Pedro Winter

musicien français
Pedro Winter
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Pedro Winter le 29 mai 2011.
Informations générales
Surnom Busy P
Nom de naissance Pierre Winter
Naissance (45 ans)
Paris
Activité principale Disc jockey, producteur de musique
Genre musical Electro, techno, rap
Années actives Depuis 1992
Labels Ed Banger Records

Pedro Winter, né Pierre Winter, est un compositeur-producteur français de musique électronique, né le à Paris, manager de Daft Punk durant plus d'une décennie et faisant donc partie de la French touch. Il est aussi connu sous le pseudonyme de Busy P, essentiellement pour sa carrière de disc-jockey. Il est à l'origine de la découverte d'artistes tels que Justice, Uffie, et bien d'autres. Ces derniers sont apparentés tous de près ou de loin à son label Ed Banger Records. Ce label a recruté, entre autres, Uffie, Vicarious Bliss, DJ Mehdi, Breakbot, Mr. Oizo, SebastiAn, Krazy Baldhead, Laurent Garnier, Cassius, Mr. Flash, Borussia, Riton, Gerard Baste ou encore le groupe de rap DSL.

BiographieModifier

Né le à Paris d'un père attaché culturel à l'ambassade du Canada et d'une mère responsable « relations publiques » chez RTL[1]. Il grandit sous l'influence du skate, du rock, du heavy metal et du hip-hop qu'il privilégie à ses études au lycée Voltaire[2] ; le skateboard restera d'ailleurs un point important toute sa vie, lui permettant de multiplier les rencontres[3]. Il redouble sa sixième, est exclu du collège, entre en pension à Issy-les-Moulineaux et passe un bac B suivi de trois mois en fac de droit[1]. Pierre Winter découvre la musique électronique dans un hangar en 1992 grâce à son frère jardinier puis artiste Thomas Winter qui lui fait découvrir Kraftwerk[1]. Peu après il commence à mixer au « What's Up Bar », et organise les soirées Hype au Folies Pigalle, puis au Fumoir de la discothèque Le Palace grâce à Cathy Guetta et David[4],[5]. Là, sa façon de se vêtir interpelle : toujours avec des énormes lunettes, il alterne les couleurs les plus vives et utilise un baril de lessive comme sac à main[4].

Pedro Winter convie certains Dj montants de la scène parisienne à ses soirées : Grégory, Cam, Étienne de Crécy, Cassius, Dimitri from Paris[4] ou encore Daft Punk. Il découvre ces derniers en 1995, lors d'un concert au Ministry of Sound à Londres puis les rencontre à Paris, entre autres à Radio FG où il intervient[5]. Lors d'un déjeuner, le duo lui propose de devenir leur manager et Pierre Winter accepte[5] : refusant les collaborations prestigieuses, il gère le duo dans un « anti-star system », privilégient un anonymat omniprésent[1]. Il change alors son prénom pour « Pedro »[6] donné par son frère[7].

Dans la vague déferlante du succès, Pedro Winter crée alors en 2002, Headbangers Entertainment afin de gérer les différents artistes qu'il manage : Cassius, Cosmo Vitelli, Thomas Winter et Bogue (le groupe de son frère) ou encore DJ Mehdi qu'il rencontre en 1998 à New York[8] et qui deviendra son témoin de mariage[6].

Le « parrain de la scène électro française », tel que le décrit le New York Times[9], après avoir organisé nombre de soirées, crée le petit label Ed Banger Records, la division musique de sa société, dans laquelle il promeut quelques jeunes artistes comme Justice, SebastiAn, Uffie, Krazy Baldhead, Feadz, le premier artiste à signer sur Ed Banger : Mr. Flash et Breakbot[10]. Il produit également deux albums de son frère[6]. « En 2003, quand on a fondé Ed Banger, c'était la mode de la techno minimale, austère, berlinoise. Justice proposait autre chose, une musique agressive, avec une imagerie liée au heavy metal. On appelait ça du heavy metal disco » explique-t-il avec humour et recul[5] ; le nom du label fait directement référence au « headbanging » des fans de heavy metal[11] s'inspirant de l'émission de MTV intitulée Headbangers Balls[10]. L'entreprise reste avant tout une « équipe » rassemblée sous des visuels communs et la direction de Pedro Winter[8].

Il utilise alors le pseudo de Busy P pour signer ses premières productions en tant qu'artiste : Colette c'est chouette / Bearbrickdance ou Chop Suey avec Arcade Mode.

