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Tombeau de saint Pierre d'Osma, dans la cathédrale d'El Burgo de Osma (v. 1250)

Pierre d'Osma, ou Pierre de Bourges, est un ecclésiastique français ayant fait carrière en Espagne (XIe – XIIe siècle). Originaire de Bourges ou de Béziers[1], il devint évêque d'Osma (Castille) en 1101, et mourut à Palencia le 2 août 1109. C'est un saint catholique (« saint Pierre d'Osma »), fêté le 2 août.

Sa biographie est très incertaine, reposant sur des données traditionnelles d'attestation souvent tardive[2]. D'après ces données, c'était l'un des moines clunisiens français que Bernard de Sédirac, premier archevêque de Tolède après la Reconquista, fit venir en Castille pour y restaurer l'Église[3]. Il fut d'abord archidiacre de Tolède sous l'archevêque Bernard, puis, en 1101, choisi par lui pour être évêque d'Osma[4]. Il fut le restaurateur du diocèse après une longue vacance pendant la période musulmane, et fit entreprendre la construction de la cathédrale romane qui précéda l'édifice gothique actuel. Il mourut de maladie à Palencia en revenant des funérailles du roi Alphonse VI au monastère de Sahagún, et sa dépouille fut transportée dans sa cathédrale. Un autre Français, Raymond de La Sauvetat, lui succéda.

Il existe une Vita sancti Petri Oxomensis episcopi conservée dans la bibliothèque capitulaire d'El Burgo de Osma (ms. 2B), et publiée par le bénédictin dom François Plaine[5].

Notes et référencesModifier

  1. Il y a une proximité en latin entre Bituricensis (« de Bourges ») et Biterrensis (« de Béziers »). Marcelin Defourneaux (Les Français en Espagne aux XIe et XIIe siècle, Paris, Presses Universitaires de France, 1949, p. 36) et d'autres historiens disent Béziers.
  2. Voir Juan Pablo Rubio Sadia, « A propósito de los orígenes de don Pedro, obispo de Osma (1101-1109) », Espacio, tiempo y forma, Serie III (Historia Medieval), vol. 20, 2007, p. 325-338.
  3. La tradition l'associe de très près à Bernard de Sédirac : il aurait été son neveu, de famille noble comme lui, ayant comme lui passé sa jeunesse dans la carrière des armes, puis s'étant fait moine, comme lui, au prieuré clunisien Saint-Orens d'Auch, et passé ensuite, comme lui, au monastère de Sahagún. Des éléments pour une bonne part peu vraisemblables. La Vita ancienne ne dit rien d'une carrière monastique, et la chronique anonyme de Sahagún datant du XIIe siècle ne parle pas de lui.
  4. Cf. Rodrigo Jimenez de Rada, De rebus Hispaniae, VI, § 26 : « De Bituricis [Bernardus duxit] sanctum Petrum, quem prius archidiaconum Toletanum, postea fecit episcopum Oxomensem ». Au concile de Husillos (1088), présidé par le roi Alphonse VI et le cardinal-légat Richard de Millau, l'archevêque Bernard avait été nommé administrateur du diocèse d'Osma jusqu'à la désignation d'un évêque titulaire. Par une bulle de 1099, le pape Urbain II avait ordonné à l'archevêque de procéder à la désignation dans un délai de trois ans.
  5. Analecta Bollandiana 4, 1885, p. 11-19.