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Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Havet.
Mireille Havet
Description de l'image Mireille_Havet_Carnaval_1922.djvu.
Naissance
Médan (Drapeau de la France France)
Décès (à 33 ans)
Crans-Montana (Drapeau de la Suisse Suisse)
Activité principale
Auteur
Langue d’écriture Français

Mireille Havet (de Soyécourt), née le à Médan (Yvelines), et morte le au sanatorium de Montana (Suisse), est une écrivaine française.

Sommaire

BiographieModifier

Mireille Havet est la fille du peintre Henri Havet (1862-1913) et de son épouse Léoncine Cornillier, soeur de Pierre-Émile Cornillier. Elle est également la petite-fille du linguiste Alfred Havet (1827-1896). La soeur de Mireille épousera le poète et critique littéraire Paul Aeschimann.

Amie de Colette, Jean Cocteau, Guillaume Apollinaire qui l'appelait « la petite poyétesse »[1], et des premiers surréalistes, Mireille Havet est « redécouverte » grâce à l'édition de son journal intime qu'elle tint de 1913 à 1929, dont le manuscrit n'a été retrouvé qu'en 1995[1].

En 1917, elle rencontre, par l’intermédiaire de Colette, l’américaine Natalie Clifford Barney, icône du Paris lesbien de l’époque, dont elle fréquente le salon. Elle se lie à de grandes figures comme la comtesse de Limur[2], elle découvre l’oeuvre de l’homosexuelle Renée Vivien. La fréquentation de ces femmes jouera un grand rôle dans la reconnaissance personnelle de son homosexualité[3]. Elle était ouvertement homosexuelle, tant dans son journal qu'à la ville[4].

Elle a écrit un roman, Carnaval, publié en novembre 1922 dans Les Œuvres libres, puis en septembre 1923 aux éditions Albin Michel[5] et en 2005 par les éditions Claire Paulhan[6].

Elle interprète le rôle de la Mort dans la pièce de Jean Cocteau Orphée en 1926. Elle est dans ce rôle très remarquée mais, dévorée par la drogue, elle ne pourra pas reprendre le même rôle en 1927.

Elle meurt à l'âge de 33 ans de délabrement physique dû notamment à la tuberculose et à la toxicomanie[7], abandonnée de ses amis, offrant pour quelques pièces son corps décharné aux passants. Elle lègue ses cahiers et manuscrits à son amie Ludmila Savitzky.

Le 29 janvier 2009, une place portant son nom a été inaugurée dans le 11e arrondissement de Paris[2].

Éditions modernesModifier

  • Carnaval, édition établie, présentée et annotée par Claire Paulhan, aux éditions Claire Paulhan, coll. « Pour mémoire », 2005, 239 p. (ISBN 2-912222-22-2)
  • Correspondance : 1913-1917, avec Guillaume Apollinaire, édition établie par Dominique Tiry, publiée par le Centre d'étude du XXe siècle, Université Paul-Valéry, 2000, 127 p. (ISBN 2-84269-412-0)
  • Journal aux éditions Claire Paulhan, 2003-2010, édition établie par Pierre Plateau :
    • Journal 1918-1919 : « Le monde entier vous tire par le milieu du ventre », présentée et annotée par Dominique Tiry, coll. « Tiré-à-part », 2003, 254 p. (ISBN 2-912222-18-4)
    • Journal 1919-1924 : « Aller droit à l'enfer, par le chemin même qui le fait oublier », annotée par Dominique Tiry, Pierre Plateau et Claire Paulhan, préf. Béatrice Leca, coll. « Pour mémoire », 2005, 533 p. (ISBN 2-912222-21-4)
    • Journal 1924-1927 : « C'était l'enfer et ses flammes et ses entailles », annotée par Dominique Tiry, avec la collab. de Roland Aeschimann, Claire Paulhan et Pierre Plateau, préf. Laure Murat, coll. « Pour mémoire », 2008, 445 p. (ISBN 978-2-912222-28-2)
    • Journal 1927-1928 : « Héroïne, cocaïne ! La nuit s'avance », annotée par Claire Paulhan, avec l'aide de Pierre Plateau et Dominique Tiry, préf. Patrick Kéchichian, coll. « Pour mémoire », 350 p., 2010 (ISBN 978-2-912222-33-6)

HommageModifier

La Ville de Paris a nommé place Mireille-Havet une place du 11ème arrondissement.

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Notes et référencesModifier

  1. a et b La Quinzaine littéraire, no 972, 1er juillet 2008.
  2. a et b « Une femme invertie en vaut deux », Libération.fr,‎ (lire en ligne, consulté le 10 mars 2018)
  3. Emmanuelle Rétaillaud-Bajac, « Du « clan divin des femmes amoureuses » à la « race maudite » : élaboration, représentations et discontinuités de l’identité lesbienne dans la trajectoire de Mireille Havet (1898-1932) », Genre, sexualité et société, no 1,‎ (ISSN 2104-3736, DOI 10.4000/gss.893, lire en ligne, consulté le 8 mars 2018)
  4. Emmanuelle Retaillaud-Bajac, Mireille Havet : L'enfant terrible, Paris, Grasset & Fasquelle, 2008, 524 p. (ISBN 978-2-246-68801-3).
  5. Melanie C. Hawthorne, « Exclues de l'exception : Mireille Havet et Laure Charpentier », dans Marc Dambre (dir.) et Richard J. Golsan (dir.), L'Exception et la France contemporaine : Histoire, imaginaire, littérature, textes issus du Colloque international des études françaises et francophones des XXe et XXIe siècles en 2007 à College Station (Texas), Presses de la Sorbonne nouvelle, 2010, 287 p. (ISBN 978-2-87854-467-1), p. 109–116.
  6. « Mireille Havet • Carnaval », sur www.clairepaulhan.com (consulté le 10 mars 2018)
  7. Patrick Bergeron, « Mireille Havet, diariste et toxicomane », Drogues, santé et société, vol. 11, no 1,‎ , p. 19 (DOI 10.7202/1013885ar)

Liens externesModifier