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Marie Arago

mère de famille française
Marie Arago
Marie Arago by David d'Angers.png
Biographie
Naissance
Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 89 ans)
EstagelVoir et modifier les données sur Wikidata
Nom de naissance
Marie Anne Agathe RoigVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Activité
Famille
Famille Arago (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Conjoint
Enfants
Autres informations
Religion
signature de Marie Arago
signature

Marie Arago, née Marie-Anne Roig le 3 novembre 1755 à Corneilla-la-Rivière et morte le 5 septembre 1845 à Estagel, est la femme de François Bonaventure Arago et la mère de François, Jean, Jacques, Victor, Joseph et Étienne Arago.

Élevant seule ses huit enfants après la mort de son mari en 1814, elle leur transmet ses valeurs humaines et les encourage à poursuivre des études. Autour de son fils aîné, François, se crée ainsi à l'Observatoire de Paris un « clan Arago », avec notamment Claude-Louis Mathieu (qui épouse sa sœur Marguerite), Alexander von Humboldt ou encore Félix Savary.

BiographieModifier

Lieux évoqués dans cet article

Origines et jeunesse (1755-1778)Modifier

Marie-Anne-Agathe Roig[1] nait le 3 novembre 1755 à Corneilla-la-Rivière, un village d'environ 700 habitants[2] situé dans la province du Roussillon, une région de langue catalane appartenant à la France depuis 1659. Son père, François Roig, est un pagès, c'est-à-dire un paysan aisé, de Corneilla-la-Rivière. Il a été militaire, avec un grade d'officier. Son grand-père paternel, Camo Roig, est médecin[3]. Son oncle paternel est curé de Ponteilla[4], autre village de cette même région du Sud de la France, à une douzaine de kilomètres au sud-est de Corneilla-la-Rivière.

Sa mère, nommée Victoire Brial, est la fille d'un pagès de Camélas[3], un village situé également à une douzaine de kilomètres de Corneilla-la-Rivière, mais au sud-sud-ouest cette fois.

À une époque où quasiment toutes les femmes de la région sont illettrées (90 % des femmes de sa génération ne sont pas capables de signer leur acte de mariage), elle apprend à lire et à écrire seule, dans des livres écrits en latin, en se cachant[5].

Estagel (1778-1797)Modifier

 
Une paysanne du Roussillon, vers 1830 (lithographie de James Duffield Harding).

Le 12 août 1778, dotée de 2 200 livres, elle épouse, à Corneilla-la-Rivière, François Bonaventure Arago, pagès et licencié en droit, de qui elle aura onze enfants[3] élevés dans la langue locale : le catalan[6]. Le couple s'installe à Estagel, bourg roussillonnais d'un millier d'habitants[7] situé à une douzaine de kilomètres au nord de Corneilla-la-Rivière.

François Bonaventure Arago est du même milieu social que Marie Roig. Cultivateur et propriétaire moyennement aisé, il a été orphelin très jeune et a été élevé par un oncle prêtre qui lui a fait suivre des études de droit à Perpignan. Son origine sociale ne lui permet cependant pas de prétendre à un emploi plus réputé comme notaire ou avocat.

En 1779, Marie Arago donne naissance à une fille, Marie-Rose, qui meurt en 1780. 1780 est également l'année de la naissance et de la mort de la deuxième fille du couple Arago : Marie-Thérèse. Une troisième fille, prénommée Marie-Victoire, nait et meurt en bas-âge en 1783. Entre-temps, en 1782, le couple donne la vie à une autre fille, Rose (qui vivra jusqu'en 1832)[8]. En 1781, son mari entame une carrière politique, gravissant peu à peu les échelons dans les responsabilités municipales du village d'Estagel jusqu'à devenir, de juin 1786 à juin 1787, premier consul du village, ce qui correspond au mandat de maire actuel. En 1789, il rédige une grande partie du cahier de doléances d'Estagel. Il devient en 1790 le premier maire de la commune nouvellement créée par la révolution, puis obtient les années suivantes de hautes responsabilités départementales[1]. Marie donne naissance à d'autres enfants : François (1786), Jean (1788), Jacques (1790), Victor (1792), Joseph (1796) et Marguerite (1798)[8], tous nés à Estagel.

