Reddition de Lee

Reddition des États confédérés à la fin de la guerre civile américaine
Reddition de Lee
Description de cette image, également commentée ci-après
Informations générales
Date 9 avril 1865
Lieu Salon de la McLean House
Issue Capitulation de l'Armée de Virginie du Nord
Changements territoriaux Passage de la Virginie sous le contrôle de l'Union
Belligérants
Drapeau des États-Unis États-UnisDrapeau des États confédérés d'Amérique États confédérés
Commandants
Ulysses S. GrantRobert E. Lee
Forces en présence
149 836 hommes27 805 hommes

Guerre de sécession

La Reddition de Lee (ou Reddition d'Appomattox) désigne la capitulation de l'Armée de Virginie du Nord (aussi appelée Armée de Virginie Septentrionale, principale armée de la Confédération durant la guerre de sécession ; elle s'est battue à l'est des États-Unis notamment en Virginie). La capitulation est signée dans le salon de Wilmer McLean à Appomattox le 9 avril 1865 par le général sudiste Robert E. Lee à la suite de la victoire nordiste des hommes de Ulysses S. Grant à la bataille d'Appomattox Court House et marque la fin symbolique de la guerre civile[1] mais la fin des combats ne sera que le 26 mai 1865 lorsque la dernière armée confédérée se rend.

ContexteModifier

Début de la guerre de sécessionModifier

 
Le général Robert E. Lee vers 1864-1865

Depuis 1861, la guerre de sécession, opposant l'Union (nord du pays - abolitionniste) et les États Confédérés d'Amérique (sud du pays - esclavagiste) faisait rage. Le général sudiste Lee se fit rapidement remarquer pour ses stratégies agressives et victorieuses malgré l'infériorité numérique de son armée notamment à la bataille des Sept Jours, Fredericksburg, Chancellorsville. Mais l'arrivée du nordiste Ulysses S. Grant à la tête de l'armée de l'Union en 1864 va contredire les plans de Lee...

De la Wilderness à PetersburgModifier

En 1864 en Virginie, à la suite des batailles meurtrières de la Wilderness, ou de Cold Harbor qui n'ont rien donné durant l'Overland Campaign, Grant va décider de changer de stratégie et va contourner l'armée sudiste pour assiéger la ville de ravitaillement des sudistes : Petersburg. Le général confédéré Lee fut donc obligé de se retirer pour défendre Petersburg. Après neuf mois de siège, les sudistes se retirèrent et furent poursuivis par leurs adversaires pendant la campagne d'Appomattox.

Campagne d'AppomattoxModifier


Au début de la campagne, les sudistes résistaient mais les nordistes battirent leurs adversaires au carrefour stratégique de Five Forks à la bataille de Five Forks. C'est à ce moment que cela commence à devenir compliqué pour les sudistes. Le 3 avril, Lee arrive à l'Amelia Court House avec 30 000 hommes affamés. À la suite de la bataille de Sayler's Creek, 8 000 sudistes se rendirent auprès du général Sheridan. Après de nombreuses victoires de ses hommes, le 7 avril, Grant proposa à Lee de se rendre mais celui-ci refusa. Il fit de même le 8 avril. Le 9 avril, à la suite de la bataille d'Appomattox Court House, Grant envoya une lettre lui proposant une nouvelle fois de se rendre :

"Général,

Conformément au contenu de ma lettre d’hier (le 8), je vous propose de consentir à la reddition de l'armée de la Virginie du Nord aux conditions qui suivent :

Des listes de tous les officiers et soldats seront faites en double. Une copie sera donnée à un officier désigné par moi, et l’autre sera conservée par un officier nommé par vous.

Les officiers confédérés devront donner individuellement leur parole de ne pas porter les armes contre le gouvernement des États-Unis jusqu'à ce qu’ils aient été régulièrement échangés, et chaque commandant de compagnie ou de régiment devra signer un engagement semblable pour les hommes placés sous ses ordres.

Les armes, l’artillerie et les propriétés mobiles appartenant au gouvernement confédéré devront être parquées et réunies pour être délivrées aux officiers désignés à cet effet.

Cette condition ne comprend pas les épées des officiers, non plus que leurs chevaux et leurs bagages.

Cela fait, chaque officier et chaque homme sera autorisé à rentrer chez lui, et ce, sans être inquiété par les autorités des États-Unis, aussi Iongtemps qu’il tiendra parole et obéira aux lois en force au lieu de sa résidence."

U.-S. Grant, lieutenant-général[2].

Le général virginien Robert Lee ne tarda pas à répondre à son adversaire :

Quartier général de l'armée de Virginie du Nord, 9 avril.

"Général,

J'ai reçu votre lettre d'aujourd'hui qui contient les termes de la capitulation de l'armée de Virginie du Nord. Comme ces conditions sont les mêmes que celles spécifiées en substance dans votre lettre d'hier, je crois pouvoir les accepter et je vais désigner immédiatement les officiers qui seront chargés de les faire exécuter."

R.-E. Lee, général[2].

