Représentation de Paléoaméricains et d'un Glyptodon, The Wonderful Paleo Art par Heinrich Harder, vers 1920
Outillage des Paléoindiens (Sud-Est des États-Unis)
Arbre génétique des populations amérindiennes[1]

Les Paléoaméricains sont une population d'hommes modernes qui aurait peuplé les Amériques pendant la dernière période glaciaire, avant l'arrivée des Paléoindiens, ancêtres des actuels Amérindiens. Les Paléoaméricains (terminologie anglo-américaine) auraient été de type australoïde, tandis que les Paléoindiens étaient d'origine nord-asiatique et de type mongoloïde[a].

Faune du Pléistocène supérieurModifier

La faune américaine du Pléistocène supérieur comprenait une mégafaune aujourd'hui disparue. Parmi ces animaux vivaient des herbivores comme les équidés (Equus caballus), des camélidés (paléo-lama et guanaco), des mastodontes comme les mammouths, des paresseux géants (Megatherium et Mylodon), des tatous géants comme le Glyptodon et des carnivores tels que le Smilodon (tigre à dents de sabre).

DéfinitionModifier

Les résultats scientifiques de ces vingt dernières années bouleversent les idées traditionnelles sur le premier peuplement de l'Amérique, et donnent de nouvelles orientations sur les différentes vagues de peuplements pré-Clovis du continent américain.

Les Paléoaméricains, de type australoïde, auraient vécu en Amérique à la fin du Pléistocène supérieur, et représenteraient la population du premier Paléolithique supérieur américain[2],[3]. C'était des chasseurs-cueilleurs. Ils auraient précédé les Paléoindiens, de type mongoloïde.

Mode de subsistanceModifier

Près des rivages côtiers, les paléoaméricains se nourrissaient de coquillages[réf. souhaitée]. Fruits et végétaux entraient dans leur alimentation : baies, tubercules et plantes sauvages de téosinte et de maïs.

Analyses crâniologiquesModifier

Crânes dolichocéphales : hypothèse europoïdeModifier

Les restes d'un homme de type europoïde ont été trouvés sur le site de la Grotte de l'esprit, au Nevada. Ils ont été datés entre 11 000 et 8000 av. J.-C..

Des momies furent exhumées sous plusieurs mètres de dépôts de guano, dans la caverne de Lovelock, en 1911, par des exploitants-récolteurs. Elles avaient une apparence de type europoïde (leur grande taille étant un mythe) avec de longs cheveux de couleur rouge ou rouquine certainement due aux conditions chimiques de conservations des momies. Elles furent datées d'environ 5 000 ans par l'analyse au carbone 14. D'autres furent découvertes en 1931 de même type, non loin de la caverne de Lovelock.

Crânes dolichocéphales : hypothèse australoïdeModifier

75 crânes, dont le crâne de Luzia, ont été mis au jour au Brésil dans les années 1970. Leur datation est controversée. Ils seraient de morphologie australoïde.

Les 250 crânes et squelettes de Cerca grande au Brésil, étudiés par Walter Neves et Mark Hubbe (Laboratoire des Études sur l'Evolution Humaine, Département de Génétique et de Biologie évolutive, de l'Institut des Sciences, Université de São Paulo), sont datés dans une fourchette allant de 8 000 ans à 12 000 ans[réf. souhaitée]. Ils auraient la même morphologie australoïde que Luzia.

Les ossements de la Femme de Peñon (environ 13 000 ans), découverts près de Mexico, présentent des caractéristiques dolichocéphales, proches de celles des crânes de Baja California. Certains spécialistes rapprochent ce crâne de ceux de Cerca grande ou de Luzia.

Les fouilles du site de la Caverne de Babisuri, en Basse-Californie (Mexique), ont livré de nombreux artefacts (outils, bois brûlés, coquillages travaillés), dont la datation pourrait aller jusqu'à 40 000 ans. Plusieurs dizaines de squelettes datés de 13 000 à 15 000 ans ont été découverts par des équipes d'archéologues mexicains, américains, britanniques et japonais, dans la même région de Baja California. Les sites préhistoriques de Baja California, riches en peintures pariétales, livrent des ossements dont les crânes semblent indiquer une parenté avec celui de la Femme de Peñon, ainsi qu'avec les autres restes humains découverts dans la région centrale de Mexico, comme ceux de l'Homme du métro Balderas (11 000 ans). L'Homme de Tlapacoya (District de Mexico), daté de 11 000 ans, possède un crâne dolichocéphale et s'apparente à la Femme de Peñon.

