Nella Larsen

femme de lettres, bibliothécaire et infirmière américaine

Nellallitea "Nella" Larsen (née le sous le nom de Nellie Walker à Chicago et morte le à Brooklyn) aussi connue sous son nom de mariage Nella Imes, est une infirmière, bibliothécaire, une romancière et nouvelliste afro-américaine, figure littéraire du mouvement de la Renaissance de Harlem.

Nella Larsen
Image dans Infobox.
Nella Larsen en 1928.
Biographie
Naissance
Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 72 ans)
BrooklynVoir et modifier les données sur Wikidata
Sépulture
Nom de naissance
Nella WalkerVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Domicile
Tompkinsville (en)Voir et modifier les données sur Wikidata
Formation
Activités
Conjoint
Elmer Imes (en)Voir et modifier les données sur Wikidata
Autres informations
Mouvement
Distinctions
Prix de la fondation William E. Harmon pour accomplissement exceptionnel parmi les Afro-Américains (en)
Bourse Guggenheim ()Voir et modifier les données sur Wikidata
Archives conservées par

BiographieModifier

Jeunesse et formationModifier

Nella Larsen est la fille de Peter Walker, un cuisinier caribéen et de Mary Hanson Walker, une couturière danoise[1],[2],[3]. Son père meurt d'un infarctus cardiaque et sa mère se remarie avec Peter Larsen[4].

Après ses études secondaires, à l'âge de 16 ans, en 1907, Larsen entre à l'université Fisk, de Nashville au Tennessee. De 1909 à 1912, elle vit avec sa mère au Danemark où elle suit des cours à l'université de Copenhague avant de retourner aux États-Unis. Elle obtient en 1915 son diplôme d'infirmière à l'école de soins infirmiers du Lincoln Hospital (Bronx) (en). De 1922 à 1923, elle suit des cours pour devenir bibliothécaire à la Library School (école de bibliothéconomie) de la New York Public Library[5].

CarrièreModifier

Elle est embauchée comme infirmière au Tuskegee Institute à Tuskegee (Alabama). Elle y fait la rencontre de Booker T. Washington. Elle retourne vivre à New York et épouse Elmer Imes (en), un docteur en sciences physiques, en 1919. Le couple s'installe dans le quartier de Harlem.

Nella Larsen travaille comme infirmière au Lincoln Hospital, puis, après l'épidémie de grippe espagnole qui frappe New York, elle travaille comme bibliothécaire à l'annexe de la Bibliothèque publique de New York située à la 135e rue[4]. Elle se fait des relations parmi les artistes, écrivains et intellectuels afro-américains faisant partie du mouvement de la Renaissance de Harlem comme W.E.B. Du Bois, Langston Hughes, James Weldon Johnson, Jessie Redmon Fauset et Walter White qui revendiquent leur double héritage culturel noir et blanc[6].

Elle se consacre entièrement à l'écriture dès 1926 : elle publie en 1928[7] Quicksand, un roman autobiographique, puis Passing en 1929[8], qui connait un grand succès. Elle publie une nouvelle Sanctuary où elle est accusée d'avoir plagié la nouvelle de Sheila Kaye-Smith (en), Mrs Adis, controverse où en fait il s'agirait davantage d'une adaptation. Le style de la nouvelle étant propre à celui de Larsen, la critique littéraire fait taire les accusations de plagiat[9],[10],[11].

Après son divorce en 1933, elle part vivre à New York et grâce à la pension alimentaire que lui verse son ex-mari, elle se consacre à la littérature et fréquente Greenwich Village, capitale intellectuelle de New York[2].

Elmer Imes, décède en 1941 des suites d'un cancer de la gorge[12]. Ne touchant plus de pension alimentaire, Nella Larsen déménage pour s’installer sur la seconde avenue de New York et reprend ses activités d'infirmière pour subvenir à ses besoins. Elle travaille successivement au Gouverneur Health (en), puis au Beth Israel Medical Center. N'écrivant plus, elle tombe dans l'oubli. Elle décède des suites d'une défaillance cardiaque dans son appartement le et elle est enterrée le [2],[13]. Sa disparition passe inaperçue. Le New York Times, dans un article du , regrette de ne pas avoir fait sa notice nécrologique[14].

Vie privéeModifier

En 1919, elle épouse le professeur et chercheur en sciences physiques Elmer Samuel Imes. Imes ayant une aventure avec Ethel Gilbert, le couple divorce en 1933. Ils n'ont pas d'enfant[15].

Nella Larsen repose au cimetière de Cypress Hills de Brooklyn[16].

ArchivesModifier

La correspondance de Nella Larsen est déposée et consultable à la New York Public Library[17].

DistinctionsModifier

ŒuvresModifier

Langue originaleModifier

  • (en-US) Quicksand, Martino Fine Books, 1928, réédition 17 mars 2011, 132 p. (ISBN 1891396994)[20]
  • (en-US) Passing, Penguin, 1929, rééd. 24 avril 2003, 122 p. (ISBN 0142437271)[21],[22]
  • (en-US) The Complete And Unabridged Fiction Of Nella Larsen, Wilder Publications, 1992, réédition du 20 février 2010, 202 p. (ISBN 1604599901)
  • (en-US) The Nella Larsen Collection; Quicksand, Passing, Freedom, the Wrong Man, Sanctuary, Bottom of the Hill Publishing, , 232 p. (ISBN 1935785753)
  • (en-US) The Short Fiction of Nella Larsen, Wilder Publications, réédition du 3 avril 2018, 48 p. (ISBN 1515432440)

Traduction françaiseModifier

  • Passer la ligne, ACFA Éditions Marseille, 2009. Traduction française de Passing par Jocelyne Rotily, publié pour la première fois aux États-Unis par Alfred A. Knopf, New York, 1929.
  • Clair-obscur, Flammarion, coll. Climats, 2010. Traduction française de Passing par Guillaume Villeneuve, préface de Laure Murat.
  • Sables mouvants, Éditions La Cheminante, 2015, Collection "Harlem Renaissance", traduction française par Florence Canicave. Titre original : Quicksand, Alfred A. Knopf, New York, 1928.

