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Manifestations de 2014 à 2017 au Venezuela

Manifestations de 2014-17 au Venezuela
Description de cette image, également commentée ci-après

Montage photo, de haut en bas et de droite à gauche :
Marche d'opposition à Caracas, Venezuela, le 12 février 2014, marche pacifique à Maracaibo, manifestations à la Plaza Francia, Campement devant le QG des Nations unies à Caracas, marche à Caracas à la suite de l'arrestation de Leopoldo Lopez.

Informations
Date Depuis le 4 février 2014
Localisation Drapeau du Venezuela Venezuela
Caractéristiques
Organisateurs Manifestations spontanées et parti Voluntad Popular
Participants Étudiants (majoritairement), opposants à Nicolás Maduro, partisans du gouvernement
Revendications Démission du président Nicolás Maduro, changement d'orientation de politique économique et sociale, moins d'insécurité
Types de manifestations Manifestations spontanées, organisées, émeutes
Répression
Arrestations 3 293[1]
Blessés 873 - 5 285[2],[3],[4]
Morts 42[5]

Les manifestations au Venezuela, aussi nommées « la Salida » (la sortie) par ses partisans, désignent une série de manifestations, parfois tournées vers l'émeute, survenues dans certains quartiers des grandes villes du Venezuela entre février 2014 jusqu'à aujourd'hui. Les manifestations sont causées, dans la majeure partie des cas, par l'inflation, l'insécurité importante, et la pénurie à court terme des biens de première nécessité, et visaient à obtenir la démission du gouvernement vénézuélien[6],[7].

Deux protestations se déroulent de manière concomitante : des manifestations étudiantes spontanées et un appel à la manifestation de la part d'opposants au gouvernement socialiste vénézuélien dirigé par le président Nicolás Maduro. Rapidement les premières répressions ont lieu et des affrontements entre manifestants et forces de l'ordre, mais aussi entre manifestants pro ou anti Maduro, déchirent les rassemblements. La mobilisation se poursuit cependant alors que le gouvernement accuse les médias, en grande majorité privés et acquis à l'opposition[8], de manipuler la population ; que le président Nicolás Maduro demande la coupure d'une chaîne de télévision colombienne et menace CNN en espagnol pour leur couverture selon lui biaisée des événements. Au cours des manifestations, l'accès à certains contenus de Twitter aurait été momentanément bloquée. 43 morts sont recensées au total, dont une majorité causée par les actes de groupes violents d'opposition, mais de nombreuses brutalités policières, qui auraient provoquées 6 morts, sont également constatées [9].

Sommaire

ContexteModifier

La dégradation de la note de la dette du Venezuela par Moody's, au lendemain des élections municipales de décembre 2013 (es), durant lesquelles la coalition gouvernementale devance nettement la coalition d'opposition, pointe du doigt les difficultés financières du pays. L'inflation rampante — 56 % en 2013[10] —, le ralentissement de la croissance ( 1,3 % en 2013 contre 5,6 % l'année précédente ), sont autant de facteurs d'incertitudes malgré les grandes réserves de pétrole du pays. Dans Le Monde, un investisseur anonyme explique ainsi que la situation n'est pas désespérée, sous réserve qu'il n'y ait pas d'« explosion sociale, [ce qui est] impossible à prédire »[11].

Dans ce contexte, est abordée la question de l'augmentation du prix de l'essence, qui avait suscité, avec d'autres augmentations, le sanglant Caracazo de 1989[11]. Les pénuries par ailleurs ajoutent aux tensions dans le pays, ainsi par exemple, le 11 février 2014, une manifestation de journalistes a lieu pour dénoncer la pénurie de papier ayant déjà interrompu la publication de nombreux journaux[10].

DéroulementsModifier

Premières mobilisationsModifier

 
Marche étudiante à Valencia.

Des appels de l'opposition, incarnée par Leopoldo López, chef du parti Voluntad Popular, et María Corina Machado, une députée, sont lancés fin janvier, dans le but de changer de gouvernement[12]. Un meeting, organisé le 2 février, rassemble plus d'une centaine de personnes alors que les chefs de l'opposition qui s'y expriment fixent une date pour une marche de lutte contre le pouvoir au 12 février[13],[14],[15].

