Paméla Hainguerlot

Rose Paméla Hainguerlot de Vatry (1802-1881) est la fille d'un banquier et spéculateur, Pierre-Laurent Hainguerlot (1774-1841), propriétaire du château de Stains (actuel département de la Seine-Saint-Denis), un des fondateurs de la compagnie du canal de l’Ourcq. Elle est l'héritière du Château de Villandry.

Paméla Hainguerlot
Portrait de Rose-Pamela Hainguerlot de vatry.jpg
Portrait de Paméla Hainguerlot dite Madame de Vatry, première moitié du XIXe siècle, collection particulière.
Biographie
Naissance
Décès
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Nationalité
Conjoint

BiographieModifier

Paméla Hainguerlot de Vatry est née le à Ermenonville, et morte le [1].

En épousant en 1821, Alphée Bourdon de Vatry (1793-1871), châtelain de Chaalis (Oise), agent de change, député de la Moselle de 1835 à 1851, et maire de la ville de Stains, Paméla Hainguerlot devient baronne de Vatry, et propriétaire du château de Chaalis[2].

Le couple dispose également de l'hôtel de Vatry rue de Londres à Paris, qui deviendra plus tard le siège de Google France[3].

De 1843 à 1859, Pamela Hainguerlot et son frère Georges Hainguerlot sont les concessionnaires de l’exploitation des canaux de l’Ourcq et de Saint-Denis.

Paméla Hainguerlot fait réaménager l'abbaye de Chaalis; l'aile Ouest, restée inachevée depuis le XVIIIe siècle, et surnommée le « Petit Château », est détruite pour conserver et isoler le « Grand Château », c'est-à-dire l'aile Nord, la seule complète; sa façade Sud est réordonnancée en 1854 par l'architecte du département de l'Oise Désiré-Honoré Bellanger, qui y ajoute simplement trois avant-corps, au milieu et aux extrémités du bâtiment. Paméla Hainguerlot transforme le réfectoire en salle à manger et salon, la cuisine en pièces de réception d'après-chasse. Elle remeuble la demeure de coffres gothiques et Renaissance. Elle fait restaurer la chapelle abbatiale et notamment ses fresques par Paul Balze, peintre élève d'Ingres et collaborateur de Eugène Viollet-le-Duc, reconstitue progressivement le domaine de l'abbaye, le faisant passer de 100 à près de 1 000 hectares et orne le parc de vases de pierre. De nombreuses fêtes et réceptions y sont organisées, accueillant les nombreux amis artistes du couple : les écrivains Théophile Gautier, Ludovic Halévy ou Gérard de Nerval, les peintres Pierre-Luc-Charles Ciceri et Eugène Lami, les compositeurs Giacomo Meyerbeer et Daniel Auber.

 
Cette aquarelle représente la bibliothèque de Châalis du temps de Madame Vatry.

Dans la chapelle Sainte-Marie de Chaalis sont peints les blasons des curés successifs, ainsi que celui de Rose Pamela Hainguerlot-Vatry qui correspond à une figure de type : écartelé aux 1 et 4, d'azur, à un navire d'or; aux 2 et 3, de gueules, à trois besants d'or. Le blason de Bourdon-Vatry était coupé au 1 d'or à la tête de lion, arrachée d'azur; au 2 d'argent à l'ancre d'azur, tortillée d'un câble de sable. La tête de lion or qui surmonte le blason de Chaalis est peut-être un rappel de ce blason alors que les roses font allusion au prénom de Madame Hainguerlot-Vatry[4].

Ayant connu Henri d'Orléans, duc d'Aumale, par son époux qui l'avait côtoyé à Madrid, Madame de Vatry abrite à Chaalis des œuvres appartenant à son voisin, châtelain de Chantilly, intransportables en Angleterre, et qu'elle avait officiellement achetées, dont la statue du Grand Condé par Antoine Coysevox et les boiseries provenant du château d'Écouen, aujourd'hui conservés au musée Condé. Elle reste en contact avec le duc pendant son exil. À son retour en France le , c'est à Chaalis qu'Henri d'Orléans se rend en premier avec son fils.

À la mort de Madame de Vatry en 1882, Chaalis passe à son neveu Arthur Hainguerlot (1833-1892) ; à son décès, sa veuve née Lydia Harvey (1841-1901), hérite du domaine : elle se remarie le avec le prince Joachim Murat (1834-1901) et commence à partir de cette date à résider dans l'ancienne abbaye. Après leur décès, leur succession s'ouvre au printemps 1902. C'est finalement une de ses protégées Nélie Jacquemart qui rachète le domaine[5].

BibliographieModifier

  • Bruno Virey, Madame de Vatry (1802-1881), chez l'auteur, Châlon-sur-Saône, 1992[1]. Ce livre contient un choix de lettres de Mme de Vatry à Jean-Baptiste Virey.
  • L'Intermédiaire des chercheurs et curieux, Numéros 618 à 628, 2004[6]

Notes et référencesModifier

  1. a et b « Paméla de Vatry (1802-1881) », sur data.bnf.fr (consulté le 20 février 2019)
  2. Société d'histoire et d'archéologie Le vieux Montmartre (Paris) Auteur du texte, « Le Vieux Montmartre. Société d'histoire et d'archéologie des IXe et XVIIIe arrondissements... Bulletin mensuel », sur Gallica, (consulté le 21 février 2019)
  3. « Paris Promeneurs - L'hôtel de Vatry Siège de Google France », sur www.paris-promeneurs.com (consulté le 21 février 2019)
  4. Michel Pastoureau, Figures de l'héraldique, Gallimard, (ISBN 2070533654 et 9782070533657, OCLC 410857883, lire en ligne)
  5. « Où sont déposées les archives de M. Bourdon de Vatry ? », sur balises.bpi.fr, (consulté le 21 février 2019)
  6. L'Intermédiaire des chercheurs et curieux, (lire en ligne)

Voir aussiModifier

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