Ngarlejy Yorongar

homme politique tchadien

Ngarlejy Koji Yorongar Le Moinban est un homme politique tchadien. Il est le Coordinateur du Groupe parlementaire de la Fédération, Action pour la République(FAR), un parti d'opposition radicale, ainsi qu'un Député à l'Assemblée Nationale du Tchad[1].

Début de carrièreModifier

Avant d'entrer en politique, Yorongar travaillait dans la fonction publique tchadienne. Son premier emploi était à N'Djamena au ministère des Finances; de là, il devint successivement adjudant du sous-préfet de Moundou, sous-préfet de Mbaïnarmar, premier adjudant du préfet puis préfet du Guéra. A ce moment, Yorongar passa à travailler au Tchad, d'abord comme consultant à Paris auprès de l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), puis comme directeur du Bureau africain des sciences de l'éducation (BASE) à Kisangani (Zaïre). en tant que directeur de l'Institut International des Assurances (IIA) à Yaoundé (Cameroun)[réf. nécessaire].

Sous Hissène Habré, il est commissaire aux armées[2].

Carrière politiqueModifier

La première de ses nombreuses arrestations à caractère politique a eu lieu en mars 1994, lorsqu'il a été détenu pendant cinq jours. Yorongar a participé à l'élection présidentielle de juin 1996 et a obtenu 2,08 % du vote populaire (dixième place) au premier tour. Le 3 juillet 1996, il a été arrêté sans mandat d'arrestation, et il aurait été battu et détenu sans inculpation plus longtemps que ce qui était légalement permis. Finalement, il a été accusé de faire campagne illégalement pour Wadel Abdelkader Kamougué, l'un des candidats au second tour de l'élection présidentielle, et de s'engager dans le trafic d'armes avec les rebelles. Ces accusations ont ensuite été rejetées et il a été libéré[3].

Au premier tour des élections législatives de 1997, Yorongar est élu député à l'Assemblée nationale en tant que candidat FAR. Il est le seul candidat FAR à obtenir un siège à l'élection.

Dans un entretien en juillet 1997, il accuse Kamougué, alors président de l'Assemblée nationale, d'avoir reçu un pot-de-vin de 15 millions de francs d'Elf, partenaire du projet de développement pétrolier et de pipeline Tchad-Cameroun. Par ailleurs, il accuse le président Idriss Déby de népotisme dans la gestion de l'industrie pétrolière[4]. Kamougué accuse Yorongar de diffamation et, le 26 mai 1998, Yorongar est privé de son immunité parlementaire. Il est arrêté le 4 juin et mis en prison[4]. Le 20 juillet, après un procès jugé injuste par Amnesty International, il est reconnu coupable de diffamation et condamné à trois ans d'emprisonnement et à une amende de 500 000 francs CFA. Il est libéré après huit mois de détention le 5 février 1999.

En 2001, il est candidat à l'élection présidentielle du Tchad[5]. D'après Jeune Afrique, il récolte près de 14 % des voix. Et en 2006, Ngarlejy Yorongar boycotte le scrutin du 3 mai, mais conserve son mandat de député[6].

En mars 2008, il s'exile en France. Il affirme avoir été arrêté par le président Idriss Déby et détenu, au secret, durant près d'un mois[7]. D'après Le Point, M. Yorongar « faisait partie des trois opposants arrêtés en février 2008 dans des conditions encore mal élucidées »[8]. Yorongar annonce qu'un autre opposant Ibni Oumar Mahamat Saleh est probablement mort. Il explique l'avoir vu être tabassé. Il affirme que lui aussi a été tabassé lors de son arrestation. D'après L'Obs, le récit de Yorongar est confirmé par d'autres témoignages. Son arrestation le 3 février 2008 par les services de sécurité tchadien s'est déroulée après une offensive rebelle sur N'Djamena. François Fillon, premier ministre français, déclare que la France, qui soutient le président Idriss Déby, accordera l'asile politique à Ngarlejy Yorongar, opposant à Idriss Déby. Mais Yorongar répond que ce n'est pas le moment, sa priorité étant d'être soigné, d'autant plus qu'il craint avoir été empoisonné[9],[10].

