Praxidikè

Praxidikè (en grec ancien : Πραξιδίκη), pluriel Praxidikai (Πραξιδίκαι). Entité de la mythologie grecque. Déesse des souterrains, elle avait pour charge de garantir les serments et d'assurer les vengeances.

Selon le lexique d'Hésychios d'Alexandrie, elle est la déesse responsable de mener les choses à leur terme, tant pour les paroles que pour les actions. Elle est garante de l'inviolabilité des serments et de l'accomplissement de la justice, comme son nom l'indique.

Elle est toujours représentée par une simple tête : Photios Ier de Constantinople et la Souda[1] confirment que seule est érigée la tête de cette déesse[2].

Un culte lui était rendu à Haliarte, en Béotie, dans un sanctuaire à ciel ouvert qui servait pour des serments solennels, comme le relate Pausanias, dans sa Description de la Grèce: « À Haliarte, il y a un sanctuaire en plein air consacré aux déesses que les habitants appellent Praxidikai. On y prête serment, mais sans le faire à la légère[3]. » Ménélas avait fait placer une image de Praxidikè à Mingonitis, en Laconie, en face de l'endroit où Paris s'était uni à Hélène, pour remercier la déesse de les avoir châtiés[4].

Pausanias mentionne aussi un autre sanctuaire, en Arcadie, où l'on jure par la pierre (grec ancien : πετρώμα)[5]. Selon Jean-Pierre Vernant,

« Au sanctuaire des Praxidikai comme à celui des Euménides, l'imprudent qui s'aventurait à prêter serment à la légère, sans s'être assuré de sa parfaite pureté religieuse, se trouvait du coup livré à une furieuse crise d'épouvante, analogue à celle qui frappa Oreste préciséement, au lieu-dit Maniai (délires), appellation qui, selon Pausanias, désigne les Euménides[6]. »

Un hymne orphique à Perséphone fait de Praxidikè une épithète de celle-ci et célèbre « la Praxidikè aux belles tresses, mère des Érinyes, reine du monde souterrain[7]. »

De Soter, elle aurait eu un fils, Klésios et deux filles: Homonoia (littéralement « Concorde ») et Aretè (« Excellence »)[1]. Le pluriel Praxidikai renvoie à ces entités qui lui sont associées.

RéférencesModifier

  1. a et b Voir « Souda en ligne ».
  2. Vernant 1985, p. 65.
  3. Pausanias, Description de la Grèce, IX, 33-3. Texte grec en ligne. Voir Vernant 1985, p. 66.
  4. Vernant 1985, p. 66. Voir Pausanias, Description de la Grèce, III, 22-2. Texte grec en ligne.
  5. Pausanias, Description de la Grèce, VIII, 15-1-3. Texte grec en ligne
  6. Vernant 1985, p. 66-67.
  7. Orphic 2013, Hymne 29.

SourcesModifier

  • (en) Apostolos Athanassakis et Benjamin Wolkow, The Orphic Hymns : Translation, introduction and notes, Baltimore, The Johns Hopkins University Press,
  • Jean-Pierre Vernant, La mort dans les yeux : Figures de l'Autre en Grèce ancienne. Artémis, Gorgô, Paris, Hachette, , p. 65-68.