Le plaçage est un usage extra-légal en pratique dans la société louisianaise à l'époque de la Louisiane française et jusqu'à la vente de la Louisiane aux États-Unis en 1803. Le plaçage consistait pour une mère à « placer » sa fille noire ou mulâtre comme maîtresse ou amante dans une des résidences d'un maître blanc[1].

Femmes créoles de la bourgeoisie louisianaise, peinture d'Édouard Marquis.

Le plaçage exista également dans la colonie de Saint-Domingue jusqu'à la révolution haïtienne de 1804 et le départ des colons français et d'un grand nombre de leurs esclaves d'Haïti pour la Louisiane.

HistoriqueModifier

Le système de plaçage est né d'une pénurie de femmes blanches dans les colonies françaises d'Amérique (Louisiane française et Saint-Domingue). La France avait besoin de femmes pour les hommes qu'elle avait envoyés dans ses possessions territoriales d'outre-mer.

FonctionnementModifier

 
La prêtresse vaudou Marie Laveau en 1835.

Le plaçage était un système qui permettait aux personnalités bourgeoises de Louisiane d'avoir des unions avec des femmes essentiellement d'origine africaine, créole, quarteron, mulâtre et même parfois amérindienne. Ces femmes devenues concubines, n'étaient pas reconnues légalement comme épouses, mais étaient considérées comme personnes « placées » chez un maître blanc. En effet le Code noir n'a jamais interdit les mariages entre les hommes blancs et les femmes noires ou métis, Ainsi, certains de ces maîtres étaient de plus légalement mariés à des dames de la haute société bourgeoise franco-louisianaise. Toutefois ces relations étaient reconnues parmi les gens de couleur libres et affranchis comme mariage morganatique entre deux personnes de conditions différentes.[réf. nécessaire]

Avec le temps, les enfants métissés nés de ces unions furent le plus souvent émancipés et leur mère affranchie par la même occasion. Cette génération put également prendre le patronyme paternel. Les historiens évaluent à plus de 1 500 femmes de couleur vivant sous le régime du plaçage[2].

À la mort de son protecteur et amant, la femme « placée » et les enfants nés de leur union, pouvaient prétendre jusqu'à un tiers des biens de l'homme blanc. Certains maîtres mirent leurs enfants métis héritiers primaires par rapport aux autres descendants blancs ou de leur conjoint officiel.[réf. nécessaire] Un certain nombre de femmes placées purent ainsi ouvrir un commerce et leurs enfants devinrent parfois des hommes d'affaires, entrepreneurs et même homme politique. Il se constitua ainsi une bourgeoisie créole au cours du XIXe siècle.

 
Le sénateur Bernard de Marigny.

GéographiqueModifier

Le plaçage de la gente féminine noire ou métisse se situait généralement en dehors du quartier historique du Vieux carré de La Nouvelle-Orléans. Le quartier de Tremé et le faubourg Marigny étaient essentiellement des quartiers de « plaçage », des lieux où étaient logées les maîtresses de couleur d'hommes blancs[3]. Un certain nombre de maîtres déjà mariés préféraient loger leur maîtresse dans des quartiers différents, autre que le Vieux carré, afin de sauver les apparences face à la bonne société louisianaise.

Personnalités célèbres du plaçageModifier

Notes et référencesModifier

  1. Nathalie Dessens, « Corps, couleur et sexualité : plaçage et quarteronnes à la Nouvelle-Orléans au xixe siècle », Les Cahiers de Framespa. e-STORIA, no 22,‎ (ISSN 1760-4761, DOI 10.4000/framespa.3986, lire en ligne)
  2. Les french-créoles
  3. Jean Pérol, 1992, La Nouvelle-Orléans, p. 91

Voir aussiModifier