Moteur série M Citroën

Le moteur série M est un moteur thermique automobile à combustion interne, décliné en essence et diesel quatre temps, avec quatre cylindres en ligne chemisés, bloc en fonte, refroidi par eau, doté d'un vilebrequin cinq paliers, avec arbre à cames latéral commandé par chaîne de distribution ou cascade de pignons (pour les diesel atmosphériques jusque ). Il est coiffé d’une culasse en aluminium avec huit soupapes commandées par culbuteurs à réglage manuel. Développé et produit par Citroën de 1974 à 1991.

Moteur série M Citroën
Moteur CX 2000.JPG
Le moteur d'une CX 2000 de 1979.

Constructeur
Caractéristiques techniques
Refroidissement
Eau


Caractéristiques et évolutionModifier

 
Le moteur « série M » a été appliqué dans la gamme de Citroën CX.

Le moteur « série M » est né pour être monté sur la Citroën CX, Il équipera également en versions diesel les Citroën C25 et Peugeot J5. C'est une évolution du « moteur série D », qu’utilisaient les Citroën DS et ID. Ils présentent des différences notables. En premier lieu, le bloc est conçu pour une implantation transversale, contrairement aux DS et ID où il était longitudinal, et le bas moteur est revu en conséquence afin de transmettre la traction aux roues avant. Le sens de rotation du moteur est horaire (côté distribution), tandis que le « moteur série D » tourne dans le sens anti-horaire. En outre, afin de loger ce bloc dans la carrosserie effilée de la CX, Il est incliné 30 degrés vers l'avant pour réduire la hauteur sous capot. La première version commercialisée a été le 2 litres essence directement dérivé du moteur de la DS20. Par la suite sont ajoutés les 2,2 puis 2,3 litres, dérivées des modèles DS21 et DS23. Deux versions Diesel font ensuite leur apparition : un 2,2 atmosphérique qui sera le premier moteur diesel Citroën sur une auto de tourisme, puis un 2,5 atmosphérique le remplacera. Un 2,5 litres essence fera également son apparition pour remplacer le 2,3l. Les 2,5 essence et 2,5 diesel seront même dotées d'un turbo par la suite, d'abord sans échangeur air-air (intercooler) puis avec échangeur en cours de production de la série 2 [1].

il ne doit pas être confondu avec les blocs qui ont équipé les C35 (moteur série B), ces derniers tournant dans l’autre sens, celui des DS.

Versions essenceModifier

Le moteur « série M » essence existe avec quatre niveaux de cylindrée. La version phare existait aussi en version suralimentée (turbo):

  • 2 litres : Type M20/616 , alésage 86 mm, course 85,5 mm, pour une cylindrée totale de 1 985 cm3. Alimentation par carburateur double corps Weber, taux de compression porté à 9 : 1 . Puissance maximale 102 ch DIN à 6000 tr/min , couple maximal 152 Nm.
  • 2,2 litres : Type M22/617, conserve les dimensions du moteur 2.2 « série D » avec alésage 90 mm et course 85,5 mm pour une cylindrée de 2 175 cm3. Alimentation par carburateur double corps Weber, taux de compression 9 : 1 , puissance 112 ch DIN à 5500 tr/min, couple maximal 167 Nm à 3500 tr/min.
  • 2,3 litres : Type M23, introduit en 1976, conserve les dimensions du moteur 2.3 « série D » avec alésage 93,5 mm et course 85,5 mm pour une cylindrée de 2 347 cm3. Ce moteur a été le seul de la « série M » à être alimenté soit par un carburateur, soit par l'injection électronique:
    • Version carburateur (double corps Weber): taux de compression 8,75 : 1, puissance maximale 115 ch DIN à 5500 tr/min, couple maximal 180 Nm à 2750 tr/min. À partir de 1980, ce moteur a subi une légère modification afin d'améliorer les performances: la puissance maximale passe à 120 ch à 5500 tr/min et le couple atteint 196 Nm à 2750 tr/min.
    • Version injection multipoint Bosch L-Jetronic, type M23/622, introduite en 1977: taux de compression 9:1, puissance maximale 128 ch DIN à 4800 tr/min, couple maximal 197 Nm à 3600 tr/min. Légères améliorations à partir de 1980 : puissance maximale 130 ch, couple maximal 201 Nm.
  • 2,5 litres: introduit en 1983, remplace le 2347cm3. Taux de compression 8.75:1, alésage 93 mm, course 92 mm, cylindrée 2 500 cm3. Alimentation uniquement par injection électronique multipoint Bosch LE-Jetronic. Puissance maximale 138 ch DIN à 5000 tr/min, couple maximal 211 Nm à 4000 tr/min. En version catalysée, puissance et couple descendent respectivement à 123 ch et 191 Nm.
  • 2,5 litres Turbo : Introduit en 1984, version suralimentée du 2 500 cm3, initialement sans échangeur air-air. Le taux de compression descend à 7,75 : 1 pour tolérer la suralimentation par turbo Garrett TO3 avec pression maximale de 0,7 bar. Alimentation par injection multipoint Bosch LE-Jetronic, puissance maximale 168 ch DIN à 5000 tr/min, couple maximal 294 Nm à 3250 tr/min . Ces caractéristiques restent inchangées sur le papier avec l'arrivée de l'échangeur air/air et un taux de compression passant à 8,5/1 en (année modèle 87) qui permet cependant une nette baisse de la consommation à haute vitesse et de la température d'huile en utilisation soutenue. Sur la version catalysée, puissance et couple descendent respectivement à 160 ch et 275 Nm .

Versions dieselModifier

Le moteur « série M » diesel existe avec deux niveaux de cylindrée. La version phare existait aussi en version suralimentée (turbo).