L'origine de la contestation étudiante peut être retracée au 4 février, lorsqu'une première mobilisation spontanée a lieu à l'Université des Andes, à Mérida, ainsi que dans d'autres villes dont San Cristóbal, pour manifester contre l'insécurité, à la suite d'une tentative de viol dont aurait été victime une étudiante la veille. Cette attaque sur une étudiante fait par ailleurs à la suite d'une série de violences, de vols et de cambriolages dans différentes universités du pays (Université Santa Maria, un des campus de l'Université catholique Andrés bello (es), Université Alejandro de Humboldt (es))[16]. Trois étudiants et un commerçant sont arrêtés[17], entraînant une nouvelle manifestation pour leur libération[10]. Les protestations étudiantes continuent dans l'État de Táchira[18]. Elles sont également organisées dans l'Mérida[19]. Le 9 février, les manifestations s'intensifient après l'arrestation de plusieurs étudiants[20].

Le 11 février, les manifestations étudiantes s'étendent désormais aux États de Táchira, Zulia, Caracas et Coro pour la libération des étudiants arrêtés par les forces de l'ordre[21]. Le mouvement étudiant, même s'il se poursuit, est rapidement récupéré par les partis politiques[22]. Le 12 février, les dirigeants politiques et étudiants sont appelés à marcher dans 38 villes du pays pour manifester contre le gouvernement[23], notamment à cause du coût trop élevé de la vie, des répressions des précédentes manifestations et des pénuries qui frappent les biens de première nécessité. La manifestation à Caracas s'achève par une dispersion violente, des témoins journalistes, notamment de l'Agence France-Presse sur place, racontant que des civils à moto et des partisans du gouvernement s'en sont pris à la presse et aux manifestants[10]. Un premier bilan fait état de 3 morts, 23 blessés et une trentaine d'arrestations[24], bilan alourdi plus tard lorsqu'une soixantaine de blessés sont dénombrés[25]. Dans la soirée, le président Maduro dénonce une « résurgence nazie fasciste » pendant que l'opposition accuse les chavistes d'avoir saboté les manifestations[10],[26],[27].

Les heurts sont compliqués par la présence d'individus violents, mais aussi d'un agent du Sebin, une unité de la police vénézuélienne, qui, repéré par le quotidien Ultimas Noticias, a été vu tirant sur les manifestants d'opposition durant les protestations du 12, ce qui a entrainé la destitution du directeur de la Sebin par le gouvernement [22][28].

Mobilisations postérieuresModifier

Le 13 février, les manifestations étudiantes continuent et gagnent de l'ampleur[29]. Sept universités vénézuéliennes, cinq publiques et deux privées, ont décidé de suspendre leurs activités[30].

Le 15 février, opposants et partisans du gouvernement rassemblent des manifestations séparées dans Caracas, plusieurs milliers de chaque côté. Les opposants s'amassent sur une place à l'est de la ville tandis que les partisans s'acheminent vers le centre. D'autres manifestations du même type sont organisées à San Cristobal, Mérida, Valencia et El Vigia[25]. Le 16 février, les protestations continuent et s'intensifient encore plus[31]. Le ministre de la Justice Miguel Rodríguez Torres annonce des mesures pour « neutraliser les groupes violents », et note que les forces de l'ordre ne font désormais plus face uniquement qu'avec des étudiants. Il accuse également Ramón Muchacho, le maire de la municipalité de Chacao, de ne pas assumer ses responsabilités face à de telles violences[32]. Il critique également les mesures tardives prises par le gouverneur de Miranda, Henrique Capriles[33]. Rodríguez Torres déclare que, depuis le début des manifestations mercredi dernier, 120 personnes ont été appréhendées « dans le cadre du respect et de la convention des droits de l'Homme »[34]. Lors d'une conférence de presse, la ministre de la Communication et de l'Information, Delcy Rodriguez, avertit que le gouvernement national mènera des actions en justice contre « la manipulation médiatique » des médias internationaux[35]. Elle dénonce également de fausses photos qui ont été mises en ligne sur les réseaux sociaux dans le but d'intensifier encore plus la colère des citoyens[36]. La ministre Rodríguez affirme également que la chaîne NTN24 incite à la haine, et dénonce la demande d'intervention de forces étrangères au pays par María Corina Machado[37]. En réplique aux manifestations des opposants, les partisans du gouvernement sont appelés par celui-ci à défiler le mardi 18 février. Alors que les manifestations pro et anti à Caracas se déroulent dans le calme[22], la répression face aux étudiants et aux manifestants continue dans la ville de Valencia ; 6 morts sont dénombrés[38].

