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Pierre-Antoine Cousteau

écrivain français
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Pierre-Antoine Cousteau
Pierre-Antoine Cousteau.jpg
Pierre-Antoine Cousteau en 1946.
Biographie
Naissance
Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 52 ans)
ParisVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Activités
Père
Daniel Cousteau (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Fratrie
Enfant
Jean-Pierre Cousteau (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Autres informations
A travaillé pour
Parti politique
Lieu de détention

Pierre-Antoine Cousteau, né le , à Saint-André-de-Cubzac et mort le à Paris, est un journaliste et polémiste français.

D'extrême-droite, collaborationniste convaincu pendant l'occupation allemande, il est l'une des plumes du journal Je suis partout. Condamné à la Libération, sauvé par son frère Jacques-Yves Cousteau qui intercéda auprès du général de Gaulle, il reprend ensuite sa carrière et travaille dans des journaux comme Rivarol.

BiographieModifier

Fils de Daniel Cousteau, Pierre-Antoine Cousteau est le frère aîné de l'océanographe Jacques-Yves Cousteau.

Marié, Pierre-Antoine Cousteau a deux enfants : Jean-Pierre Cousteau (né le 14 décembre 1938), cardiologue et auteur d'une biographie sur son père[1], et Françoise Cousteau.

D'abord homme « à l'extrême gauche de l'extrême gauche » (selon ce qu'il dit lui-même dans En ce temps-là), « le plus voltairien de nous tous », selon Lucien Rebatet, il est un pacifiste convaincu[2]. Il évoluera peu à peu vers le fascisme, avec la rencontre de plusieurs journalistes de droite, en particulier Pierre Gaxotte, son mentor de l'époque (Gaxotte ensuite coupera tout lien avec ses anciens amis en 1944, et témoignera à charge lors des procès de l'épuration). Il renoue dans les années 1930 avec la tradition des canulars, promouvant par exemple Édouard Herriot, alors que celui-ci est en visite officielle en URSS, au grade fantaisiste de « colonel de l'Armée rouge ». Cette farce poursuivra l'ancien Président du Conseil longtemps après (cf. Mines de rien).

En avril 1932, Pierre Gaxotte le fait entrer à Je suis partout, journal auquel il participera activement, en compagnie de Lucien Rebatet et de Robert Brasillach. En 1941, de retour de captivité en Allemagne, il publie dans Je suis partout plusieurs articles antisémites consacrés aux juifs des Etats-Unis : "L'Amérique juive", "Promenade dans le ghetto de New York", "L'Amérique juive : Roosevelt ou Rosenfeld ?" et "L'Amérique juive : sur le sentier de la guerre", pays qu'il connaît bien pour y avoir vécu de 1920 à 1923, puis en 1929 et 1930[3].

En 1943, il succède à Robert Brasillach en prenant la direction de l'hebdomadaire "Je suis partout". Antisémite, c'est un « ultra de la Collaboration » jusqu'à la fin de la guerre. Il s'engage dans la Milice d'abord, puis dans le corps militarisé de cette dernière, la Franc-garde, en juin 1944[4], qui traque les résistants et assiège les maquis. Il participa notamment à une expédition contre des résistants[5]. S'en défendant, il prétendit à son procès qu'il avait suivi ses compagnons de la Milice pour un reportage en Bretagne couvrant l'arrestation de trois résistants[6].

Il considérait que l'Allemagne nazie représentait à l'époque, « malgré tous ses crimes, la dernière chance de l'homme blanc »[7]. Lors de son procès pour ses actes de collaboration, en 1946, il apparaît ainsi comme un des rares inculpés à assumer ses actes[8]. Il recevra toutefois le soutien du futur écrivain Jacques Yonnet, résistant, membre du Parti communiste français, qui témoignera à décharge et écrira : « C'était un ennemi loyal »[9].

Il est condamné à mort, peine commuée en travaux forcés à perpétuité, après l'intervention d'un certain nombre de personnalités du monde littéraire qui veulent leur éviter, à lui et Lucien Rebatet, la peine de mort (Marcel Aymé, Jean Anouilh, Jean Galtier-Boissière, André Gide et Albert Camus, par exemple)[4]. Il purge sa peine à la prison de Clairvaux. Il est gracié en 1953 par Vincent Auriol.

Pierre-Antoine Cousteau est libéré en 1953. Il collabore ensuite à l'hebdomadaire d'extrême droite Rivarol et à la revue Lectures françaises. Il publiera à nouveau quelques ouvrages, toujours dans un style détaché et ironique, notamment sur ses arrestations successives lorsqu'il est traqué dans toute l'Europe après la Libération (Les lois de l'hospitalité).

À sa mort des suites d'un cancer en 1958, Le Monde écrira : « Fidèle à son passé, à ses idées et à ses amis, Pierre-Antoine Cousteau n'avait rien perdu de son talent de polémiste ».

OuvragesModifier

  • L'Amérique juive, Paris, Les Éditions de France, 1942.
  • Hugothérapie ou Comment l'esprit vient aux mal-pensants, Bourg, Éditions E.T.L., 1954 (rééd. Via Romana, 2015).
  • Mines de rien ou Les grandes mystifications du demi-siècle (préf. Lucien Rebatet, ill. Ralph Soupault), Paris, Ethéel, 1955.
  • Après le déluge : pamphlets, Paris, La Librairie Française, 1957.
  • Les Lois de l'hospitalité, Paris, La Librairie Française, 1957.
  • En ce temps-là, Paris, La Librairie Française, 1959.
  • Dialogue de vaincus (prison de Clairvaux, janvier-décembre 1950), texte inédit présenté par Robert Belot, (avec la collab. de Lucien Rebatet), Paris, Berg International, 1999.
  • Proust digest (préf. Lucien Rebatet), Paris, Via Romana, 2013 [présentation en ligne].
  • Intra muros ; suivi de Pensées et aphorismes (préf. de Ghislain de Diesbach), Paris, Via Romana, 2017.

Notes et référencesModifier

  1. Pierre-Antoine : l'autre Cousteau, Via Romana, 2016 (ISBN 978-2-37271-038-1) [présentation en ligne]
  2. Tous n'étaient pas des anges, lefigaro.fr, 14 mai 2008
  3. Robert Klein, Je suis partout : les Juifs, 1941, édité par Amazon, 2018, p. 8. Le livre contient une partie de ces quatre articles
  4. a et b Pascal Ory, Le dossier Rebatet, Paris, Robert Laffont, , 1131 p.
  5. Pascal Ory, Les collaborateurs : 1940-1945, Paris, Éditions du Seuil 1976, p. 240.
  6. Pierre-Antoine Cousteau, « En Bretagne avec la Milice », Je suis partout,‎ .
  7. Extrait du testament politique de Pierre-Antoine Cousteau, confié à Rebatet peu avant sa mort.
  8. Le Parisien Libéré, , sous la signature d'Armand Gatti et sous le titre : « Après deux lâches [Rebatet et Jeantet, NdR], enfin un dur » : « Cousteau prend des risques, exploite avec beaucoup d'humour ses démêlés avec Laval et ses contacts avec Abetz. Il parvient à provoquer le rire, ce qui, pour un accusé en si fâcheuse posture — et dont l'avenir paraît si singulièrement limité — est une véritable gageure ».
  9. Le Figaro, .

AnnexesModifier