Parc océanique Cousteau

ancien musée et parc à thème français
Parc océanique Cousteau
Parc océanique Cousteau logo.jpg
Logo du parc représentant une baleine bleue autour du globe terrestre, avec le profil de Cousteau dans sa palette caudale
Informations générales
Type
Parc à thèmes (d), entité qui n'existe plus (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Ouverture
Inauguration
Fermeture
Surface
8 000 m2 (5 000 m2 pour le public)
Visiteurs par an
460 000
Localisation
Pays
Région
Ville
Adresse
place de la Rotonde, 75001 Paris
Coordonnées
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Le parc océanique Cousteau est un ancien parc océanographique français situé à Paris dans le Forum des Halles, inauguré le et fermé en .

DescriptionModifier

Ouvert le et inauguré officiellement le [1], ce parc sans aquarium avait la particularité de n'héberger aucun animal vivant[2]. Les mondes sous-marins étaient présentés sous forme d'attractions à travers des reconstitutions de fonds marins. Le parc diffusait les plus récents films des équipes de Cousteau. Un colloque y est également organisé[3].

Le public se promène à pied et en nacelle de deux places à la manière d'un parcours scénique suspendu au milieu de décors représentant la faune et la flore marines[2],[4]. Ayant déjà signé la bande originale du documentaire de 1982 « Du grand large aux Grands Lacs » de Jacques-Yves Cousteau, le compositeur et musicien britannique John Scott est chargé de la composition et de la direction d'orchestre d'un album. Parc océanique Cousteau est la bande originale du parc interprétée par le The Royal Philharmonic Orchestra de Londres[5],[6]. Situé à l'étage -3, le site s'étend sur 8 000 m2, dont 5 000 m2 aménagés pour le public[1]. Il est loué par la Ville de Paris à un prix symbolique, 100 francs français par an (15,3 ). La fréquentation n'est pas à la hauteur en raison d'un droit d'entrée trop onéreux[7].

 
L'entrée du parc océanique Cousteau est employée depuis 1995 comme entrée du multiplexe UGC Ciné Cité.

Jacques-Yves Cousteau avait auparavant imaginé ouvrir un parc en tout point semblable au parc océanique Cousteau à Norfolk, aux États-Unis. Ce projet n'a jamais été concrétisé[8]. À Paris, la conception et la construction ont nécessité 120 millions de francs (18,3 millions d'euros). Les actionnaires sont la Caisse des dépôts et consignations (de 19 % à 20 %), Jacques-Yves Cousteau (10 %), la Sodexparc (10 %), le Crédit national (10 %), la Fondation Cousteau (5 %), la Société centrale d'équipement du territoire (filiale de la Caisse des dépôts et consignations, 5 %) et Jean-Michel Cousteau (2 %). Le parc océanique Cousteau doit recevoir 800 000 visiteurs par an pour atteindre l'équilibre financier[9].

En 1990, on attend un chiffre d'affaires de 44 millions de francs (6,7 millions d'euros) mais il atteint 25 millions de francs (3,8 millions d'euros)[9]. Durant cette année, les dirigeants s'attendent à un total de 800 000 entrées. Il faut attendre dix-huit mois pour en comptabiliser 700 000, malgré les records de fréquentation lors des les vacances de la Toussaint avec 3 928 visites quotidiennes[1]. Le parc océanique Cousteau est l'un des nombreux exemples de l'époque qui surévaluent leur fréquentation, comme Planète magique, Mirapolis et Zygofolis[10].

En 1991, les actionnaires réalisent une augmentation de capital, le portant de 6 à 43 millions de francs (1 à 6,5 millions d'euros). Avec des attentes en termes de visiteurs ramenées à 700 000[1] et après avoir accueilli 460 000 visiteurs par an, le parc a déposé le bilan le . Il est en redressement judiciaire le pour six mois[9].

Le , le parc bénéficie d'un autre sursis de six mois par le tribunal de commerce de Paris et d'un dernier sursis en date du [9] avant de fermer définitivement ses portes en [11].

À l'image de Ghaith Pharaon avec Mirapolis, l'homme d'affaires libanais d'origine saoudienne Salah Salhab est candidat à la reprise malgré son projet jugé insuffisant par le tribunal de commerce[9].