Accusé par le gouvernement d'inciter à la sédition et à la révolte, Leopoldo Lopez s'est rendu calmement aux autorités dans la matinée du 18 février[22]. L'opposant, qui avait appelé les vénézuéliens à amener la lutte dans la rue pour changer de gouvernement, est jugé le 19 février puis envoyé à la prison de Coro, une prison militaire où sont détenus d'autres manifestants. La manœuvre est délicate, l'opposition se rangeant en apparence uniformément derrière Lopez à l'annonce de son arrestation, et est rapidement dénoncée par Human Rights Watch qui pointe du doigt l'absence de chefs d'accusation sérieux à l'encontre de Lopez[22].

ViolencesModifier

ManifestantsModifier

Dans l'objectif de prendre le contrôle des quartiers dans lesquels se déroulaient le mouvement de protestation, d'interdire la circulation et de bloquer l'économie, des groupes d'oppositions ont usé de techniques assimilables à de la guérilla urbaine. 9 policiers sont tués, dont certains abattus par balles, et près de 300 autres blessés ( soit environ le tiers du nombre total de victimes ) au cours de heurts avec des groupes armés protestataires. Par ailleurs, 16 civils sont tués par différentes manœuvres déployées par les manifestants pour bloquer les rues et interdire les déplacements, comme des câbles métalliques tendus en travers des routes qui auront décapités plusieurs motards, ou encore des barricades positionnées au sol et responsables d'accidents mortels pour les automobilistes[9]. Des centres de santé et de distribution alimentaires, ainsi que des locaux du Parti socialiste, ont également été attaqués et incendiés[39][40][41].

En septembre 2014, Lorent Saleh, fondateur de la JAVU, un des groupes les plus actifs durant les manifestations, est inculpé par la justice vénézuélienne après la présentation de vidéos où il suggère d'organiser des attentats à la bombes contre des lieux fréquentés pour accentuer la déstabilisation sociale et économique du Venezuela[42].

ColectivosModifier

Certains colectivos, associations de quartiers favorables à la « révolution bolivarienne » et qui, dans le cadre de leurs activités habituelles, proposent à échelle locale des programmes sociaux mais peuvent parfois également assister la police dans la lutte contre la criminalité[43], sont accusés de plusieurs attaques contre des manifestants et des journalistes. Les colectivos interviennent au côté du gouvernement lors des manifestations[44]. Human Rights Watch explique que « le gouvernement du Venezuela tolère et encourage ces groupes civils armés » que HRW accuse d'« avoir intimidé les manifestants et démarré les hostilités[45]. » Internationale socialiste condamne également ces groupes hostiles à l'encontre des manifestants[46]. Le président Maduro remercie un certain groupuscule d'avoir défendu son gouvernement contre ce qu'il considère un « coup d'État mené par l'extrême droite », mais prend également ses distances face aux groupes armées, expliquant que « sa place n'est pas dans la révolution[47]. »

Certains colectivos agissent violemment contre l'opposition sans entrave de la part des forces de l'ordre vénézuéliennes[48]. Des colectivos s'en prennent à des manifestants et laissent sur leur passage, cinq véhicules endommagés dont deux brûlés, et un blessé par balle[49]. Selon un correspondant de Televen, un groupe aurait tenté d'enlever et violer des individus dans un appartement à Maracaibo sans intervention de la garde nationale, mais la victime ne mentionne pas d'agression sexuelle [50],[51],[52],[53],[54]. Le vice président du Venezuela, Jorge Arreaza, félicite les colectivos expliquant que « s'il y a bien un comportement exemplaire à suivre, c'est celui des collectivos qui sont pour la révolution bolivarienne[55]. » Cependant, le 28 mars, Arreaza promet le désarmement de tous les groupes armés du Venezuela[56]. Les colectivos ont également été surnommés comme « piliers fondamentaux dans la défense du territoire[57],[58]. » En mars 2014, des groupes paramilitaires s'en prennent violemment à 437 manifestants, soit 31 % des manifestants en mars, à l'aide d'armes à feu[3]. Des colectivos armés auraient attaqué et brûlé l'Universidad Fermín Toro après une altercation avec des étudiants qui aurait fait un blessé[59],[60].

