont pas suffi par elles-mêmes, même en améliorant les conditions de travail des élèves et des maîtres, de modifier sensiblement les pratiques et les structures. Après la parenthèse Chirac-Monory de 1986-1988 qui s'est traduite par de violentes attaques visant directement la FEN qu'explique la virulence du combat laïque des années 1981-1984[6], l'objectif était aussi, dans la perspective de l'élection présidentielle, de passer un accord gagnant-gagnant avec le premier parti d'opposition pour inscrire la revalorisation des personnels dans un contexte de transformation démocratique du système éducatif. Un certain nombre de contacts avaient alors été pris avec Laurent Fabius, alors secrétaire national du PS chargé de l'éducation. Cette logique sera ignorée par Lionel Jospin devenu ministre de l'Éducation nationale en 1988 qui s'en tient, en 1988-1989, à la seule revalorisation des enseignants[7].

De la tentative de rénovation syndicale à l'évictionModifier

Yannick Simbron cherche également à moderniser le fonctionnement de la fédération, mais aussi à donner un nouvel élan au syndicalisme. Le 5 janvier 1990, dans une tribune du Monde, il lance l'idée de créer une grande organisation réformiste réunissant la FEN, la CFDT, FO et des syndicats autonomes, qui reste sans lendemain faute de partenaires syndicaux désireux d'avancer.[réf. nécessaire]

Début 1991, au congrès de Clermont-Ferrand, il n'est réélu que de justesse au moment où le congrès a mandaté la FEN pour engager des réformes de structure[8]. Yannick Simbron, alors que la fracture s'accroît de plus en plus sensiblement entre la majorité de la FEN, d'une part, et, d'autre part, sa principale minorité «Unité-Action» et les syndicats qu'elle contrôle (notamment le SNES et le SNEP), semble peu enclin à assumer la rupture et considère, de fait, qu'une «cogestion» de la FEN est possible, dès lors que le mur de Berlin, et avec lui le modèle communiste, se sont effondrés. Il considérait dès lors que le courant Unité-Action serait amené à évoluer, analyse non partagée dans de vastes secteurs de la majorité et notamment dans l'équipe dirigeante de son syndicat d'origine, le SNI-PEGC, mais aussi au sein de secrétariat de la FEN.

Cette situation conduit à ce que s'installe, comme l'indiquera le communiqué ultérieur de la FEN, «des incompréhensions et une crise de confiance» entre la majorité des responsables UID de la FEN et lui. il est contraint à la démission à l'issue d'une réunion de l'Exécutif national (composé de militants majoritaires) le 10 juin 1991[9] et son successeur Guy Le Néouannic est officiellement désigné par le Bureau national de la FEN le 15 juin 1990[10].

Après la FENModifier

De 1991 à 1998, il exerce les fonctions de directeur du Bureau de Paris du Bureau International du Travail (BIT)[11].

Il milite également dans de nombreuses associations dont le Groupement des retraités éducateurs sans frontières (GREF)[12] dont il assure la présidence, le Comité français pour la Marche mondiale contre le travail des enfants et Solidarité laïque.

Toujours syndiqué, Il assiste, en tant qu'ancien secrétaire général invité, au congrès de Bordeaux de l'UNSA Éducation qui a eu lieu du 26 au 28 mars 2008. Il décède le 15 avril 2008 d'une hémorragie cérébrale.

DistinctionModifier

Yannick Simbron avait été fait chevalier de la Légion d'Honneur le 8 avril 1998.

Bibliographie et sourcesModifier

Articles connexesModifier

BibliographieModifier

  • Brucy (Guy) : Histoire de la FEN, Belin éd., Paris 2003, préface d'Antoine Prost.

Notes et référencesModifier

  1. Les revendications «Fonction publique» relevaient alors de Jacques Pommatau, qui sera le précédesseur de Yannick Simbron au secrétariat général de la FEN.
  2. Lorsque, en juin 1982, Jacques Pommatau, qui vient d'accéder au secrétariat général de la FEN, démissionne selon l'usage du Bureau national et donc du secrétariat permanent du SNI-PEGC, Yannick Simbron prend en charge les dossiers Fonction publique et Budget de l'État. La démission et la succession sont actées par le Bureau national du SNI-PEGC qui tient une courte réunion pendant le congrès de Toulouse du SNI-PEGC en juillet 1981.
  3. Le projet avait été lancé par Jacques Pommatau au Conseil fédéral national du 13 mai 1987, quelques mois avant qu'il ne passe le relais, préparé, à Yannick Simbron.
  4. Cette notion avait notamment fait l'objet de réflexions approfondies au sein du Syndicat national des instituteurs et professeurs d'enseignement général de collège (SNI-PEGC) premier syndicat de la FEN, animé comme cette dernière, par la tendance majoritaire Unité-Indépendance-Démocratie.
  5. Malgré les réserves du SNETAA et une opposition virulente du SNES (sa secrétaire générale, Monique Vuaillat, parlait de «bac Canada Dry»), la direction de la FEN a porté ce projet avec Michel Hory, à l'époque secrétaire général du Syndicat national des proviseurs de lycée professionnel (SNPDLP) qui a fusionné ensuite avec le SNPDES (personnels de direction des lycées généraux et techniques) pour constituer l'actuel SNPDEN).
  6. Le SNI-PEGC est directement visé par l'arrêt de recrutement des PEGC ou l'instauration de l'emploi nouveau de «maître directeur».
  7. Voir Guy Brucy, Histoire de la FEN, p. 477 et suivantes.
  8. La majorité n'atteint plus que 54%, ayant perdu 7 points en trois ans, notamment du fait du passage du SNETAA, qui crée sa propre tendance «Autrement» dans l'opposition à la majorité de la FEN. Lors de la scission, il rejoindra d'ailleurs, de manière éphémère, la FSU.
  9. Yannick Simbron, Le Monde, 20 avril 2008 (archive en ligne non signée accessible aux abonnés). Dès cette date, Guy Le Néouannic est chargé de l'intérim.
  10. Sur l'éviction de Yannick Simbron, voir l'Histoire de la FEN de Guy Brucy, préface d'Antoine Prost, Belin, 2003.
  11. UNSA Magazine n°107, mai 2008
  12. Il y milite notamment avec Gabriel Cohn-Bendit.