Crânes mésocéphales : hypothèse localeModifier

La femme de Tepexpan, datée de 11 000 ans, et l'Homme de Chimalhuacán (11 000 ans) ont été découverts dans l'État de Mexico. L'hypothèse d'un éventuel type local a été émise récemment. Ces ossements sont pour certains spécialistes à rapprocher de ceux de la femme de Peñon et des fossiles de Baja California.

Données génétiquesModifier

En 2018, une étude de l'ADN de deux squelettes fossiles de nourrissons, trouvés à Upward Sun River (en), en Alaska, a mis en évidence la présence il y a 11 500 ans d'une population dite basale, c'est-à-dire dont les gènes ne se retrouvent pas dans les populations amérindiennes actuelles, mais qui demeure toutefois d'origine nord-asiatique[4].

Selon cette même étude, les Paléoindiens d'Amérique du Nord et d'Amérique du Sud se seraient génétiquement séparés il y a environ 16 000 ans, à partir d'une souche commune située au sud de l'Amérique du Nord, ce qui implique une arrivée des Paléoindiens en Amérique nettement antérieure à la période Clovis[4]. Cette estimation jette également le doute sur l'attribution morphologique des crânes ou squelettes fossiles d'âge postérieur trouvés sur le continent.

Une étude génétique de Cosimo Posth et al., publiée en 2018 dans la revue Cell, ayant séquencé l'ADN extrait de fossiles provenant de Lagoa Santa, dans le Minas Gerais (Brésil), un ensemble de sites préhistoriques incluant celui de Luzia, montre que ces spécimens ont une origine amérindienne. Deux d'entre eux ont le même haplogroupe d’ADNmt (D4h3a) que Anzick-1, nom de restes fossiles datés de plus de 12 000 ans trouvés dans le Montana (États-Unis). D'autres spécimens de Lagoa Santa appartiennent à l'haplogroupe des ADNmt A2, B2, C1d1, et trois des individus de Lagoa Santa ont le même haplogroupe de chromosome Y (Q1b1a1a1 - M848) que la momie de Spirit Cave (en) (États-Unis), datée de 10 600 ans[5].

Selon André Strauss, de l'Institut Max-Planck, « La forme du crâne n'est pas un marqueur fiable d'ascendance ou d'origine géographique. La génétique est la meilleure base pour ce type de déduction. » Les résultats de l'étude de Cosimo Posth montrent l'absence complète de lien entre les spécimens de Lagoa Santa analysés et les populations d'Australasie. Au contraire, la génétique montre que les individus de Lagoa Santa étaient complètement amérindiens[6].

Notes et référencesModifier

NotesModifier

  1. Le préfixe paléo provient du Grec palaios (παλαιός) et signifie ancien

RéférencesModifier

  1. (en) Genetic Variation and Population Structure in Native Americans, Sijia Wang et alii, 2007
  2. Pierre-André Bourque (Université de Laval) Planète Terre (2010) - Les glaces du Pléistocène [1]
  3. Pierre-André Bourque (Université de Laval) Planète Terre (2010) - Le retrait des glaces wisconsiniennes, les Grands Lacs, la Mer de Champlain et le fleuve Saint-Laurent [2]
  4. a et b (en) J. Víctor Moreno-Mayar et al., « Terminal Pleistocene Alaskan genome reveals first founding population of Native Americans », Nature,‎ (lire en ligne)
  5. (en) Cosimo Posth, Nathan Nakatsuka, Iosif Lazaridis, Lars Fehren-Schmitz, Johannes Krause et al., « Reconstructing the Deep Population History of Central and South America », Cell, vol. 175, no 5,‎ , p. 1185-1197, article no e22 (DOI 10.1016/j.cell.2018.10.027)
  6. (en) Fundação de Amparo à Pesquisa do Estado de São Paulo, « The new face of South American people »,

BibliographieModifier

  • Dortier Jean-François, 2006, Peuplement de l'Amérique : surprenantes découvertes, dans Sciences humaines n°168, février 2006
  • Hey Jody, 2005, On the Number of New World Founders : A Population Genetic Portrait of the Peopling of the Americas, Public Library of Science Biology, 3, 6:e193, Plos Biology, [3]
  • Meltzer David J., 2009, First peoples in a new world : colonizing ice age America, University of California, Berkeley, (ISBN 0-520-25052-4)
  • Neves Walter A., Mark Hubbe, Luís Beethoven Piló, 2007, Early Holocene human skeletal remains from Sumidouro Cave, Lagoa Santa, Brazil : History of discoveries, geological and chronological context, and comparative cranial morphology, Journal of Human Evolution, 52, 1, January 2007, 16–30 [4]

Voir aussiModifier

Articles connexesModifier

Liens externesModifier