Forces gouvernementalesModifier

Les autorités gouvernementales emploient la « force illégale contre des manifestants désarmés et autres populations[61]. » Elles menacent et utilisent des armes à feu pour prendre contrôle des manifestations[62]. Amnesty International rapporte « avoir reçu des informations concernant l'utilisation de fusils et de gaz lacrymogènes directement contre les manifestants sans avertissement » et que « de telles pratiques violent les droits internationaux et un mort a été recensé par conséquent[63]. » Durant des mois de manifestations, l'utilisation massive de gaz lacrymogènes par les autorités de Chacao affectent les résidents et sont obligés de porter des masques à gaz pour « survivre » dans leurs habitations[64]. Certaines manifestations violentes étaient contrôlées par gaz lacrymogènes et canons hydrauliques[65].

30 policiers font l'objet d'inculpations par la justice vénézuélienne pour leur conduite durant la répression des émeutes[9].

MédiasModifier

Médias locauxModifier

 
Protestante manifestant contre les médias imposés par le gouvernement.

L'Inter American Press Association manifeste contre la « censure officielle » des médias menée par le gouvernement vénézuélien qui inclut le blocage d'Internet, le bannissement des chaînes, le renvoi des médias étrangers dans leur pays, l'intimidation des journalistes et la limitation intentionnelle des ressources journalistiques[66]. L'Association of Foreign News Correspondents du Venezuela accuse également le gouvernement d'agressions, d'abus, d'intimidations, de menaces et de vols du matériel journalistique[67]. La National Union of Journalists (SNTP) du Venezuela explique qu'il y aurait eu au moins 181 agressions de journalistes et « 82 affaires d'intimidation, 40 agressions physiques, 35 vols et destruction de matériels journalistiques, 23 arrestations et un blessé par balle », notamment[68],[69]. En réponse à la pénurie de journaux, et au silence de 13 journaux vénézuéliens, l'organisation colombienne Andiarios envoie sur place 52 tonnes de journaux El Nacional, El Impulso et El Nuevo País afin de défendre « la liberté d'expression et le droit à l'information[70]. » D'autres associations localisées à Porto Rico, au Panama et à Trinité-et-Tobago envoient également leurs sources d'informations au Venezuela afin de combler la pénurie de journaux causée par des restrictions imposées par le gouvernement vénézuélien[71].

Les ressources médiatiques sont limitées par le gouvernement ; « des chaînes de télévision anti-gouvernementales comme RCTV et Globovision ont vu leur licence révoquées et ont été forcés à changer de direction, respectivement[72]. » Le gouvernement a, selon l'opposition, « une puissante structure radiophonique, télévisuelle et journalistique[73]. » Un groupe d'artistes vénézuéliens se joint à un groupe nommé Eco, afin de parler des violations et des crimes qui se sont déroulés au Venezuela lors des manifestations[74]. VTV diffuse une parodie satiriques des vidéos tournées par le groupe Eco[75].

L'Association of Foreign News Correspondents du Venezuela accuse le gouvernement d'agression envers des journalistes[67]. La National Union of Journalists (SNTP) explique que, durant les premeirs mois de manifestations, 205 agressions ont été menées à l'encontre de 152 journalistes de presse[68],[76],[77]. La National Institute of Journalists (CNP) explique que 262 attaques contre la presse sont survenues entre février et juin[78]. Selon El Nacional, le Servicio Bolivariano de Inteligencia Nacional (SEBIN), de son côté, perquisitionne, à de nombreuses reprises, le matériel des journalistes et des défenseurs des droits de l'Homme[79]. Il est également expliqué que la société les intimide occasionnellement en surveillant tous leur faits eet gestes[79]. Le 22 avril, des journalistes de La Patilla déployés à Santa Fe sont retenus contre le gré par la garde nationale. Accusés comme des « faux journalistes », ils devaient montrer leurs papiers d'identité aux gardes et des photos ont été prises. Ils sont par la suite libérés sans plus de détails[80]. Dans un autre incident, un photojournaliste de La Patilla est agressé par la police nationale qui tentait de lui perquisitionner sa caméra alors qu'il prenait des photos des événements à Las Mercedes[81],[82],[83]. Une semaine après son agression à Las Mercedes, le photojournaliste de La Patilla est agressé une nouvelle fois par la police nationale à Baruta[84]. Alors qu'il prenait des photos des manifestations le 14 mai, un groupe de journalistes dit avoir été agressé par la garde nationale[85]. Le 27 mai, le journaliste de La Patilla est attaqué pour la troisième fois et tiré dessus par la garde nationale[86]. Deux journalistes sont blessés le 5 juin[87].