Lors de la guerre contre l'Espagne, en 1793, François Bonaventure commande la Garde nationale d'Estagel[4], une armée de citoyens volontaires formée pour défendre la Révolution contre l'ennemi espagnol. La maison familiale héberge alors de nombreux soldats et officiers français, ce à quoi François, l'aîné des fils, alors âgé de sept ans, attribuera plus tard son goût pour la chose militaire[9].

Perpignan (1797-1816)Modifier

Retour à Estagel (1816-1845)Modifier

Après la mort de sa fille Rose, elle devient, à 77 ans, la tutrice des quatre enfants de celle-ci[3].

Famille et entourageModifier

Selon Muriel Toulotte, biographe d'Étienne Arago, « toute sa vie, Marie Arago a eu une énorme influence sur ses enfants mais aussi sur tous ceux qui l'entouraient »[10]. Les enfants de Marie et François Bonaventure Arago se comportent tous avec droiture et honnêteté, selon l'exemple de leur père. De leur mère, ils tiennent à la fois le dynamisme qui les anime, de la bonté envers autrui et une grande gaieté[11]. Par contre, les garçons sont beaucoup moins croyants que leur mère, Jacques étant non croyant, Étienne allant jusqu'à demander à être enterré sans cérémonie religieuse[12].

Elle a six fils, qui se distinguent tous :

  • François (1786 - 1853), un astronome, physicien et homme politique français ;
  • Jean (1788-1836), caissier de l'atelier des monnaies de Perpignan, puis militaire s'illustrant au Mexique ;
  • Jacques (1790 - 1854), un romancier, auteur dramatique et explorateur ;
  • Victor (1792 - 1867), polytechnicien, militaire ;
  • Joseph (1796 - 1860), militaire dans l'armée mexicaine ;
  • Étienne (1802 - 1892), dramaturge et homme politique, maire de Paris en 1870.

Elle donne également naissance à cinq filles, dont deux seulement survivent au bas-âge : Rose (1782-1832) et Marguerite (1798-1859), qui épouse Claude-Louis Mathieu en 1824.

Notes et référencesModifier

  1. a et b Toulotte 1993, p. 22, 23
  2. Le recensement de 1793 donne 755 habitants Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui : Corneilla-la-Rivière sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  3. a b c et d Frénay 2011, p. 61
  4. a et b Frénay 2011, p. 55, 56
  5. Toulotte 1993, p. 25
  6. Toulotte 1993, p. 312
  7. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui : Estagel sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  8. a et b Toulotte 1993, p. 297
  9. Arago 1854, p. 37
  10. Toulotte 1993, p. 27
  11. Toulotte 1993, p. 51
  12. Sarda 2002, p. 50

AnnexesModifier

BibliographieModifier

  • François Arago, Histoire de ma jeunesse, Kiessling, Schnée et Company,
  • Étienne Frénay, « Marie Arago », dans Les Arago, acteurs de leur temps (actes du colloque de Perpignan, 2003), Perpignan, Archives départementales des Pyrénées-orientales, , 486 p. (ISBN 978-2-86066-039-6)
  • Étienne Frénay, « Arago (François Bonaventure, Raymond) », dans Nouveau Dictionnaire de biographies roussillonnaises 1789-2011, vol. 1 Pouvoirs et société, t. 1 (A-L), Perpignan, Publications de l'olivier, , 699 p. (ISBN 9782908866414)
  • Étienne Frénay, « Arago (Marie) », dans Nouveau Dictionnaire de biographies roussillonnaises 1789-2011, vol. 1 Pouvoirs et société, t. 1 (A-L), Perpignan, Publications de l'olivier, , 699 p. (ISBN 9782908866414)
  • James Lequeux, François Arago, un savant généreux : Physique et astronomie au XIXe siècle, EDP Sciences, coll. « Sciences & histoire », , 523 p. (ISBN 9782868839992)
  • François Sarda, Les Arago : François et les autres, Paris, Tallandier, , 442 p. (ISBN 9782847340051)
  • Muriel Toulotte, Étienne Arago : 1802-1882 Une vie, un siècle, Perpignan, Publications de l'olivier, , 367 p. (ISBN 290886603X)
    En particulier le chapitre « Une mère hors du commun », p. 24 à 29, consacré à Marie Arago.