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Philip Wharton
DukeOfWharton.jpg
Le duc de Wharton.
Fonction
Membre du Conseil privé d'Irlande
Titre de noblesse
Baron
Biographie
Naissance
Décès
Activité

Philip Wharton (Comté d'Oxford, Angleterre, 21 décembre 1698 – Monastère de Poblet, Catalogne, 31 mai 1731), 1er duc de Wharton, fut un important homme politique jacobite, un libertin célèbre et l'un des premiers Grands Maîtres de la franc-maçonnerie.

Enfance et JeunesseModifier

 
Philip, Duc de Wharton, 1718-1720
par Rosalba Carriera
Royal Collection

Philip Wharton, était le fils de Thomas "Honest Tom" Wharton, membre du parti Whig. Il reçut une excellente éducation et fut formé pour devenir un grand orateur. À la mort de son père, il lui succéda dans la pairie de Grande-Bretagne comme marquis de Wharton et de Malmesbury. Il fut aussi marquis de Catherlough dans la Pairie d'Irlande. Il s'enfuit avec Martha Holmes, fille du major-général Richard Holmes et commença à voyager. Les immenses domaines de son père furent confiés à la gestion de sa mère et des amis de son père.

Il voyagea en France et en Suisse et rencontra le « Old Pretender » Jacques François Stuart qui lui donna le titre[1] de duc de Northumberland en 1716. Il partit alors en Irlande où, à l'âge de 18 ans, il entra à la chambre des lords irlandais en tant que marquis de Catherlough. Il fut fait duc de Wharton en 1718 par George Ier de Grande-Bretagne.

En 1719, sa femme eut un fils nommé Thomas, qui mourut dans une épidémie de variole dans sa première année.

Vie politiqueModifier

Fidèle à Jacques François Stuart, fils de Jacques II détrôné en 1688, il se disait Jacobite. Selon lui, ce prétendant était fidèle, comme l'était son père, aux principes Whig que trahissaient le libéral Robert Walpole et le nouveau monarque. Il s'opposa activement à Walpole en 1722, en particulier en finançant un périodique nommé « The True Briton ».

Il commença à accumuler les dettes, au point qu'il vendit ses propriétés d'Irlande pour investir dans la South Sea Company. Quand celle-ci s'effondra dans le Krach de 1720, il perdit la somme considérable de 120 000 £ et s'en amusa en organisant un simulacre de riches funérailles publiques pour la compagnie en faillite.

En 1725, ne pouvant plus faire face à ses dettes, il quitta la Grande-Bretagne.

Exil et déclinModifier

Ayant quitté la Grande-Bretagne avec plus de 70 000 £ de dettes, il accepta en 1725 les fonctions d'ambassadeur du Prétendant auprès du Saint-Empire romain germanique, à Vienne. Mais les autrichiens n'appréciant pas sa vie dissipée, il rejoignit son protecteur à Rome où il reçut de ses mains l'Ordre de la Jarretière[réf. nécessaire]. Il partit ensuite pour Madrid, où son épouse mourut en 1726. Trois mois plus tard, il épousait Maria Theresa O'Neill O'Beirne dans une cérémonie qui fit scandale.

Il revendit son titre à George Ier et s'engagea contre l'Angleterre dans les forces jacobites de l'armée espagnole. Il fut blessé à Gibraltar en 1727.

En 1728, il publia un pamphlet contre la « corruption » de la cause Whig par Walpole, intitulé « Reasons for Leaving his Native Country » (« Motifs de quitter son pays natal »).

En 1730, totalement ruiné, banni hors de Madrid à la suite d'une rixe, il renonça à la cause jacobite et trouva refuge en compagnie de sa seconde épouse au Monastère de Poblet, Catalogne, où il décéda des conséquences de son alcoolisme le 31 mai 1731. Sa veuve retourna alors à Londres avec l'aide du prétendant et parvint à y faire valoir ses droits en 1736, s'assurant ainsi une vie confortable.

Les titres nobiliaires de Wharton furent tous éteints après lui.

Carrière maçonniqueModifier

Membre de la loge maçonnique King's Arms de Londres, le duc de Wharton devint le sixième grand maître de la Grande Loge de Londres du 22 juin 1722 au 24 juin 1723.

En 1724, après s'être brouillé avec elle, il aurait constitué les Gormogons, afin de parodier la première Grande Loge d'Angleterre avec laquelle il s'était brouillé juste après en avoir été le grand maître[2].

Il fut à l'origine de la création de la première loge d'Espagne: French Arms, no 50, située calle de San Bernardo, à Madrid. Cette loge envoya une demande de reconnaissance à la Grande Loge de Londres qui y fut reçue le 17 avril 1728.

La même année 1728, les francs-maçons français décident de le reconnaître comme « grand maître des francs-maçons en France », à l'occasion de son séjour à Paris et à Lyon de 1728 à 1729[3]. Les jacobites James Hector MacLean (1703-1750) puis Charles Radcliffe, Comte de Derwentwater (1693-1746), lui succéderont. Sa nomination à la tête des francs-maçons de France, antérieure à la transformation de la « Grande Loge de Londres et de Wesminster[4] » en « Grande Loge d'Angleterre » en 1738, est considéré par une partie des historiens comme le point de départ d'une franc-maçonnerie française indépendante de celle de Grande-Bretagne.

AnnexesModifier

Ouvrages utilisés pour la rédaction de cet articleModifier

Liens externesModifier

Notes et référencesModifier

  1. Titre évidemment non reconnu par ses adversaires au pouvoir en Grande-Bretagne.
  2. Encyclopédie de la franc-maçonnerie, Le livre de poche, article "Gormogons", p. 341-342
  3. (Daniel Ligou et al. 2000, p. 40-41)
  4. Nom premier de la Grande Loge d'Angleterre