Massier (école d’art)

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Jérémie Noizette, grand massier de l’École des beaux-arts de Paris (2011).

Dans les écoles d’art et d’architecture, dans les ateliers de peinture ou de sculpture, le massier est un élève élu par ses condisciples pour les représenter et pour assurer diverses tâches, notamment gérer les finances communes de la classe ou de l’atelier[1]. La masse est le regroupement des élèves dans des buts de solidarité, d’entraide et de festivités partagées, et c’est aussi le nom de la somme d’argent disponible.

ÉtymologieModifier

L’origine du terme viendrait de l’époque de la Commune de Paris, où les élèves des Beaux-Arts avaient pour cri de guerre et de ralliement « Faisons masse ! »[2], mais il existait bien avant la Commune. Par ailleurs, le massier, à l’origine soldat armé d’une masse, est dans certaines cérémonies, un appariteur, un huissier ou un officier qui porte une masse, symbole de sa fonction[3].

HistoireModifier

Le massier existe dans les écoles d’art dès leur création, par la nécessité qu’ont les étudiants de se regrouper pour acheter dans les meilleures conditions le matériel (outils de dessin, de peinture, sculpture, papiers, toiles, etc.) et souvent pour payer des modèles. L’organisation reste longtemps assez informelle, jusqu’à la création de la Grande Masse des Beaux-Arts en 1926, association sous le régime de la loi de 1901, qui instaure une organisation et une hiérarchie précises. Chaque classe ou atelier élit un massier, et les massiers élisent à leur tour un « grand massier » pour chaque catégorie officiellement enseignée (les Quat’z’Arts : peinture, sculpture, gravure, architecture), enfin le président de l’association a le titre de Grand Massier, il supervise et coordonne l’ensemble de l’organisation. Depuis 1968, les écoles d’architecture, auparavant intégrées aux écoles des beaux-arts, sont indépendantes mais ont conservé le principe des massiers. Jusque-là la section architecture a fourni la majorité des grands massiers, parmi lesquels se distinguent des architectes et urbanistes réputés de la seconde moitié du vingtième siècle : Jean Maneval (1925-1986), Michel Holley (1924), Claude Guislain (1929-2011), etc.

Le premier grand massier a été le fondateur de l’association, Raymond Muller (1893-1982). La première femme « grande massière » et non issue de la section architecture a été Béatrice Chagnon, née en 1957, élue en 1983[4].

Le massier a continué d’exister dans les ateliers privés et un grand nombre d’écoles de moindre importance.

Quelques massiers de l'École nationale supérieure des beaux-arts Modifier

-Peinture:

LittératureModifier

Le massier est souvent cité dans les œuvres traitant de la vie des élèves artistes aux dix-neuvième et vingtième siècles, tant dans la nécessité de trouver de l’argent que de l’employer ensuite utilement et agréablement.

« Ah ! c’est vrai, tu n’es ici que depuis huit jours, toi… le massier : c’est celui qui tient l’argent que nous donnons pour toutes les dépenses de l’atelier, les frais de modèle, de bosses, et cetera… tout cela, nous le payons, entends-tu, rapin… et quand il y a du surplus, nous le mangeons, nous faisons un déjeuner aux Vendanges de Bourgogne… voici la fin du mois, messieurs, il faut voir la masse… où est donc le massier ? » (Sewrin et Léon, L’Atelier de peinture, tableau-vaudeville en un acte, Paris, Bézou libraire, 1823[5])
« Et que de déjeuners faits d’une tasse de chocolat et d’un petit pain, pour pouvoir donner les vingt-cinq francs au massier ! »
« Quand il avait donné ses vingt francs au massier, il trouvait là du nu, des hommes, des femmes, à en faire une débauche, dans son coin ; et il s’acharnait, il y perdait le boire et le manger, luttant sans cesse avec la nature… »
(Émile Zola, L'Œuvre, 1886[6])

Notes et référencesModifier

Voir aussiModifier

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