Poppon d'Aquilée

Poppon de Carinthie, protégé des empereurs Henri II et Conrad II, assura le rétablissement religieux, militaire et commercial de la province d'Aquilée, qui commença ainsi à s’affranchir du duché de Carinthie. Poppon ne parvint pourtant pas à supplanter le patriarcat de Grado, qui avait fait scission depuis 731, et dont l'indépendance fut confirmée en 1027 puis de nouveau en 1044.

Wolfgang Poppon de Carinthie
Image illustrative de l’article Poppon d'Aquilée
Biographie
Naissance Vers et Xe siècle
Treffen
Décès
Aquilée
Évêque de l'Église catholique
Patriarche d’Aquilée

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BiographieModifier

Noble d'Allemagne, il est fait Patriarche d’Aquilée en 1019 par Henri II, qu'il accompagnera en 1022 dans son expédition d’Italie méridionale (en particulier au siège infructueux de Troia, la nouvelle forteresse du catépan byzantin d'Italie, Basile Bojannès[1],[2]).

Petit-fils supposé du comte de Pordenone, il est, plus vraisemblablement, un bâtard du fils de l’empereur Conrad II, qui fit donation au patriarche d'un vaste territoire, allant de l’Isonzo à la vallée de la Livenza. Cet acte de donation marque d’ailleurs l’émergence de l'État d'Aquilée. L’empereur lui accorda même le droit de prélever un impôt et de battre monnaie (en l'occurrence le denier d'argent), de même valeur que la livre de Vérone.

Poppon se consacra ainsi à la reconstruction d’Aquilée et de Cividale : il fit bâtir de grands édifices pour donner du lustre à son évêché, se préoccupa de la défense des cols et de la réouverture des routes commerciales. Il contribua à consolider le système féodal dans le Frioul, y multiplia fiefs et châteaux. Il favorisa la vie spirituelle par la reconstruction d’églises et de monastères : on lui doit par exemple la reconstruction de la Basilique d'Aquilée (1031) et l’érection de son imposant campanile[3]. En 1027, Jean XIX octroie à Poppon l'usage du rational, en sus du pallium[4].

À la tête de son armée, il agrandit le territoire d’Aquilée et chercha à rétablir le prestige de son propre évêché aux dépens du patriarche de Grado, d'Orso, dont l'évêché était indépendant depuis 1027. Avec force argent, Poppon, dont les troupes avaient ravagé l'île de Grado (1024), obtint du pape Jean XIX la soumission de Grado au diocèse d'Aquilée ; ce ne fut toutefois qu'une reconnaissance éphémère : lors du concile romain, à la fin de l'année 1044, le pape Benoît IX, sur une plainte du doge Contanéro et du patriarche d'Orso, révoqua le décret qui avait déclaré l'église de Grado suffragante d'Aquilée[5].

Pour le compte de Conrad II, il assura la garde d’Aribert d'Intimiano, archevêque de Milan, qui s’était rebellé contre l'autorité impériale[6],[7].

NotesModifier

  1. Cf. à ce sujet A.Guillou, « La Lucanie byzantine – Étude de géographie historique », Byzantion, no 35,‎ , p. 119-149;
  2. J.-M. Martin, Actes duXIVe Congrès international des études byzantines, vol. I, Bucarest, , « Une frontière artificielle : la Capitanate italienne », p. 379-85.
  3. D'après Martin Dunford, Celia Woolfrey et Ros Belford, The Rough Guide Italy, Rough Guides, coll. « Rough Guide Travel Guides », (réimpr. 2013), 1040 p. (ISBN 1-4093-6264-7), p. 393
  4. D'après Migne, Patrologie latine, CXLI, U37.
  5. D'après François Clément (religieux), L'Art de vérifier les dates, Paris, G Desprez, , « Chronologie des conciles », p. 203
  6. Cf. (de) Herwig Wolfram, Konrad II. 990 - 1039. Kaiser dreier Reiche, Munich, C.H.Beck, , 464 p. (ISBN 3-406-46054-2), « Die zweite Reise nach Italien (1036-1038) », p. 123
  7. Cf. Gerd Tellenbach, The Church in Western Europe from the Tenth to the Early Twelfth Century, Cambridge University Press, coll. « Cambridge Mediaeval Textbooks », , 403 p., « The western Church », p. 50

BibliographieModifier