Mohamed Hamdan Dogolo

Mohamed Hamdan Dogolo
محمد حمدان دقولو
Illustration.
Fonctions
Vice-président du Conseil de souveraineté de la République du Soudan
En fonction depuis le
(1 an, 2 mois et 7 jours)
Président Abdel Fattah Abdelrahmane al-Burhan
Vice-président du Conseil militaire de transition

(4 mois et 8 jours)
Président Abdel Fattah Abdelrahmane al-Burhan
(président du Conseil militaire de transition)
Prédécesseur Kamal Abdelmarouf
Biographie
Date de naissance (45-46 ans)
Nationalité soudanaise
Parti politique indépendant
Profession officier
Religion islam sunnite

Mohamed Hamdan Dogolo
Vice-chefs d'État soudanais

Mohamed Hamdan Dogolo (ar : محمد حمدان دقولو) (var. : Dagalo, Daglo, Daglu) alias Hemidti (ar : حميدتي) (var. : Hemeti, Hemeidti, Himeidti, Hemmeti, Hemetti, Himeiti) est un officier soudanais.

Il est le commandant de l'une des plus puissantes milices arabes du Darfour pro-gouvernementale, dite janjawid, dans la guerre du Darfour[1], puis le chef d'unités régulières paramilitaires qui ne sont en fait que des milices janjawid officialisées, à savoir la Brigade du renseignement aux frontières et les Forces de soutien rapide (FSR ou RSF)[2].

En 2019, à la suite de la chute du régime d'Omar el-Bechir, il devient le numéro deux du Conseil militaire de transition, puis du Conseil de souveraineté, tous deux présidés par le général Abdel Fattah Abdelrahmane al-Burhan.

Jeunesse et familleModifier

Mohamed Hamdan Dogolo, un Arabe Rizeigat Mahariya[3], est le neveu de Juma Dogolo, leader des Aoulad Mansour[1] au sein des Mahariya. Ce dernier aurait dirigé la première grande attaque du gouvernement par les Janjawids sur la montagne centrale de Jebel Marra sur Kidinjir, quatre mois avant que les rebelles du Darfour se soient déclarés.

Avant la guerre du Darfour, Hemidti était un marchand de chameaux[4].

Guerre du DarfourModifier

Hemidti aurait été approché par les autorités soudanaises après que des Zaghawas aient attaqué une de ses caravanes, volé 3400 animaux, et enlevés 77 personnes, dont 10 membres de sa famille. Mohamed Hamdan Dogolo et ses hommes ont ainsi été recrutés et armés par le gouvernement soudanais pour combattre les rebelles en 2003 et assurer la sécurité de la zone de Nyala[4].

Création de la milice et massacres d'AdwaModifier

La milice arabe rizeigat qu'il dirige est impliquée dans l'attaque sur le village d'Adwa le , une opération planifiée en coordination avec le gouvernement soudanais[1]. Hemidti a aussi été l'un des dirigeants d'un massacre plus important à Adwa le [5]. L'attaque de novembre a commencé le matin à 6h00. La milice rizeigat a tué 126 habitants du village, a brûlé toutes les maisons, a violé des filles et a détenu des femmes pendant deux jours. Hemidti a dit aux enquêteurs de l'Union africaine que le massacre a été planifié avec le gouvernement pendant plusieurs mois. La milice a brûlé des corps et jeté d'autres dans des puits afin de cacher des preuves[5].

En , il aurait été reçu à deux reprises par le président Omar el-Bechir qui souhaitait l'encourager à mener une offensive à Um Sidr et Kiryari, dans le nord du Darfour, prises peu de temps auparavant par les rebelles[6].

La milice a ensuite fait défection[7] en 2007 à la suite du mécontentement général des Arabes sur le résultat de l'accord d'Abuja conclu en 2006, et signé un pacte avec le MLS de Abdelwahid al-Nour[8]. Cette mutinerie prendra fin au début de l'année 2008 après que Hemidti et ses hommes eurent vus leurs revendications financières satisfaites[3].