Vers 2008, ce dernier annonce qu'il souhaite se consacrer à sa carrière en tant que Busy P ainsi qu'à son label Ed Banger Records. C'est pour cela qu'il abandonne son rôle de manager. Il mixe alors beaucoup en France mais aussi dans d'autres endroits du monde[11]. Il crée Headbangers Publishing[11], sa maison d'éditions, avec laquelle il signe ses artistes ainsi que Para One du label Institubes, Nil Hartman et bien d'autres. Il a coutume de se rendre dans les lieux les plus branchés de la capitale, comme le Paris Paris, Le social Club, le Rex club, le Showcase et collabore régulièrement avec le label Kitsuné de Gildas Loaëc.

Ne voulant pas qu'Ed Banger devienne une marque de vêtements car « Ed Banger est un label musical », il crée la marque « COOLCATS », devenue « CLUB 75 » en dehors du label, pour s'amuser. Et c'est à son ami So me, le directeur artistique du label, qu'il confie la conception de la marque avec son univers et ses graphismes colorés. Les marques Cool Cats et Club 75 ont collaboré à plusieurs reprises avec de nombreuses autres marques.

À partir de , il anime l'émission La Sélection électro sur Mouv' le vendredi entre 23 h et minuit.

Depuis 2019, Pedro Winter anime l'émission Lunch With Pedro sur Hotel Radio Paris de manière mensuelle. Il est membre du Collectif 50/50 qui a pour but de promouvoir l’égalité des femmes et des hommes et la diversité dans le cinéma et l’audiovisuel[12].

Vie privéeModifier

Son père a été attaché culturel à l'ambassade de France, au Canada, chauffeur de bus au Vénézuela puis kiosquier à Paris.

Divorcé de Nadège Mézou, attachée de presse de la boutique colette[6], il sera en couple avec Justine Valletoux avec qui il aura une fille. C'est en hommage au célèbre concept store du numéro 213 rue Saint-Honoré qu'il compose le titre Colette c'est chouette. Busy P est un fidèle client et un ami des créatrices du magasin Sarah Andelman et sa maman Colette. Busy P venant d'ailleurs parfois mixer dans le magasin.

Pour la fermeture du magasin en 2017 (correspondant aussi à son 20eme anniversaire), Pedro Winter sort une compilation limitée à 150 exemplaires, uniquement disponible au format physique (2xCD) contenant des courts extraits de membres du magasins, fils de la directrice du magasin ainsi que d'artistes ayant collaboré ou client de la boutique colette.

DiscographieModifier

Autres réalisationsModifier

  • Le titre 49ers, uniquement disponible sur la compilation Ed Rec Vol. 2 du label Ed Banger Records sorti en 2007.
  • Le titre Pedrophilia, mis en ligne courant 2007 sur son Myspace. Ce titre devient en fait l'instrumental de To Protect and Entertain, sur laquelle Busy P invite le rappeur californien Murs. Cependant, Busy P produit, en 2008, un nouveau titre qu'il renomme Pedrophilia et qui sort sur le EP du même nom.
  • Il apparait en tant que caméo dans 2 films de Quentin Dupieux (Mr. Oizo) : le premier en tant que bruleur de pneu dans Rubber, le deuxième en tant que policier avec Michel Hazanavicius dans le film Au Poste.
  • On peut aussi le voir dans le clip We Are Your Friends de Justice.

Notes et référencesModifier

  1. a b c et d Pliskin 2018, p. 83.
  2. Éric Dahan, « Que Justice soit fête », sur Libération.fr, .
  3. Pliskin 2018, p. 83 à 84.
  4. a b et c Cathy Guetta, Bains de nuit, Fayard, , 245 p. (ISBN 9782213631172), p. 167
  5. a b c et d Pliskin 2018, p. 82.
  6. a b c et d Ludovic Perrin, « Son emprise electro », sur Libération, (consulté le 1er janvier 2018)
  7. Julien Bordier, « Pedro Winter, French Touche-à-tout », sur lexpress.fr,
  8. a et b Raphaël Richard, DJ made in France, Camion Blanc, , 329 p. (ISBN 978-2-35779-340-8), « Une profession qui se réinvente », p. 284
  9. (en) SCOTT SAYARE, « Electro Music Ambassador's French Touch », sur nytimes.com,
  10. a et b « EdBanger, quinze ans de règne », DJ Mag France, no 21,‎ , p. 40 à 41 (ISSN 2271-006X)
  11. a b et c Pliskin 2018, p. 84.
  12. « Le collectif 5050 », sur Collectif 50/50 (consulté le 3 avril 2020)

SourceModifier

  • Fabrice Pliskin, « Le parrain de la French touch », L'Obs, no 2821,‎ 28 novembre au 5 décembre 2018, p. 81 à 84 (ISSN 0029-4713).