Basilique patriarcale d'Aquilée

édifice religieux d'Aquilée, Italie
Basilique patriarcale d'Aquilée
Image dans Infobox.
La basilique patriarcale
Présentation
Type
Partie de
Zone archéologique et la basilique patriarcale d’Aquilée (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Fondation
IVe siècleVoir et modifier les données sur Wikidata
Diocèse
Dédicataire
Style
Ouverture
XIe siècleVoir et modifier les données sur Wikidata
Surface
2 500 m2Voir et modifier les données sur Wikidata
Religion
Patrimonialité
Bien culturel italien (d)
Partie d'un site du patrimoine mondial UNESCO (d) ()Voir et modifier les données sur Wikidata
Visiteurs par an
195 000 ()Voir et modifier les données sur Wikidata
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Localisation
Adresse
Coordonnées

La basilique patriarcale d’Aquilée, dite aussi basilique Santa Maria Assunta, est le principal édifice religieux de la commune d'Aquilée situé dans la province d'Udine, dans le Frioul-Vénétie Julienne.

Centre spirituel de l'ancien patriarcat d'Aquilée, elle a joué un rôle essentiel dans l'évangélisation d'une grande partie de l’Europe centrale au début de Moyen Âge. Ses vestiges les plus anciens remontent au IVe siècle, l'actuelle basilique est édifiée au XIIe siècle, et réaménagée au XIIIe siècle.

La basilique patriarcale d’Aquilée ainsi que la zone archéologique sont inscrites sur la liste du patrimoine mondial de l'humanité établie par l'Unesco en 1998.

PrésentationModifier

L'église est fondée la même année, dès l'approbation de la célébration publique du culte par l’Édit de Milan en 313, par l'évêque Théodore, dans le centre urbain du pouvoir romain d'Aquilée.

Proche aussi de l'antique port fluvial du Natissa, elle est bâtie sur des structures romaines préexistantes et se présente selon un plan en fer à cheval composé de trois salles principales. Au milieu du IVe siècle, la salle nord est agrandie (73 × 31 m). À l'évêque Chromace d'Aquilée (388 - 407), on doit l'agrandissement de la salle sud jusqu'à 65 × 29 m avec la construction de l'actuelle façade ainsi que la construction de nouveaux bâtiments, incluant l'actuel baptistère. La grande prospérité des années successives au concile d'Aquilée est interrompue brutalement en 452 quand les Huns, guidés par Attila, dévastèrent la cité. La basilique nord, brûlée durant les saccages, n'est plus reconstruite. C'est seulement au IXe siècle, que le patriarche Maxence, grâce à l'appui financier de Charlemagne, commence la construction de la structure actuelle sur les fondations de l’édifice précédent. En 988, un tremblement de terre cause d'importants dégâts, qui amène le patriarche Poppon à effectuer, en 1031, une requalification du complexe inspirée d'influences carolingienne et ottonienne. De style roman et de plan cruciforme, la basilique présente une longueur de 65 mètres sur une largeur de 30 mètres et une hauteur de 23 mètres. Un transept de 43 mètres et de 9,5 mètres de large traverse les trois vaisseaux divisés par deux rangées d'arcatures. Le vaste programme architectural de Poppon marque aussi le renouveau économique de la cité qui culmine avec la construction du grand palais patriarcal (aujourd'hui disparu) et surtout l'imposant campanile haut de plus de 70 mètres. Après un nouveau tremblement de terre, en 1348, l'archevêque Marquard de Randeck la restaure dans sa partie supérieure dans un style gothique. La dernière grande intervention remonte au XVe siècle, quand des artisans charpentiers vénitiens réalisèrent le grandiose plafond en bois que l'on peut encore observer aujourd'hui.

ExtérieurModifier

IntérieurModifier

MosaïquesModifier

Découvert en 1909, après le retrait du revêtement en argile posé au XIe siècle à l’époque de Poppone, le surprenant sol en mosaïque polychrome, datant du IVe siècle, en parfait état, de 37 sur 20 mètres, évoque des motifs décoratifs illustrant des scènes bibliques et selon Heinz Kähler la famille de l'empereur Constantin Ier avec sa mère Hélène, son épouse Fausta et les fils et filles[1],[2].

FresquesModifier

A l'est, sous l'abside popponienne, la crypte des VIe et VIIe siècles destinée à abriter les reliques des protomartyrs aqueliéens est ornée d'un important cycle de fresques du XIIe siècle.

Le chœurModifier

Au-dessus de la crypte, les fresques de la voûte de l'abside, mises au jour à la fin du XIXe siècle, représentent la Vierge à l'Enfant, des saints et des martyrs et l’évêque Poppon.

La chaire marmoréenne, de 1493, est l'œuvre de Bernardino da Bissone (it), tandis que vers 1498, deux autres maestri comacini, les frères Sebastiano et Antonio da Osteno, réalisent les bas-reliefs du maître-autel consacrés à la Sainte Vierge, et les saints Ermagora e Fortunato (it).

Crypte des fouillesModifier

Elle conserve en partie les mosaïques, aux références gnostiques, d'un édifice de prestige du Ier siècle que l’évêque Théodore avait choisi au IVe siècle comme lieu d'érection pour sa basilique. Une partie de cette mosaïque a été malheureusement perdue lors de la construction du campanile.

CampanileModifier

Depuis son édification en 1031, le campanile, ou clocher, est resté intact. Dominant la campagne du Frioul du haut de ses 73 mètres, il est construit in opus quadratum avec les pierres récupérées de l'amphithéâtre romain voisin.

Notes et référencesModifier

  1. Faider-Feytmans 1964, p. 311.
  2. Pohlsander 1984, p. 90-91 et 98.

BibliographieModifier

  • (de) Heinz Kähler, Die Stiftermosaiken in der Konstantinischen Suedkirche von Aquileia, Cologne, .
Germaine Faider-Feytmans, « compte-rendu de lecture de Heinz Kähler, Die Stiftermosaiken in der Konstantinischen Suedkirche von Aquileia », L'antiquité classique, t. 33, no 1,‎ , p. 311-312 (lire en ligne).
  • (en) Hans A. Pohlsander, « Crispus: Brilliant Career and Tragic End », Historia: Zeitschrift für Alte Geschichte, vol. 33,‎ , pp. 79-106 (lire en ligne).

Voir aussiModifier

Articles connexesModifier

Liens externesModifier

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