Forces de soutien rapide et opération Eté décisifModifier

En 2014, les FSR sous la direction de Hemidti lance l'opération Eté décisif ("Operation Decisive Summer") dans le Darfour du Sud et le Darfour du Nord entre fin février et début , qui a abouti à des « tueries, des viols en masse et la torture des civils ; le déplacement forcé des communautés entières ; la destruction de l'infrastructure physique nécessaire à la survie dans l'environnement dûr désertique dont des puits, des réserves d'alimentation, des abris et des outils d'agriculture. » Sous la commande d'Hemidti, les FSR ont plusieurs fois attaqué et brûlé dix villes dans le Darfour du Sud, surtout le et le lendemain[9]. Des éléments sur l'implication directe d'Hemidti dans ces violences ont été collectés par Human Rights Watch (HRW), notamment dans le village de Hiraiga et celui voisin d'Afouna[9].

En , les FSR se sont déplacés vers le Darfour du Nord où ils ont continué a détruire des villages et tuer et violer des civils. Dans la phase II de l'opération Eté décisif, les FSR et d'autres soldats gouvernementaux ont mené une campagne de massacres et de viols de civils dans le Djebel Marra entre et [9], sciemment selon des témoignages recueillis par HRW[9].

Hemidti est le promoteur de l’engagement d’un contingent soudanais au sein de la coalition menée par l’Arabie saoudite dans la guerre du Yémen, depuis 2015[10].

Révolution soudanaiseModifier

Le , il devient vice-président du Conseil militaire de transition[11].

D'après des témoignages de soldats des RSF recueillis par la BBC, il aurait ordonné le massacre du 3 juin 2019[12], sans toutefois que la lumière ait été faite sur ce drame à ce jour

Le , un mois après un accord entre l'alliance des Forces de liberté et du changement (en) (FLC ou ALC) et les putschistes, un Conseil souverain de onze membres dirigé par le général Abdel Fattah Abdelrahmane al-Burhan pour une durée prévue de 21 mois, est formé[13]. Il prête serment le lendemain[14].

Notes et référencesModifier

  1. a b et c (en) Julie Flint et Alex de Waal, Darfur : A New History of a Long War, Zed Books, coll. « African Arguments », , 350 p. (ISBN 978-1842779507).
  2. (en) Ahmed H Adam, « Sudan's renegade sheikh », Aljazeera,‎ (lire en ligne, consulté le 12 mai 2019).
  3. a et b (en) Small Arms Survey, « Border Intelligence Brigade (Al Istikhbarat al Hudud) (AKA Border Guards) », Sudan Human Security Baseline Assessment (HSBA),‎ (lire en ligne, consulté le 14 mai 2019).
  4. a et b (en) Julie Flint, « Beyond ‘Janjaweed’:Understanding the Militias of Darfur », Small Arms Survey,‎ , p. 27 (lire en ligne, consulté le 8 mai 2019).
  5. a et b (en) Eric Reeves, « Hemeti Needs No Help in his Public Relations Campaign: Why is Associated Press Giving it to Him? » [« Hemidti n'a aucun besoin d'aide dans sa campagne de publicité : pourquoi Associated Press lui en donne ? »] [archive], sur sudanreeves.org, (consulté le 13 septembre 2019)
  6. (en) Wasil Ali, « Sudan VP Taha instrumental in mobilizing Janjaweed: ICC », Sudan Tribune,‎ (lire en ligne, consulté le 8 mai 2019).
  7. Voir le reportage "Sudan: Meet the Janjaweed" de Unreported World (en) du 14 mars 2008 dans laquelle Hemidti et ses hommes sont interviewés. [1]
  8. (en) Julie Flint, « Julie Flint: This UN force won't end the tragedy of Darfur », Independant,‎ (lire en ligne, consulté le 8 mai 2019).
  9. a b c et d (en) Jonathan Loeb, « "Men With No Mercy" – Rapid Support Forces Attacks against Civilians in Darfur, Sudan », Human Rights Watch, (consulté le 13 septembre 2019)
  10. Sarra Majdoub, « Frankenstein à Khartoum », sur orientxxi.info,
  11. « Soudan: la milice de Hemeti n'encadrera plus les rassemblements d'opposants - RFI », sur RFI Afrique (consulté le 20 mai 2019)
  12. (en) « Video experience headlines », sur BBC News (consulté le 12 juillet 2019)
  13. « Soudan: chargé de diriger la transition, le Conseil souverain a été formé - RFI », sur RFI Afrique (consulté le 21 août 2019).
  14. Le Point, magazine, « Soudan: la nouvelle instance de transition intronisée », sur Le Point, lepoint.fr, (consulté le 21 août 2019).