CapitulationModifier

 
Salon de la maison de Wilmer McLean (reconstruit) dans lequel Robert Lee accepta la reddition de son armée le 9 avril 1865

Le 9 avril 1865, dans le salon de Wilmer McLean[3] dans la ville d'Appomattox en Virginie, le général Lee, mesurant environ 1m80[4], revêtu de son plus bel uniforme, ceint de son épée de parade[5], rencontre le général Grant, plutôt petit, pas encore totalement soigné de son angine, habillé de son uniforme de tous les jours, les bottes encore couvertes de boue et la barbe mal rasée[3].

Grant était accompagné de nombreux officiers notamment Sheridan, Ord et Custer alors que Lee n'était accompagné que par le colonel Charles Marshall[note 1] ce qui montre la supériorité prise par les «yankees» durant la campagne d'Appomattox[6].

Les termes de la reddition étaient honorables car les soldats sudistes étaient autorisés à rentrer chez eux sans leurs armes, mais avec leurs chevaux, à la condition qu'ils ne reprennent plus le combat contre les États-Unis[7]. Les conditions de reddition de Grant conviennent à Lee, en ce qu'elles prévoient que les officiers seront libérés sur parole, avec leurs biens, que les soldats seront aussi libérés sur parole[7]. Lee faisant remarquer que les confédérés avaient combattu avec leurs propres chevaux, Grant refuse de modifier les termes de la capitulation mais assure que chaque soldat sudiste qui revendiquera un cheval ou une mule pourra rentrer chez lui avec l'animal, afin qu'il puisse travailler la terre pour l'année suivante. Lee reconnaît que cela jouera en faveur de la réconciliation nationale[7].

Lee signa donc la capitulation de l'Armée de Virginie du Nord (c'est la plus grande armée sudiste - Lee la commandait depuis longtemps) ce qui marqua profondément les sudistes...

ConséquencesModifier

Cette reddition a marqué la capitulation de l'Armée de Virginie du Nord ce qui fut un coup dur pour la Confédération mais cela ne marqua pas la fin des combats. Néanmoins, elle eut de nombreuses conséquences.

Le président confédéré Jefferson Davis apprit la reddition de Lee le 12 avril et il s'enfuit pour échapper aux nordistes. Néanmoins il fut capturé le 10 mai et emprisonné avant d'être libéré deux ans plus tard sans même avoir été jugé.

À la suite de la reddition, Abraham Lincoln, président unioniste, se fit assassiner par balle dans un théâtre par John Wilkes Booth le 15 avril 1865, 6 jours après la capitulation de l'Armée de Virginie du Nord. En effet, Booth voulait créer le chaos dans l'Union mais cela fit un échec car les autres armées ne tardèrent pas à se rendre. Lincoln fut remplacé par son vice-président, l'impopulaire Andrew Johnson.

Le 26 avril 1865, à la suite de la campagne des Carolines et de la reddition de Lee, eut lieu la reddition de Bennett Place en Caroline du Nord pendant laquelle l'armée confédérée du Tennessee (~90 000 hommes) de Joe Johnston se rendit auprès de William T. Sherman à Durham. La dernière armée à se rendre est l'armée Trans-mississippi du général Kirby Smith le 26 mai 1865[8] et le dernier groupe armé organisé à se rendre fut celui du général Stand Watie le 23 juin 1865, marquant la fin totale des combats de la guerre civile. Le dernier navire confédéré, le CSS Shenandoah fut intercepté le 7 novembre 1865.

Il y eut ensuite la Reconstruction, qui fut marquée par la fin du régime esclavagiste des États du Sud dits "rebelles", leur retour dans l'Union et l'échec de l'intégration des affranchis afro-américains dans la société américaine notamment au Sud. De nombreux généraux de la guerre de sécession, qu'ils soient du camp sudiste ou du camp nordiste, participèrent à cette Reconstruction qui se termina en 1877.

Ulysses Simpson Grant, figure emblématique de la guerre de sécession et ancien commandant des troupes unionistes notamment à Appomattox, fut élu 18e président des États-Unis en 1868 et fut réélu en 1872[9].

Notes et référencesModifier

NotesModifier

  1. Selon V. Bernard, Lee est accompagné de son ordonnance, Tucker, outre le colonel Charles Marshall. Il était aussi accompagné du lieutenant-colonel nordiste Babcock, envoyé par Grant, pour faciliter le passage des lignes.

RéférencesModifier

  1. (en-US) « Appomattox Court House », sur American Battlefield Trust (consulté le )
  2. a et b « La guerre de Sécession est terminée », sur RetroNews - Le site de presse de la BnF, (consulté le )
  3. a et b Bernard 2014, p. 384.
  4. David J. Eicher, The Longest Night, a military history of the Civil War, 2001, New York, Simon & Schuster, (ISBN 978-0684849447), page 819.
  5. Bernard 2014, p. 383.
  6. « Tom Lovell - SURRENDER AT APPOMATTOX - LIMITED EDITION PRINT Published by the Greenwich Workshop », sur www.greenwichworkshop.com (consulté le )
  7. a b et c Bernard 2014, p. 385.
  8. (en) History com Editors, « American Civil War ends », sur HISTORY (consulté le )
  9. Encyclopædia Universalis, « ULYSSES S. GRANT (1822-1885) », sur Encyclopædia Universalis (consulté le )

BibliographieModifier

  • Vincent Bernard, Robert E. Lee : La légende sudiste, Paris, Perrin, , 446 p. (ISBN 978-2-262-04098-7), chap. 20 (« Fourches Caudines (avril 1865) »)