En mars 2011, avec Saleh Kebzabo et Wadal Abdelkader Kamougué, deux autres principaux opposants au président tchadien Idriss Deby Itno, il appelle au boycott des élections présidentielles du 24 avril 2011 et annonce qu'il suspend sa participation[11]. Les trois opposants estiment que les élections législatives ont été marquées par des fraudes et des irrégularités[12]. Pour les élections présidentielles, ils « demandent solennellement à leurs compatriotes de ne pas se rendre aux urnes pour avaliser cette grande mascarade électorale »[11].

En 2016, Ngarlejy Yorongar, toujours député de l'opposition, porte plainte en France pour enlèvement, séquestration et torture, qu'il aurait subis en février 2008. Deux autres opposants ont disparu à cette époque. Ses avocats présentent des certificats médicaux qui, d'après eux, sont une preuve que Ngraledjy Yorngar a des séquelles corroborant sa description des faits. La plainte vise notamment l’ancien ministre tchadien de l’intérieur ainsi que l’ancien responsable de l’Agence tchadienne de sécurité Ismaël Mahamat Chaïbo. D'après Africanews, « la torture relevant de la compétence universelle », la justice française a la capacité de poursuivre les responsables présumés, qui possèdent des résidences en France. Des proches d'Ismaël Mahamat Chaïbo mettent en doute les motivations de cette plainte, demandant pourquoi cette dernière n'a pas été déposée après sa libération fin février 2008. Ils estiment qu'il s'agit d'un coup médiatique[13].

 
Ngarlejy Yorongar, homme politique tchadien

Notes et référencesModifier

  1. « Invité Afrique - Ngarleji Yorongar: au Tchad, «la Céni est une émanation de Déby» », RFI,‎ (lire en ligne, consulté le 20 avril 2018)
  2. « Invité Afrique - Ngarléjy Yorongar, opposant tchadien », RFI,‎ (lire en ligne, consulté le 21 mai 2018)
  3. « Rapport de la Mission d'Observation du deuxième tour des élections législatives du 23 février 1997 »
  4. a et b « Justice du prince à N'Djamena », L'Humanité,‎ (lire en ligne, consulté le 21 mai 2018)
  5. « Le président sortant Idriss Deby a été sans surprise réélu avec 88,66% des voix dès le 1er tour de la présidentielle », Franceinfo,‎ (lire en ligne, consulté le 21 mai 2018)
  6. « Ngarlejy Yorongar – JeuneAfrique.com », JeuneAfrique.com,‎ (lire en ligne, consulté le 21 mai 2018)
  7. « RFI - Ngarlejy Yorongar : «Idriss Déby a roulé tout le monde dans la farine» », sur www1.rfi.fr (consulté le 21 mai 2018)
  8. Le Point, magazine, « Tchad: deux députés inculpés après un complot présumé contre le pouvoir », Le Point,‎ (lire en ligne, consulté le 21 mai 2018)
  9. « Ibni est probablement mort, selon l'opposant Yorongar », L'Obs,‎ (lire en ligne, consulté le 21 mai 2018)
  10. « L'opposant tchadien Ngarlegy Yorongar est arrivé à Paris », sur Le Monde.fr (consulté le 21 mai 2018)
  11. a et b « Tchad : trois opposants appellent au boycott de la présidentielle », sur Le Monde.fr (consulté le 21 mai 2018)
  12. Le Point, magazine, « Tchad: Deby réélu sans surprise lors d'une présidentielle contestée », Le Point,‎ (lire en ligne, consulté le 21 mai 2018)
  13. AfricaNews, « L'opposant tchadien Ngarledji Yorongar porte plainte en France | Africanews », Africanews,‎ (lire en ligne, consulté le 21 mai 2018)