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René de Perchambault de La Bigotière

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René de Perchambault de La Bigotière
Biographie
Naissance
Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 87 ans)
Activité
Armes des Perchambault : d'azur, au sautoir endenté d'or, cantonné de 4 têtes de lion arrachées d'or, lampassées de geules
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René de Perchambault de la Bigotière, né le à Angers, de Guy de la Bigotière[1], et de Françoise Quentin, mort le à Vitré[2], est un juriste français, écuyer, sieur de Perchambault, docteur en droit, conseiller au Parlement de Bretagne.

BiographieModifier

René prit les degrés de docteur dans la faculté d'Angers, et fut reçu en 1696 dans l'académie de cette ville. Il est conseiller au Parlement de Bretagne, le 4 juillet 1665, et devint président aux enquêtes le 19 juin 1681, charge qu'il résigna en 1703.

Il épousa à l'église de la Trinité à Laval le 10 novembre 1668 Julienne Charlot[3].

Juriste et philosophe, M. de Perchambault est l'auteur de plusieurs ouvrages qui soulevèrent de violentes contestations, parce qu'à la jurisprudence, dans laquelle il était très versé, il mêla des questions de théologie et de morale.

Dès 1689, il publia sous le nom de Pierre Abel, avocat en parlement : Observations sommaires sur la Coutume de Bretagne pour faire connoître le sens qu'elle avait dans son origine, et celui que l'usage luy a donné. Avec la réduction de la même coutume, selon l'ordre des matières, et la pratique ordinaire du Palais., Laval, Jean Ambroise, imprimeur du Roy, et de Monseigneur le duc de la Trémoüille. 1689. Par Me Pierre Abel, avocat en Parlement[4].

Les ouvrages signés de son nom portent pour titre :

  • Institution au droit français par rapport à la Coutume de Bretagne, avec une dissertation sur les devoirs des Juges, Rennes, 1693, Nicolas Audran, in-4 ; Vannes, Charles de Neuqueville, 1695 ; Rennes, in-4, 1702 ;
  • Les Devoirs des juges et de tous ceux qui sont dans les fonctions publiques furent imprimés à part, à Paris, Desallier, 1696, in-18 ;
  • Commentaires sur la coutume de Bretagne ou Institutions au droit français par rapport à la même coutume, Rennes, 1693 ; Rennes, 1702, in-4, Pierre Garnier ; dans la même ville, 1713, 2 vol. in-12 [5] ;
  • La Coutume de Bretagne, avec des observations sommaires, petit volume imprimé à Rennes, 1694, Pierre Garnier, et qui n'est qu'une nouvelle édition revue et corrigée des Observations sommaires, parues à Laval, en 1689.

M. de la Bigotière publia en 1709, un Factum pour savoir si l'usage qui permet aux tuteurs de colloquer les derniers pupillaires à intérêt est autorisé. Ce factum in-4, imprimé à Rennes, chez la veuve Vatar, fut suivi d'un second sur le même sujet (Rennes, 1713). Ces 2 ouvrages et surtout son Traité de l'Usure et de l'Intérêt (Rennes, 1702), attirèrent à l'auteur de violentes critiques parce qu'il enseignait contre la doctrine généralement reçue la légitimité du prêt à intérêt. Il fut réfuté en particulier par le doyen de la Chambre des comptes de Bretagne, Jean Arthur de la Gibonnais, qui publia un Traité de l'Usure... ou l'ancienne doctrine opposée aux nouvelles opinions (Paris, in-12, 1710).

Combattu à la fois par les théologiens et les jurisconsultes. M. de la Bigotière s'adressa à la faculté de théologie de Nantes, pour avoir son avis. Celle-ci le lui donna, mais l'auteur se contenta de l'en remercier, sans rien rétracter. Alors la Faculté publia une Réponse, qui parut à Nantes, 1713, in-4, chez la veuve d'André Querro. M. de la Bigotière répliqua par un nouveau factum et par son Traité sur l'Usure, qui obligèrent la Faculté de publier un nouvel écrit : Réplique sommaire aux derniers ouvrages de M. de Perchambault, sur l'Usure, où elle réfute une à une toutes les objections de l'auteur. Auguste-Marie Poullain-Duparc, jurisconsulte breton, a publié des Observations sur les ouvrages de Perchambault ; il y relève plusieurs erreurs, mais il fait l'éloge du Commentaire et loue grandement le magistrat.

