Patrice Dunoyer

biologiste français
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Patrice Dunoyer
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Patrice Dunoyer est un biologiste français; chercheur au CNRS, spécialiste dans la génétique des plantes, dont le laboratoire a été dissout au printemps 2017. Il est actuellement détaché en Nouvelle Calédonie où il occupe un poste administratif. À ce jour, cinq articles dont il est co-signataire, incluant quatre dont il est premier auteur, ont été retirés de la littérature scientifique.

BiographieModifier

Originaire de Nouméa en Nouvelle-Calédonie, Patrice Dunoyer s'installe en métropole pour suivre des études de biologie. Il soutient sa thèse à Strasbourg en 2001. Le 30 juin 2011, il reçoit la médaille de bronze du CNRS pour ses travaux sur l'Interférence par ARN[1].

À partir de 2015, certains de ses articles sont mis en cause sur PubPeer, un site permettant le signalement anonyme d’irrégularités dans les articles scientifiques. En juin 2015, le texte de rétraction d'un article très critiqué[2] du journal Plant Cell dont il est premier auteur, relève une série de manipulations d'images affectant la quasi-totalité des figures de ce dernier. L'article introduit la responsabilité individuelle de Patrice Dunoyer dans ces irréguralitées[3]. Le même mois, le conseil disciplinaire du CNRS le sanctionne d'un an d'exclusion sans salaire dont onze mois avec sursis sous réserve de non-récidive, suite aux conclusions d'une commission enquête mandatée par le CNRS. Le journal Le Monde dira rétrospectivement, dans un éditorial de 2018, qu'elle fut bâclée en soulignant que « les responsabilités individuelles n’ont pas été suffisamment recherchées »[4].

En été 2015, sa responsabilité est constatée dans des manipulations d'images de deux articles scientifiques supplémentaires publiés par EMBO Journal, dont il est respectivement premier et dernier auteur, conduisant à la rétraction du premier et à la correction du second en aout et octobre 2015[5],[6]. Le 28 septembre 2015, à l'occasion de l'inauguration d'une extension de son institut de recherche[7], Patrice Dunoyer est cependant reconduit chef de groupe par Catherine Jessus, alors directrice de l'Institut National des Sciences Biologiques du CNRS.

En janvier 2016, Patrice Dunoyer émet des rectifications concernant des articles publiés dans le journal Science[8],[8]. En juillet de la même année, de nouvelles allégations de fraudes sur ces deux articles pourtant apparemment corrigés par ce dernier sont publiées sur le site PubPeer, poussant Olivier Voinnet, leur dernier auteur, à solliciter une nouvelle investigation beaucoup plus poussées des travaux de son ancien collègue[9]. Cela conduit le CNRS à mener une nouvelle enquête, cette fois conjointement avec l’École polytechnique fédérale de Zurich (ETH), institution de détachement d'Olivier Voinnet[10].

En 2018, suite aux conclusions de l'enquête menée conjointement pas le CNRS et l'ETH, Patrice Dunoyer est l'objet de nouvelles sanctions disciplinaires par le CNRS pour cause de « méconduites scientifiques » concernant les articles investigués qu'il avait co-signés avec Olivier Voinnet. Il s'agit, d'une part, d'un abaissement d'échelon concernant sa « responsabilité avérée » d'avoir envoyé « aux revues scientifiques plusieurs correctifs incomplets dans lesquels n'étaient pas corrigées des images précédemment manipulées et qui contenaient au moins une nouvelle manipulation d'image »[11] et, d'autre part, d'une suspension immédiate de onze mois sans salaire en application des provisions de sa première sanction de 2015, tel que rapporté dans un article du journal Nature publié en octobre 2018[12] dont le titre, reflétant les conclusions d'une enquête de Declan Butler, dédouane Olivier Voinnet au terme de la re-investigation[12].

En juin 2018, Patrice Dunoyer est recruté comme chargé de mission et nommé représentant de la province Sud en Nouvelle-Calédonie au comité de pilotage scientifique et stratégique de l’Institut de recherche pour le développement. Patrice Dunoyer est le frère de Philippe Dunoyer, député de la première circonscription de Calédonie ensemble. Philippe Dunoyer explique que son frère « n’a pas été sanctionné pour faute grave, ni a fortiori pour fraude » et que « la mauvaise conduite scientifique qui lui est reprochée concerne quelques illustrations d’articles dont la démonstration scientifique demeure par ailleurs incontestée »[13].

RéférencesModifier

  1. « Patrice Dunoyer reçoit la médaille de bronze du CNRS », sur https://www.alsace.cnrs.fr (consulté le 9 décembre 2018)
  2. « Un article « manipulé » d’une star française de la biologie est retiré », sur lemonde.fr, (consulté le 19 novembre 2018)
  3. (en) « Retraction » [PDF], sur www.plantcell.org,
  4. « L’intégrité scientifique est intangible », Le Monde,‎ (lire en ligne)
  5. (en) « Retraction », sur http://emboj.embopress.org
  6. (en) « Correction », sur http://emboj.embopress.org
  7. « Belle pousse », sur https://www.dna.fr
  8. a et b (en) « correction », sur https://www.sciencemag.org Erreur de référence : Balise <ref> incorrecte : le nom « correction » est défini plusieurs fois avec des contenus différents.
  9. ETH, « Communiqué de presse de l'ETH. » [PDF], sur www.ethz.ch,
  10. ETH-CNRS, « Communiqué de presse de l'ETH et du CNRS. Le CNRS et l'ETH Zurich ouvrent une commission d'enquête » [PDF], sur www.CNRS.fr,
  11. CNRS, « Communiqué de presse du CNRS. » [PDF], sur https://www.CNRS.fr
  12. a et b (en) Declan Butler, « French plant biologist cleared of misconduct in new inquiry », Nature,‎ (ISSN 0028-0836 et 1476-4687, DOI 10.1038/d41586-018-06966-1, lire en ligne, consulté le 11 octobre 2018)
  13. « Malaise dans le monde de la science », sur http://www.dnc.nc/, (consulté le 19 novembre 2018)

AnnexesModifier

Liens externesModifier

Articles connexesModifier