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Pierre Debizet
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Parti politique

Pierre Debizet est un homme politique français né le [1] et mort le .

BiographieModifier

Résistant pendant la Seconde Guerre mondiale au sein du réseau Libération-Nord puis du Bureau central de renseignements et d'action sous le pseudonyme de Pierre Debarge, il reçoit à la Libération la croix de guerre et la médaille de la Résistance[1].

À partir de 1946, il entreprend une carrière professionnelle de chef d'entreprise, tout d'abord dans le domaine de la réfrigération puis, à partir de novembre 1952, dans les moteurs électriques. Pendant la même période, il est un des principaux responsables parisiens du service d'ordre du mouvement gaulliste. Mesurant un mètre quatre-vingt-quinze pour quatre-vingt-dix kilos (en réalité 187 cm), le personnage imposant est surnommé par ses hommes Gros Sourcils ou Le Colonel[1].

En 1956, il participe au service d'ordre des Volontaires de l'Union française, un petit groupement opposé à toute décolonisation, et il rejoint en 1957 le Parti patriote révolutionnaire, un groupuscule d'extrême-droite conduit par Jean-Baptiste Biaggi[2].

De 1958 à 1960, il participe à la réactivation du service d'ordre gaulliste, puis à sa structuration sous forme d'une association enregistrée le 4 janvier 1960 : le Service d'action civique (SAC), dont il est le premier président. Il doit abandonner cette responsabilité dès le printemps 1960 en raison de son opposition à la politique algérienne de Charles de Gaulle et de problèmes de santé (les suites d'une tuberculose pulmonaire). Il est alors remplacé par Paul Comiti[3].

Sur la fin de l'année 1960, il signe une lettre-circulaire à l'intention de ses compagnons du SAC les invitant à voter « non » au référendum sur l'autodétermination en Algérie[4].

Il revient à l'occasion des événements de mai 68 comme secrétaire général de l'organisation[5]. En 1981, est créé le Mouvement initiative et liberté, à l'origine sans rapport avec le SAC et placé sous la présidence de Jacques Rougeot, président de l'UNI. La tuerie d'Auriol met un point final au SAC, bête noire de la gauche nouvellement élue, qui est dissout en 1982. Accusé d'être l'un des instigateurs du massacre, Pierre Debizet est détenu pendant un mois en préventive mais bénéficie d'un non-lieu[6]. En 1986, il devient délégué général du Mouvement initiative et liberté[6], mouvement qui n'a eu aucune activité depuis sa création jusqu'à l'arrivée de Pierre Debizet.

En 2010, un documentaire sur l'assassinat de Pierre Goldman par Honneur de la Police met en cause Pierre Debizet. Un membre du groupe l'accuse d'être leur commanditaire[7]. Il serait aussi l'instigateur du meurtre du militant communiste et anticolonialiste Henri Curiel[8].

RéférencesModifier

  1. a b et c François Audigier, Histoire du S.A.C. : la part d'ombre du gaullisme, Paris, Stock, , 521 p. (ISBN 978-2-2340-5629-9, OCLC 417344444), p. 71
  2. François Audigier, op. cit., p. 72
  3. François Audigier, op. cit., p. 65-66
  4. François Audigier, op. cit., p. 84, qui se réfère sur ce point au Rapport de la commission d'enquête sur les activités du Service d'action civique, Alain Moreau, 1982, tome 1, p. 373-374
  5. http://www.lexpress.fr/informations/la-saga-du-sac_590968.html
  6. a et b « Mort de Pierre Debizet, un ancien du SAC », sur liberation.fr, (consulté le 17 avril 2016)
  7. Karl Laske, « La justice rouvre l’enquête sur l’assassinat d’Henri Curiel », mediapart.fr, (consulté le 17 janvier 2018)
  8. « L assassinat politique d Henri Curiel revendiqué », France Inter,‎ (lire en ligne, consulté le 27 mars 2018)