Le 13 février, le siège à Caracas de Venezolana de Televisión, chaine de télévision réputée favorable au gouvernement, est attaquée avec des armes à feux. Le 29 mars, ses locaux situés dans l’État de Táchira sont également attaqués avec des jets de pierres et de cocktail molotov[88].

Médias étrangersModifier

Le Robert F. Kennedy Center for Justice and Human Rights explique que « les informations concernant les manifestations ont été plus que difficile à récolter par les médias officiels et ONG, du fait que le gouvernement tente d'étouffer les événements » et que les « les journalistes ont été menacés et arrêtés, et leurs équipements confisqués et détruits[89]. » Du matériel appartenant à CNN a été confisqué et possiblement détruit par les forces gouvernementales[90]. Ces menaces proférées par le président Maduro a créé un « climat de plus en plus oppressant » pour les journalistes[91]. Les chaînes de télévision au Venezuela arrivent difficilement à retransmettre les événements en direct[92].

CensureModifier

 
Signe d'opposition : « Pourquoi les vénézuéliens manifestent ? Insécurité, injustice, pénuries, censure, violence, corruption. Manifester n'est pas un crime, c'est un droit. »

Le secrétariat de Reporters sans frontières explique, dans une lettre au président Maduro, condamner la censure menée par le gouvernement vénézuélien ; en réponse à cette lettre, Delcy Rodríguez nie ces attaques[93]. Selon le journal espagnol El País, la National Telecommunications Commission of Venezuela (Conatel) a exigé des fournisseurs Internet vénézuéliens tout blocage à l'accès de sites allant à l'encontre du gouvernement[94]. El País rapporte également une possible limitation des informations depuis DirecTV, CANTV (en), Movistar et un blocage possible de l'accès sur YouTube et Twitter[94].

InternetModifier

Des images sur Twitter ont été temporairement rapportées indisponibles au Venezuela pendant 3 jours (12–15 février) après leur blocage par le gouvernement vénézuélien[95],[96]. Le porte-parole de Twitter Nu Wexler explique en ses termes : « Je confirme que les images ont été bloquées au Venezuela » et ajoute « nous sommes sûr que ce blocage a été mené par le gouvernement[97],[98]. » Cependant, le gouvernement vénézuélien explique n'avoir bloqué aucun accès sur Twitter, et qu'il s'agissait d'un problème technique[99].

L'accès à Internet est rapportée indisponible à San Cristóbal pour plus d'un demi million d'utilisateurs à la suite des restrictions d'accès[100],[101],[102],[103],[104]. Cet événement survient après les menaces du président Maduro qui pesaient contre Táchira[105]. L'accès à Internet est restreint pendant un jour et demi[106].

Médias locaux et étrangersModifier

Une lettre de menace de mort a été posée sur le pare-brise d'une journaliste à Tupamaro. La note était intitulée Operation Defense of the Socialist Revolution, Anti-Imperialist, and Madurista Chavista[107]. Un cameraman renvoyé de Globovisión a partagé des images censurées par l'agence montrant des troupes de la garde nationale et colectivos collaborant pendant les manifestations[108].

La chaîne d'informations colombienne NTN24 est retirée des ondes par CONATEL (l'agence gouvernementale vénézuélienne chargée à la supervision et au contrôle des télécommunications) pour « apologie de la violence[109]. » Le président Maduro dénonce également Agence France-Presse (AFP) de manipulation de l'information concernant les manifestations[110],[111]. Des équipes de CNN se sont vu retirer leur matériel par les forces de l'ordre et par la suite possiblement détruit[90].

Réseaux sociauxModifier

Les réseaux sociaux sont un moyen efficace pour les vénézuéliens de mettre en ligne toute information en provenance des rues, contrairement aux informations télévisées et radiophoniques filtrées par le gouvernement[112]. La popularité des réseaux sociaux chez la plupart des vénézuéliens est du au manque de confiance en leur gouvernement[72]. Selon Mashable, Twitter est très populaire chez les vénézuéliens et selon l'opposition : « le Venezuela est une dictature, et le seul réseau libre d'accès est Twitter[113]. »

RéactionsModifier

Le gouvernement a dénoncé face aux manifestations, des tentatives de coup d’État, de dérive fasciste de la droite vénézuélienne ou d'orchestration de guerre civile, théories que la directrice de Control Ciudano, une ONG, dément : les portefeuilles ministériels et les postes de gouverneur de région sont détenus à 25 % et 47 % respectivement par des militaires et anciens militaires, faisant de l'armée une alliée du pouvoir en place. Selon un sociologue, l'évocation de la tentative de coup d'état perpétrée en 2002 par l'opposition alors qu'Hugo Chávez était en exercice, est un élément de langage politique permettant au gouvernement de se poser en victime et de criminaliser les manifestations. Les accusations de fascisme sont des qualifications souvent employées par le gouvernement pour pointer du doigt les manœuvres de l'opposition[26].

