Mahamat Idriss Déby

militaire et homme d'État tchadien

Mahamat Idriss Déby, né le , est un officier et homme d'État tchadien. Après la mort de son père Idriss Déby, en , il devient président du Conseil militaire de transition et président de la République.

Mahamat Idriss Déby
Fonctions
Président du Conseil militaire de transition
Président de la République (de facto)
En fonction depuis le
(1 an, 1 mois et 1 jour)
Vice-président Djimadoum Tiraina
Premier ministre Albert Pahimi Padacké
Prédécesseur Idriss Déby (président de la République)
Biographie
Surnom Mahamat Kaka
Date de naissance [1] (38 ans)
Lieu de naissance Massakory
Nationalité Tchadienne
Père Idriss Déby
Fratrie Brahim Déby Zakaria Déby
Profession Militaire
Religion Islam
Résidence Palais rose (N'Djaména)

Mahamat Idriss Déby
Présidents de la République du Tchad

BiographieModifier

Origines et formationModifier

Fils d'une mère gorane[2], il est élevé par la mère du président Idriss Déby, et porte pour cette raison le surnom de « Mahamat Kaka » (kaka signifiant « grand-mère » en arabe tchadien)[3].

Le jeune homme effectue l'ensemble de sa scolarité secondaire au Tchad, hormis sa quatrième et sa troisième, en France. Il étudie ensuite un an et demi au lycée militaire d'Aix-en-Provence, en classes préparatoires littéraires. À son retour, il est inscrit à l'école d'officier Gémia (Groupement des écoles militaires interarmées). Il en sort sous-lieutenant[4].

Carrière militaireModifier

Son père le fait affecter à la Direction générale de service de sécurité des institutions de l'État (DGSSIE), la garde prétorienne du régime[3], en tant que commandant adjoint du groupement d’infanterie.

Sa première expérience au combat a lieu en [réf. nécessaire], lorsque les Forces unies pour le changement (FUC) de Mahamat Nour Abdelkerim lancent un raid sur la capitale du Tchad. Il est promu au grade de commandant[4].

En , il est nommé général de brigade et participe à la bataille victorieuse d'Am-Dam contre une coalition de groupes rebelles menée par Timan Erdimi, dans l'est du Tchad[3],[4].

Il reçoit en 2010, au sein de la DGSSIE, le commandement de l'escadron blindé et des gardes du corps. En 2012, il est ensuite nommé à la tête du groupement no 1 de la DGSSIE (sur trois groupements), chargée de la sécurité du palais présidentiel[5].

En 2013, il est nommé au poste de commandant en second des Forces armées tchadiennes en intervention au Mali (Fatim)[4], dans le nord du Mali, sous les ordres du général Oumar Bikomo, mais en serait le chef officieux[3]. Il participe notamment à la bataille du Tigharghâr.

Le , Mahamat Idriss Déby est nommé directeur général de la DGSSIE[6]. En , il est élevé au grade de général de corps d'armée[7],[4].

Mahamat Idriss Déby devient général d'armée le 2 décembre 2021[8]

Chef de l'ÉtatModifier

Au lendemain de la mort de son père Idriss Déby le , il prend la tête d'un Conseil militaire de transition et, en vertu de la charte de ce Conseil, occupe la fonction de président de la République[9],[10]. La Constitution du , révisée le , qui prévoit qu'en cas de vacances du pouvoir, le président du Sénat[N 1] assure l'intérim pendant 45 à 90 jours, le temps d'élire un nouveau président de la République, est ainsi suspendue[11]. L'armée annonce la dissolution de l'Assemblée nationale et du gouvernement, puis décrète la fermeture des frontières et l'instauration d'un couvre-feu. Le Conseil militaire de transition annonce prendre le pouvoir pour une durée transitoire de dix-huit mois, à l'issue de laquelle des élections doivent être organisées[12].

Le 25 septembre 2021, il nomme les 93 membres du Conseil national de transition[13].

Vie privéeModifier

Mahamat Déby est marié à une Gorane, Dahabaye Oumar Souny, journaliste au service de la presse présidentielle et fille de Oumar Sounny, un haut gradé proche de l'ancien président Hissène Habré[2] qui a été notamment à la tête de la Brigade spéciale d’intervention rapide (BSIR)[14], le bras armé de la Direction de la documentation et de la sécurité (DDS).

Père de neuf enfants, il est musulman pratiquant[4].

Notes et référencesModifier

NotesModifier

  1. Attributions dévolues de façon transitoire au président de l'Assemblée nationale, en attendant la mise en place du Sénat.

RéférencesModifier

  1. « Portrait », sur presidence.td, (consulté le ).
  2. a et b « Passé en France, appelé "grand-mère"... Le CV de Mahamat Idriss Déby, nouvel homme fort du Tchad », sur lexpress.fr, (consulté le ).
  3. a b c et d Christophe Boisbouvier, « Armée tchadienne : Mahamat Idriss Déby Itno, un monsieur très discret », sur jeuneafrique.com, (consulté le ).
  4. a b c d e et f Jean-Louis Tremblais, « Tchad, l'homme clé du Sahel », Le Figaro Magazine,‎ , p. 56-64 (lire en ligne).
  5. « Tchad : La DGSSIE est sur le point de s’exploser », sur tchadhanana.info, (consulté le ).
  6. « Tchad : Le général Mahamat Idriss Déby prend la tête de la DGSSIE », sur alwihdainfo.com, (consulté le ).
  7. « Tchad : Idriss Déby, un général qui banalise le grade de général dans l’armée », sur tchadpages.com, (consulté le ).
  8. « Au Tchad, le général Mahamat Idriss Deby Itno s'octroie une étoile supplémentaire », sur rfi.fr, (consulté le ).
  9. « Deby, maître du Tchad et allié stratégique de l’Occident dans la lutte contre les jihadistes », sur lorientlejour.com, (consulté le ).
  10. « Tchad : le fils d'Idriss Déby occupe la fonction de “président de la République”, prévoit une Charte de transition », sur francetvinfo.fr, (consulté le ).
  11. « Constitution du 4 mai 2018, révisée le 14 décembre 2020 » [PDF], sur letchadanthropus-tribune.com (consulté le ).
  12. « Tchad : tout juste réélu, le président Idriss Déby tué au combat », sur liberation.fr, (consulté le ).
  13. « Tchad: Mahamat Idriss Déby nomme le parlement de transition, le CNT », sur RFI, RFI, (consulté le ).
  14. (en) « Chad: The Victims of Hissène Habré Still Awaiting Justice », sur hrw.org, (consulté le ).