Jean-Michel Cousteau est vilipendé dans la presse par son père qui déclare :

« Ce n'est pas l'échec du parc, c'est celui de mon fils. Ce n'est pas parce qu'un gosse est né de votre sperme qu'il a les qualités pour vous remplacer »

— « Saga des Cousteau », Le Nouvel Économiste, 20 mars 1993[12],[13],[14],[15].

Le directeur de l'Observatoire national du tourisme Alain Montferrand déclare :

« Le parc Cousteau est typiquement un échec marketing. Le public qui venait voir les poissons était déçu, et le parc n'a jamais su se doter d'une véritable image[2]. »

Après la fermeture, le site est absorbé lors de l'agrandissement du multiplexe UGC Ciné Cité Les Halles situé au-dessous[16]. Plusieurs salles de cinéma sont alors rebâties en gradin[17]. D'importants travaux sont alors entrepris. Par exemple, la destruction d'une baleine en béton dure plus d'une semaine. Le système de transport suspendu du parcours scénique est acheté par le Futuroscope ; celui-ci inaugure en 1995 sa nouvelle attraction Images Studio avec ce système de transport.

Une autre baleine grandeur nature qu'il était possible de visiter de l'intérieur[18] est rachetée par le parc Aquaboulevard et transformée en entrée de toboggan[19].

RéférencesModifier

  1. a b c et d « Le lent démarrage d'un centre de loisirs - Le parc Cousteau entre deux eaux », sur Le Monde, (consulté le ).
  2. a b et c Antoine Colombin, « Les leçons des échecs du Space Camp et du parc Cousteau », sur Les Échos, (version du 8 mars 2022 sur l'Internet Archive).
  3. Julien Brunn et Yasmina Sahli, Écologie et pouvoir : Colloque organisé au parc océanique Cousteau 13, 14, 15 décembre 1989, Paris, La Documentation française, , 197 p. (ISBN 2-11-00-2388-0 et 978-2110023889, OCLC 466245304, BNF 36640719, lire en ligne).
  4. « Parc océanique Cousteau », sur toutlemondeplonge.com (consulté le ).
  5. « John Scott / The Royal Philharmonic Orchestra – Parc océanique Cousteau », sur Discogs (consulté le ).
  6. « John Scott : parc oceanique Cousteau (1989) / Royal Philharmonic Orchestra », sur YouTube (consulté le ).
  7. Isabelle de Gaulmyn, « Échec des tentatives parisiennes de parcs de loisirs », sur Les Échos, (version du 25 novembre 2020 sur l'Internet Archive).
  8. Jacqueline Coignard, « Des affaires à l'eau. Les projets de Cousteau n'ont pas toujours rencontré le succès », sur Libération, (consulté le ).
  9. a b c d et e L. U., « Ultime sursis pour le parc océanique Cousteau », sur Les Échos, (version du 8 août 2020 sur l'Internet Archive).
  10. Marc Vanesse, Jean-Marie Wynants, « Mickey Mouse inaugure Euro business une petite souris à la une », sur Le Soir, (consulté le ).
  11. « Parcs et Attractions », Parcs et Attractions, Sainte-Geneviève-des-Bois, Parcs Passion, no 25,‎ janvier - mars 2009 (lire en ligne)
  12. Marion Festraëts, « Le dernier des Cousteau », sur L'Express, (version du 8 mars 2012 sur l'Internet Archive).
  13. Nathalie Gathié, « La guerre en héritage : succession à Cousteau tirés », sur Le Parisien, (consulté le ).
  14. Didier Péron, « Le Cousteau dans la plaie », sur Libération, (consulté le ).
  15. Hélène Crié-Wiesner, « L'auteur du Monde du silence est mort hier à l'âge de 87 ans. Cousteau prend le large. Explorateur, inventeur, homme de télévision et businessman, Jacques-Yves Cousteau a su montrer la mer comme personne ne l'avait vue auparavant », sur Libération, (consulté le ).
  16. Philippe Chevilley, « Le flop des parcs de loisirs », sur Les Échos, (version du 8 mars 2022 sur l'Internet Archive).
  17. Joseph Canu, « UGC Ciné-Cité Les Halles (Paris 1er) », sur sallesdecinemas.blogspot.be, (consulté le ).
  18. Isabelle Blondel, « Saurez-vous débusquer ces baleines cachées dans Paris ? », sur Le Figaro, (version du 18 février 2018 sur l'Internet Archive).
  19. « L'homme qui grenouille », Libération,‎ (lire en ligne, consulté le ).

AnnexesModifier

Articles connexesModifier

Liens externesModifier