Organisations internationalesModifier

  •   ALBA – soutient le gouvernement Maduro[114]
  • L'Union européenne se sent profondément concernée par les incidents qui se sont déroulées à Caracas le 12 février, et appelle les partis politiques du pays à trouver un accord dans le calme[115].
  • Le Marché commun du Sud rejette « les actions criminelles des groupes violents qui ne font que propager l'intolérance et la haine au Venezuela[116]. »
  • L'Union des nations sud-américaines exprime sa solidarité envers le gouvernement vénézuélien et les familles des victimes, appelant ainsi à la paix[117].
  • Les Nations unies se sentent profondément concernées quant à l'escalade de la violence au Venezuela, qui implique la mort d'au moins trois personnes lors des manifestations, et appellent au dialogue[118].

Réactions internationalesModifier

  •   Argentine – le pays condamne ces démonstrations de force qu'il juge non-démocratique, et apporte son soutien au président Maduro[119]. Le soutien de l'Argentine à Maduro a été vivement critiqué par Laura Alonso, députée du parti de l'opposition Propuesta Republicana[120].
  •   Bolivie – le pays accuse l'opposition vénézuélienne de mener un coup d'État[121].
  •   Brésil – Luiz Alberto Figueiredo, ministre des Affaires étrangères brésilien, explique que son gouvernement surveille de près la situation au Venezuela[122].
  •   Chili - le Chili regrette les morts lors des manifestations à Caracas et exprime ses condoléances aux familles des victimes. Le Chili encourage également un dialogue de paix[123].
  •   Colombie - le pays déplore ces violences et exprime ses condoléances aux familles des victimes[124].

Notes et référencesModifier

  1. (es) Hernan Lugo-Galicia, « Denunciarán en la ONU torturas registradas en 2014 », (consulté le 11 septembre 2014).
  2. (es) « Protestas han dejado 42 muertos, 873 lesionados y 224 privados de libertad », sur YVKE Mundial Radio, (consulté le 2 juillet 2014), El Ministerio Público realizó un balance de las actuaciones realizadas desde el pasado 12 de febrero cuando iniciaron las manifestaciones en gran parte del país, hasta el 21 de mayo y que han dejado el lamentable saldo de 42 personas fallecidas, 873 lesionados, 3.210 aprehendidos y presentados ante los órganos de justicia y 224 privados de libertad.
  3. a et b (en) « Conflictividad social en Venezuela en marzo de 2014 », Observatorio Venezolano de Conflictividad Social.
  4. (en) « Venezuela: Paramilitares atacaron 1 de cada 3 protestas », (consulté le 24 avril 2014).
  5. (es) « Reportan la muerte 41 desde el inicio de las protestas », sur entornointeligente, (consulté le 4 avril 2014), Una joven Atropellada en una manifestacipon en Prebo, Valencia, a mediados de marzo, falleció este jueves. Es la víctima 41 desde el inicio de las protestas el 12 de febrero.
  6. « Venezuela's Maduro says 2013 annual inflation was 56.2 pct », (consulté le 19 janvier 2014).
  7. « Venezuela Inflation Hits 16-Year High as Shortages Rise », (consulté le 16 février 2014).
  8. « Médias et Venezuela : qui étouffe qui ? », sur Le Monde diplomatique, (consulté le 13 juin 2016)
  9. a, b et c « Bonnes et mauvaises victimes au Venezuela - Mémoire des luttes », sur www.medelu.org (consulté le 11 juin 2016)
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  13. (es) Daniel Lozano, « Leopoldo López llama a la calle y se mide con Henrique Capriles », sur El Mundo, (consulté le 13 février 2014).
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  16. (es) « 5 claves para entender las protestas estudiantiles en Venezuela », (consulté le 13 février 2014)
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Voir aussiModifier