Nicolás de Piérola

Nicolás de Piérola
Illustration.
Portrait officiel du président Nicolás de Piérola.
Fonctions
Président de la République du Pérou

(4 ans)
Élection
Vice-président Guillermo Billinghurst
Premier ministre Manuel Yrigoyen Arias
Manuel Pablo Olaechea Guerrero
Enrique de la Riva Agüero
José Jorge Loayza
Prédécesseur Manuel Candamo Iriarte
Successeur Eduardo López de Romaña

(2 ans et 5 jours)
Élection
Vice-président Francisco García Calderón
Premier ministre Aurelio Denegri Valega
Camilo N. Carrillo Martínez
Aurelio García y García
Prédécesseur Mariano Ignacio Prado (chef suprême de la république)
Successeur Francisco García Calderón
Biographie
Date de naissance
Lieu de naissance Arequipa
Date de décès (à 74 ans)
Lieu de décès Lima
Parti politique Parti démocratique
Père Nicolás Fernández de Piérola y Flores
Conjoint Princesse Jesusa de Iturbide
Enfants Pedro José de Piérola

Nicolás de Piérola
Présidents de la République du Pérou

Nicolás de Piérola, né le à Arequipa, et mort le à Lima, est un homme d'État péruvien, président du Pérou de 1879 à 1881, puis de 1895 à 1899.

BiographieModifier

JeunesseModifier

Nicolás de Piérola est né et éduqué dans la ville d'Arequipa, au sud du Pérou. Il se rend ensuite à la capitale, Lima, pour mener des études de théologie, au Séminaire de Santo Toribio, et de droit à la Faculté de Lima.

Ses parents meurent en 1857.

Il se marie à Doña Jesusa de Iturbide, la fille du prince Agustin Jerónimo de Iturbide y Huarte, fils de l'empereur du Mexique Agustín de Iturbide.

Carrière politiqueModifier

Ministre des Finances (1868 - 1871)Modifier

De 1868 à 1871, il est ministre des Finances sous la présidence de José Balta. Il reçoit du Parlement des pouvoirs étendus afin de négocier avec plusieurs compagnies occidentales l'exploitation de la production de guano. Un traité est ainsi signé avec la société française d'Auguste Dreyfus. Le traité garantit à la maison Dreyfus un monopole sur les exportations péruviennes de guano. Plus tard, Nicolás de Piérola est accusé de concussion à la suite de cet accord, avant d'être blanchi.

Rébellion et coup d'ÉtatModifier

À la fin des années 1870, Nicolás de Piérola mène une rébellion farouche contre le président Mariano Ignacio Prado. Ainsi, en , un groupe de rebelles dépendant de Piérola s'empare du navire militaire Huascar, et l'utilise notamment pour inspecter des navires britanniques. Avec la bénédiction du gouvernement péruvien, la Royal Navy capture alors le Huascar lors du Combat de Pachoca, avant de le rendre aux autorités.

En , il profite du voyage en Europe du président Prado (parti négocier l'achat d'armes, le Pérou étant alors, depuis quelques mois, en guerre avec le Chili) pour mener avec succès un coup d'État, et s'autoproclame le 23 Commandant suprême de la République (Jefe supremo de la Republica).

Président de la République (1879 - 1881)Modifier

 
Piérola, pendant son premier mandat.

Nicolás de Piérola, après s'être assuré de la loyauté des troupes de la capitale, Lima, cherche à affermir son nouveau pouvoir. Il lance ainsi une implacable campagne de censure de la presse (El Comercio, le plus ancien journal de la capitale ne paraît pas durant trois ans, par exemple). L'armée est purgée, et, dans plusieurs cas, la hiérarchie militaire est ignorée au profit des officiers fidèles à Piérola (et au détriment de l'expérience militaire) : le général Andrés Avelino Cáceres (futur président du Pérou) et l'amiral Lizardo Montero voient ainsi leur influence diminuer (la disgrâce ne sera cependant que temporaire pour Cáceres).

Dans le même temps, les négociations de paix avec le Chili échouent, et les forces armées chiliennes envahissent le Pérou. Santiago, qui ne reconnaît pas Piérola, installe en 1880 Francisco García Calderón à la « présidence » de l'État péruvien. Mais Calderon, soutenu par les États-Unis, se retourne contre le Chili auquel il n'accorde aucune concession territoriale. Furieux, le Chili dissout son gouvernement fantoche et marche sur Lima en , contraignant Nicolás de Piérola à fuir à Ayacucho. Andrés Avelino Cáceres refuse la défaite et rejoint Piérola, qui le nomme chef militaire des départements du centre du pays, toujours gouvernés par Piérola. Mais, malgré quelques batailles victorieuses menés par Cáceres, les Chiliens résistent, et, refusant naturellement de reconnaître Piérola, installent leur gouvernement (avec, notamment, la présidence de Miguel Iglesias en 1883). Nicolás de Piérola préfère démissionner le , laissant ce qui reste de son pouvoir et de ses forces à Cáceres, qui rallie finalement Iglesias en 1884 (avant de lui disputer, avec succès, le pouvoir).

Opposition et reconstructionModifier

Dès 1882, Nicolás de Piérola fonde le Parti démocratique du Pérou et entre dans l'opposition. En , il soutient Andrés Avelino Cáceres à la présidence, espérant lui succéder (un président ne pouvant alors, selon la Constitution en vigueur, se succéder à lui-même). Mais, en 1890, peu désireux de lâcher les rênes, Cáceres installe au pouvoir un de ses intimes, le général Remigio Morales Bermudez, puis est à nouveau élu en 1894.

Redevenu fort politiquement, grâce, notamment, à une alliance avec le parti civiliste, Nicolás de Piérola conteste la réélection de Cáceres, et parvient à l'évincer à l'issue d'une courte guerre civile de 1894-95. Il prend de fait le pouvoir en mars 1895, bien que l'intérim soit officiellement assuré par Manuel Cansamo Iriarte, puis accède officiellement à la présidence le .

Président de la République (1895 - 1899)Modifier

 
Piérola en 1897.

Il est généralement considéré que le mandat de Nicolás de Piérola marque le début, au Pérou, de la « République aristocratique », une période durant laquelle l'élite politique et économique du pays est la seule et indiscutable classe dominante. Cette ère est caractérisée par l'entreprise de reconstruction du Pérou, dévasté par des années de guerre, par le biais de profondes réformes militaires, religieuses, sociales, économique et fiscales. Nicolás de Piérola est ainsi l'artisan d'une réforme monétaire (Libra Peruana), qui garantit enfin aux Péruviens une monnaie stable.

En 1899, Nicolás de Piérola, ne pouvant se représenter, laisse le pouvoir à Eduardo López de Romaña, un membre du parti civiliste.

Fin de vie et mortModifier

Après son départ de la présidence, l'influence politique de Nicolás de Piérola diminue.

Il meurt à Lima le .

Notes et référencesModifier