Notes et référencesModifier

  1. (en) « Nella Larsen | American author », sur Encyclopedia Britannica (consulté le 25 novembre 2019)
  2. a b et c (en-US) « Nella Larsen | Encyclopedia.com », sur www.encyclopedia.com, (consulté le 25 novembre 2019)
  3. (en-US) « Nella Larsen Biography at Black History Now », sur Black Heritage Commemorative Society (consulté le 25 novembre 2019)
  4. a et b (en-US) « Nella Larsen Biography at Black History Now », sur Black Heritage Commemorative Society (consulté le 25 novembre 2019)
  5. (en-US) Karin Roffman, « Nella Larsen, Librarian at, 135 th Street », Modern Fiction Studies, Vol. 53, No. 4,‎ , p. 752-787 (lire en ligne)
  6. (en-US) Margo Jefferson, « ON WRITERS AND WRITING; Authentic American », The New York Times,‎ (ISSN 0362-4331, lire en ligne, consulté le 25 novembre 2019)
  7. (en-US) Doris Richardson Johnson, « Nella Larsen (1891-1963) • BlackPast », sur BlackPast, (consulté le 25 novembre 2019)
  8. (en) « Passing - Oxford Reference », sur www.oxfordreference.com (DOI 10.1093/oi/authority.20110803100309324, consulté le 25 novembre 2019)
  9. (en-US) Mollie Godfrey, « Rewriting White, Rewriting Black: Authentic Humanity and Authentic Blackness in Nella Larsen’s “Sanctuary” », MELUS, Volume 38, N° 4,,‎ , p. 122–145 (lire en ligne)
  10. (en-US) Kelli A. Larson, « Surviving the Taint of Plagiarism: Nella Larsen's "Sanctuary" and Sheila Kaye-Smith's "Mrs. Adis" », Journal of Modern Literature, Vol. 30, N° 4,,‎ , p. 82-104 (lire en ligne)
  11. (en-US) Hildegard Hoeller, « Race, Modernism, and Plagiarism: The Case of Nella Larsen's "Sanctuary" », African American Review, Vol. 40, N° 3,‎ , p. 421-437 (lire en ligne)
  12. (en-US) Robert Fikes, « Elmer Samuel Imes (1883-1941) • BlackPast », sur BlackPast, (consulté le 25 novembre 2019)
  13. (en-US) Bonnie Wertheim, « Nella Larsen Wrestled With Race and Sexuality in the Harlem Renaissance », The New York Times,‎ (ISSN 0362-4331, lire en ligne, consulté le 25 novembre 2019)
  14. (en-US) Amisha Padnani, « How an Obits Project on Overlooked Women Was Born », The New York Times,‎ (ISSN 0362-4331, lire en ligne, consulté le 25 novembre 2019)
  15. (en-US) « Elmer Samuel Imes | Encyclopedia.com », sur www.encyclopedia.com (consulté le 25 novembre 2019)
  16. (en-US) « Nella Larsen Imes », sur Find a Grave
  17. (en-US) « archives.nypl.org -- Nella Larsen Letters », sur archives.nypl.org (consulté le 25 novembre 2019)
  18. (en-US) « African American Odyssey », sur memory.loc.gov (consulté le 25 novembre 2019)
  19. (en-US) « John Simon Guggenheim Foundation | Nella Larsen » (consulté le 25 novembre 2019)
  20. Nella Larsen, Quicksand, Blacksburg, Va. : Wilder Publications, (lire en ligne)
  21. (en-US) « In Nella Larsen’s ‘Passing,’ Whiteness Isn’t Just About Race », sur Electric Literature, (consulté le 25 novembre 2019)
  22. Nella Larsen, Passing, New York & London, A. A. Knopf, (lire en ligne)

Voir aussiModifier

Bibliographie (sélective)Modifier

  • (en-US) Kathy Elaine Anderson, « Quicksand (For Nella Larsen) », Callaloo, N° 5,‎ , p. 90 (lire en ligne)
  • (en-US) Yves W. A. Clemmen, « Nella Larsen's "Quicksand" a Narrative of Difference », CLA Journal, Vol. 40, N° 4,‎ , p. 458-466 (lire en ligne)
  • (en-US) George Hutchinson, « Nella Larsen and the Veil of Race », American Literary History, Vol. 9, N° 2,‎ , p. 329-349 (lire en ligne)
  • (en-US) Nell Sullivan, « Nella Larsen's Passing and the Fading Subject », African American Review, Vol. 32, N° 3,‎ , p. 373-386 (lire en ligne)
  • (en-US) John K. Young, « Teaching Texts Materially: The Ends of Nella Larsen's "Passing" », College English, Vol. 66, N° 6,‎ , p. 632-651 (lire en ligne)
  • (en-US) Karin Roffman, « Nella Larsen, Librarian at 135Th street », Modern Fiction Studies, Vol. 53, N° 4,‎ , p. 752-787 (lire en ligne)
  • (en-US) Sami Schalk, « Transing: Resistance to Eugenic Ideology in Nella Larsen's Passing », Journal of Modern Literature, Vol. 38, N° 3,‎ , p. 148-161 (lire en ligne)
  • Lamia Mokrane Touati, L'altérité et la vulnérabilité dans les romans de Nella Larsen, Université Côte d’Azur, , 344 p. (lire en ligne)

Articles connexesModifier

Liens externesModifier