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Nezha Hayat
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Biographie
Naissance
Nom dans la langue maternelle
نزهة حياةVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Activités
Autres informations
Distinction
Officier de l'ordre du Trône (d) ()Voir et modifier les données sur Wikidata

Nezha Hayat, née en 1963, est une financière et une femme d’affaires marocaine, placée en 2016 à la tête de l’Autorité marocaine du marché des capitaux, l’AMMC. Elle se montre également active pour renforcer la présence féminine dans les plus hautes instances des entreprises privées et publiques du royaume.

BiographieModifier

Née en 1963 à Casablanca[1],[2], ainée d’une fratrie de sept enfants, dont cinq filles, son père est haut fonctionnaire et veut doter ses enfants d’une bonne formation, y compris les filles, avec des ouvertures sur la culture, le sport et les langues étrangères. La famille passe de Casablanca à Marrakech, puis à Tanger[3]. Lauréate d’un baccalauréat C obtenu à la Mission française, elle poursuit en classe préparatoire au concours d’entrée à HEC au lycée Sainte-Geneviève. Puis elle rentre à l’ESSEC Paris[3].

Sa carrière professionnelle commence dans le milieu de la finance espagnole, au milieu des années 1980 , sur les risques internationaux, notamment en Amérique du Sud. Elle y découvre les marchés des capitaux internationaux. Certains pays d’Amérique latine ne payant alors plus leurs dettes souveraines, elle se retrouve à conseiller des établissements et gérer des swaps de dettes, dans un marché de gré à gré qui n’est pas régulé[3]. Voulant revenir au Maroc, elle choisit au début des années 1990, d’y travailler au sein de BNP Paribas. C’est ainsi qu’en 1993, elle intègre à Tanger la filiale offshore de cette banque française[2]. En 1995, elle entre à la Société générale à Casablanca, alors que les marchés de capitaux marocains viennent d’être réformés, avec privatisation de certains établissements, création de sociétés de bourse, d’OPCVM, etc. [3]. Elle rejoint le conseil d’administration de la Bourse des valeurs de Casablanca et participe à la mutation de ce marché, privatisé, et à son développement[4]. Entre 1992 et 1996, la capitalisation boursière quadruple presque, au Maroc, passant de 2,4 milliards à 8,6 milliards de dollars[5].

En parallèle, elle occupe durant deux mandats successifs la présidence de l’Association professionnelle des sociétés de bourse (APSB). Durant son mandat, elle s’emploie à maintenir et amplifier le développement du marché boursier marocain, et obtient, notamment, la mise en place de mesures incitatives pour les sociétés entrant en bourse[3]. De par son rôle au sein de l’APSB, Mme Hayat siège également au Conseil national de la Confédération générale des entreprises du Maroc (CGEM), l’organisation patronale. C’est aussi l’occasion de participer à la création de l’Association des femmes chef d’entreprises, AFEM. Elle est également la première femme à rejoindre le directoire d’une banque, en l’occurrence la Société Générale Maroc, en 2007[4],[6].

Convaincue que la présence de femmes est un critère de bonne gouvernance des sociétés, elle est l’une des cinq fondatrices du Club des femmes administrateurs d’entreprises au Maroc, CFA Maroc[4], qui veut remettre en cause ce « plafond de verre », dans les conseils d’administration des sociétés publiques et privées, qui semble bloquer la montée en responsabilité des dirigeantes féminines[2]. Le Club des femmes administrateurs déploie son lobbying à partir de 2012, soutenu par le Women Corporate Directors, association regroupant au monde le plus grand nombre de femmes administrateurs[3].

Miriem Bensaleh-Chaqroun, présidente de la CGEM, et de la même génération, joue également un rôle décisif dans la création de CFA Maroc, et son importance dans le paysage économique marocain, en cooptant sa présidente au sein du conseil d’administration du Patronat marocain, pour y poursuivre la sensibilisation de ce patronat sur le sujet de la représentativité féminine. Par ailleurs, une circulaire de Bank Al-Maghrib, la banque centrale marocaine, impose de nommer des femmes dans les conseils d’administration des institutions bancaires et financières dont elle a la tutelle[3].

En 2016, Nezha Hayat est nommée, par le roi du Maroc, à la tête de l’Autorité marocaine du marché des capitaux, l’AMMC. Elle prend ainsi une responsabilité dans cet organisme public récent. Il a été institué en 2013 par une loi mais il ne démarre réellement qu'avec sa nomination, et se substitue au CDVM, Conseil déontologique des valeurs mobilières, avec une indépendance plus forte par rapport au pouvoir exécutif et un périmètre plus large. Nezha Hayat passe ainsi du secteur privé au secteur public, et d’un opérateur financier à l’organisme chargé de contrôler ces opérateurs[1].

RéférencesModifier

  1. a et b Stéphanie Wenger, « Les virtuoses de la finance. Nezha Hayat. Au chevet des marchés », Jeune Afrique, no Hors-série N°44 spécial Finance,‎ , p. 102-105
  2. a b et c « Nezha Hayat, des bancs de l'ESSEC à la tête de l'Autorité marocaine du marché des capitaux (Portrait) », Huffington Post,‎ (lire en ligne)
  3. a b c d e f et g (en) Afifa Dassouli, « Nezha Hayat, au top management par l’engagement et la combativité », La Nouvelle Tribune,‎ (lire en ligne)
  4. a b et c Amine Larbi, « 8 femmes marocaines dans le top 25 des femmes africaines les plus puissantes. Nezha Hayat - 49 ans, membre du directoire de Société générale Maroc », Lemag,‎ (lire en ligne)
  5. Jean-Pierre Tuquoi, « Casablanca, une place financière est née », Le Monde,‎ (lire en ligne)
  6. (en) « Moroccan Women Have 'Greater Opportunities' In Business », NPR,‎ (lire en ligne)