  • 2,2 litres D: Type M22/621, apparu en , mêmes cotes et cylindrée que le 2,2 litres essence (2 175 cm3). Taux de compression 22,25:1, alimentation par injection indirecte (pompe mécanique et chambre Ricardo Comet V), puissance maximale 66 ch DIN à 4500 tr/min, couple maximal 126 Nm à 2750 tr/min.
  • 2,5 litres D: Type M25/629, introduit en , inaugure les cotes et la cylindrée qui seront plus tard celles du 2,5 litres essence (2 500 cm3). Taux de compression 22,25:1, alimentation par injection indirecte (pompe mécanique et chambre Ricardo Comet V), puissance maximale 75 ch DIN à 4250 tr/min, couple maximal 150 Nm à 2000 tr/min, pompe à injection Rotodiesel type DPA.
  • 2,5 litres D: Type M25/660, introduit le (N°orga 2562) en remplacement du 629. Les caractéristiques demeurent identiques, il bénéficie de divers renforcement et sa distribution abandonne la cascade de pignons pour 2 courroies identiques à celles introduites pour le moteur 648 adopté quelques mois plus tôt. Une courroie commande l’arbre à cames et la pompe à huile, l’autre une nouvelle pompe à injection Rotodiesel type DPA. Ce moteur recevra la pompe DPC en . Un bloc très proche type U25 concerne les C25 et Peugeot J5 2,5l atmosphérique.
  • 2,5 litres Turbo D: Type M25 / 648: Introduit en 1983, il s'agit du premier et unique moteur turbo diesel Citroën, les autres utilisés par la suite par la marque étant d'origine PSA. Le taux de compression descend à 21:1 et la suralimentation par turbocompresseur Garrett DO3 atteint 0,6 bar. Sans échangeur air-air, la puissance maximale atteint 95 ch DIN à 3700 tr/min et le couple maximal, 216 Nm à 2000 tr/min.
  • 2,5 litres turbo D intercooler: Apparu en , il est doté d'un échangeur air/air. Le taux de compression a passant à 21,25:1, et la pression de suralimentation 0,8 bar (turbo Garrett TO25). La puissance maximale atteint 120 ch DIN à 3900 tr/min et le couple maximal, 256 Nm à 2000 tr/min. La CX équipée de ce moteur deviendra brièvement la berline diesel la plus rapide du monde avec 195 km/h en vitesse maxi. Une version avec pression de suralimentation réduite à 0,68 bar a existé également pour l'utilitaire C25/J5 avec 106 ch et 258 Nm (type moteur à ne pas confondre, CRD93LS, issu des moteurs série U)

Résumé des caractéristiques et des applicationsModifier

Type Alésage
x Course (mm)
Cylindrée (cm3) Alimentation Taux de
compression
Puissance
ch
Couple
Nm
Application Années de
production
Versions essence
M20/616 86 x 85.5 1 985 cm3 Carburateur double corps
Weber 34DMTR25
9 102/6000 152/3000 Citroën CX 2000 1974-82
M22/617 90 x 85.5 2 175 cm3 112/5500 167/3500 Citroën CX 2200 1975-76
M23/623 93.5 x 85.5 2 347 cm3 Carburateur double corps
Weber 34DMTR35
8.75 115/5500 180/2750 Citroën CX 2400 1976-80
M23/639 Carburateur double corps
Weber 34DATC1/200
120/5500 196/2750 Citroën CX 2400 1980-82
M23/622 Injection électronique
multipoint
Bosch L-Jetronic
9 128/4800 197/3600 Citroën CX GTi 1977-80
Citroën CX 2400 IE 1977-80
130/5000 201/3750 Citroën CX GTi 1980-83
Citroën CX 2400 IE 1980-83
M25/659 93 x 92 2 499 cm3 Injection électronique
multipoint
Bosch LE-Jetronic
8.75 138/5000 211/4000 Citroën CX 25 1983-91
Citroën CX 25 GTi 1983-89
M25/663 Injection électronique multipoint CX 25 GTi Kat 1986-91
M25/668 Injection électronique
multipoint Bosch LU2-Jetronic
8 121/5000 191/4000 CX 25 GTi Kat (CH/D/NL) 1986-91
M25/662 Injection électronique multipoint
Bosch LE-Jetronic +
turbo Garrett TO3
7.75 168/5000 294/3250 Citroën CX GTi Turbo 1985-86
M25/666 Injection électronique multipoint + turbo + intercooler 8,5 Citroen CX GTI Turbo 2 non catalysé 1986-89
M25/667 Injection électronique multipoint + turbo Garrett TC03 + intercooler 156/ Citroën CX 25 GTI Turbo 2 Kat 1986-89
Versions diesel
M22/621 90 x 85.5 2 175 cm3 Diesel atmosphérique
injection indirect
22.25 66/4500 125.7/2500 Citroën CX 2200 Diesel 1975/78
M25/629 93 x 92 2 499 cm3 75/4250 150/2000 Citroën CX 2500 Diesel 1978-82
Citroën CX 25 D 1982-84
M25/660 153/2000 Citroën CX 25 D 1984-91
M25/648 Diesel injection indirect +
turboco Garrett DO3
21 95/3700 216/2000 Citroën CX 2500 D Turbo 1983-85
Citroën CX 25 RD/TRD Turbo 1985-87
M25/669 Diesel injection indirect +
turbo Garrett TO25 +
intercooler
21.25 120/3900 256/2000 Citroën CX 25 RD/TRD Turbo 2 1987-91
M25/671 Diesel injection indirect +
turbo +
intercooler
21.1 106/ Citroën CX 25 RD/TRD Turbo 2 (Suisse/Autriche?)' 1987-91

Notes et référencesModifier

Voir aussiModifier

BibliographieModifier