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Pipéroxane
Image illustrative de l’article Pipéroxane
Identification
Nom UICPA 1-(2,3-dihydro-1,4-benzodioxine-2-ylméthyl)pipéridine
Synonymes

933 F, Bénodaïne

No CAS 59-39-2
Code ATC C02CA R06AE
PubChem 6040
SMILES
InChI
Propriétés chimiques
Formule brute C14H19NO2  [Isomères]
Masse molaire[1] 233,3062 ± 0,0133 g/mol
C 72,07 %, H 8,21 %, N 6 %, O 13,72 %, 233.31 g/mol
Écotoxicologie
DL50 175 mg·kg-1 (Souris, i.p.)[2]
35 mg·kg-1 (Lapin, i.v.)[2]
Considérations thérapeutiques
Classe thérapeutique Alpha-bloquant
Antihistaminique

Unités du SI et CNTP, sauf indication contraire.

Le pipéroxane est le premier médicament antihistaminique jamais découvert.

Sommaire

StéréochimieModifier

Le pipéroxane possède un atome de carbone chiral, le carbone 2 en α d'un oxygène et en connexion avec le méthylène qui porte aussi la pipéridine. Le pipéroxane se présente donc sous la forme d'une paire d'énantiomères : le (2R)-pipéroxane et le (2S)-pipéroxane.

HistoireModifier

La découverteModifier

Dérivé du benzodioxane, le pipéroxane est synthétisé au début des années 1930 à l’Institut Pasteur sous le nom de 933 F par Ernest Fourneau[3], qui l’étudie d’abord comme α-bloquant des récepteurs de l’adrénaline. En 1933, Fourneau et Daniel Bovet démontrent qu’il agit également, chez le cochon d’Inde, comme antagoniste du spasme bronchique induit par l’histamine[4],[5] et, en 1937, Bovet et Anne-Marie Staub décrivent l’action antihistaminique du 1571 F, un dérivé du diaminéthylène[6],[7]. C'est, entre autres, pour ces contributions que Daniel Bovet obtiendra le prix Nobel en 1957.

Les prolongementsModifier

En remplaçant par NH ou par NR l’oxygène des molécules d’abord étudiées, Anne-Marie Staub donne dans sa thèse de 1939 une première extension aux substances douées d’activité antihistaminique[8]. À partir des découvertes exposées dans cette thèse, de nombreux corps diaminés sont préparés par Jean-Pierre Fourneau, le fils d’Ernest, et Yvonne de Lestrange dans le laboratoire de chimie thérapeutique de l'Institut Pasteur[9].

Mais à cause de leur toxicité, ces substances aux résultats physiologiques pourtant remarquables restent trop peu maniables. Les études sont donc poursuivies à partir de la molécule initiale, le 1571 F, tant chez Rhône-Poulenc qu’à l’étranger où un palier très important est encore franchi en 1948 par les Américains Tilford, Shelton et van Campen[10], qui décrivent des molécules dont certaines protègent contre jusqu’à trois cents doses mortelles d’histamine introduites par voie intraveineuse.

Notes et référencesModifier

  1. Masse molaire calculée d’après « Atomic weights of the elements 2007 », sur www.chem.qmul.ac.uk.
  2. a et b (en) « Piperoxan [INN:BAN] », sur ChemIDplus, consulté le 2 décembre 2010
  3. Yves Cohen, Pharmacologie, Masson et Cie, coll. « Abrégés de pharmacie », , 6e éd., p. 249.
  4. « Recherches sur l’action sympathicolytique de nouveaux dérivés du dioxane », C. r. séances Soc. biol. fil., vol. 113,‎ , p. 388 (résumé).
  5. « Recherches sur l'action sympathicolytique d’un nouveau dérivé du dioxane », Arch. int. pharmacodyn. ther., vol. 46,‎ , p. 178-191 (ISSN 0003-9780, résumé).
  6. « Action protectrice des éthers phénoliques au cours de l'intoxication histaminique », C. r. séances Soc. biol. fil., vol. 124,‎ , p. 547-549.
  7. « Action de la thymoxyéthyldiéthylamine (929 F) et des éthers phénoliques sur le choc anaphylactique du cobaye », C. r. Soc. biol., vol. 125,‎ , p. 818-823.
  8. Anne-Marie Staub, Recherches sur quelques bases synthétiques antagonistes de l’histamine (thèse présentée pour obtenir le grade de docteur en sciences naturelles (série A. 1898, n° 2765)), Paris, université de Paris, , 87 p. (OCLC 491498796).
    « Sauf erreur, c’est dans sa thèse que figure le mot « antihistaminique » pour la première fois, le mot « histaminolytique » ayant été antérieurement utilisé par Bovet et Mlle Staub. » Marcel Delépine, Ernest Fourneau (1872-1949) : Sa vie, son œuvre, Masson et Cie, 1949, p. 71.
  9. (en) « Dérivés de la N-phényléthylènediamine », Bull. Soc. chim. Fr., vol. 14, nos 9-10,‎ , p. 827-838.
  10. (en) Charles H. Tilford, Robert S. Shelton et Marcus G. van Campen jeune, « Histamine Antagonists : Basically Substituted Pyridine Derivatives », Journal of the American Chemical Society, vol. 70,‎ , p. 4001-4009 (DOI 10.1021/ja01192a010).
(en) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en anglais intitulé « Piperoxan » (voir la liste des auteurs).