La controverse en était là, lorsque s'éleva un adversaire plus violent, l'abbé Ecolasse, chanoine de Rennes, qui dans sa Lettre critique du mois d'octobre 1713, non content d'incriminer les doctrines de M. de Perchambault, attaqua son caractère et sa personne. Il s'ensuivit un procès au criminel auquel le roi mit fin en imposant silence aux deux parties. L'abbé n'en fit pas moins paraître le mémoire qu'il avait préparé pour sa justification sous ce titre : Préjugés légitimes contre les livres de M. de la Bigotière, et principalement contre son livre intitulé Commentaire sur la Coutume de Bretagne (in-12, 1714, Trévoux)[6].

Ces querelles doctrinales n'empêchèrent pas M. de Perchambault de parvenir à une extrême vieillesse. Il fut président des requêtes au parlement de Bretagne et, aux dires de Louis Moréri, était fort habile philosophe des mœurs.

Il mourut à La Baratière de Vitré le 28 septembre 1727[7], président aux enquêtes du parlement, et membre de l'Académie d'Angers depuis le 22 février 1696.

Notes et référencesModifier

  1. Echevin et membre de l'académie de cette ville. Il était conseiller au présidial d'Angers et jurisconsulte estimé dans sa province. Guy se démit de sa place en 1650, et entra dans l'état ecclésiastique après la mort de sa femme.
  2. Et non à Rennes.
  3. Il habitait la maison de la Valette en la paroisse de la Trinité de Laval, où naquirent six de ses enfants, de 1681 à 1690. Jeanne de la Bigotière, sa sœur avait fait sa profession religieuse chez les Ursulines de Château-Gontier, le 11 mai 1650. Il fut marié par son propre père qui était entré dans la cléricature.
  4. Avec privilège. In-4°, comprenant, outre le titre, 52 pages pour la préface, 338 pages pour le premier ouvrage : Observations sommaires, etc., nouveau titre et 214 pages pour la Réduction de la coutume, etc., plus 6 feuillets non paginés pour la table méthodique et une page d'errata. Un extrait de l'arrêt du Parlement de Bretagne du 30 décembre 1686, qui se trouve à la suite de la table, nous apprend qu'un nommé Pierre Garnier avait voulu troubler Jean Ambroise dans la possession de son privilège, et que défense lui avait été faite de l'imprimer ou vendre sous peine d'une amende de 3000 livres et de confiscation des exemplaires au profit du sieur Ambroise. C'est à beaucoup près l'ouvrage le plus considérable sorti des presses lavalloises avant le XIXe siècle. Il a d'ailleurs bonne apparence avec ses grandes marges, un beau papier, une disposition typographique bien conçue et d'une exécution irréprochable. Ce volume peut soutenir la comparaison avec ce qui se faisait de mieux dans le même genre à la fin du XVIIe siècle.
  5. C'est un commentaire des principales coutumes qui régirent la vie économique et sociale de la Bretagne à l'aube du XVIIIe siècle. Nombreux chapitres sur les droits du Prince, les prérogatives de la justice et sur les contrats passés entre particuliers. On constate ainsi l'effort particulier qui fut mené en ce temps pour encadrer et réguler les rapports entre individus par le biais d'un droit écrit de la plus pure tradition latine.
  6. On trouve à la fin un Mémoire d'Ecolasse, envoyé en mars 1713 aux docteurs de Sorbonne ; ce mémoire consiste en huit extraits de différentes propositions tirées des ouvrages de Perchambault, avec les jugements des docteurs consultés, qui étaient Habert, Lemure, Léger et le P. Pouget. Ces extraits sont terminés par une lettre du docteur Habert à Ecolasse, en date du 26 mars 1714 ; on y loue le zèle d'Ecolasse et on y parle des écrits de Perchambault comme de productions hardies et dangereuses.
  7. Sa femme meurt au même lieu le 16 avril 1732.

Voir aussiModifier

BibliographieModifier

Liens externesModifier