Ma terre et mon peuple

livre de Tenzin Gyatso

Ma terre et mon peuple
Image illustrative de l’article Ma terre et mon peuple
Portrait du 14e dalaï-lama en 1956, New Delhi, Inde

Auteur Dalaï Lama
Pays Angleterre
Directeur de publication David Armine Howarth
Genre essai, autobiographie
Version originale
Langue anglais
Titre My Land and My People
Éditeur Weidenfeld & Nicolson
Lieu de parution Londres
Date de parution 1962
Version française
Traducteur Yves Massip
Éditeur Éditions John Didier
Lieu de parution Paris
Date de parution 1963
Couverture Kinsey Brothers
Nombre de pages 301
Chronologie

Ma terre et mon peuple est le premier livre et la première autobiographie du 14e dalaï-lama. Publié en 1962, l'ouvrage décrit l'invasion et l'occupation chinoise du Tibet à une large auditoire[1], trois ans après que le dalaï-lama fut contraint de fuir le Tibet après le soulèvement tibétain de 1959. Écrit en tibétain (tibétain : ངོས་ཀྱི་ཡུལ་དང་ངོས་ཀྱི་མི་མང, Wylie : ngos kyi yul dang ngos kyi mi mang), il a été traduit en anglais et mis en forme par David Armine Howarth[2], ou écrit avec lui[3]. Traduit en français par Yves Massip et publié par les éditions John Didier en 1963, il a été traduit à nouveau par Alain Rodari et réédité sous le titre Mon pays et mon peuple en 1984 chez Olizane. Sa seconde autobiographie, Au loin la liberté, a été publiée en 1991. À l'occasion d'une réimpression pour le film Kundun en 1997, le dalaï-lama a déclaré à propos de Mon pays et mon peuple que l'ouvrage est à la fois authentique et autobiographique[4].

RésuméModifier

Dans le livre, le dalaï-lama donne une brève description de sa vie méconnue au Tibet et parle de l'occupation chinoise, qui a atteint le plus haut degré durant son exil. L'information sur le statut du peuple tibétain, comme l'espérait le dalaï-lama, remplacera les idées fausses à propos du Tibet et montra pourquoi le Tibet avait besoin d'une aide extérieure[5].

Version anglaiseModifier

En 1961 David Armine Howarth rendit une longue visite au dalaï-lama dans les Himalaya pour le conseiller sur son autobiographie[6]. David Howarth fut le nègre littéraire de l'ouvrage[7]. Le livre fut écrit en anglais avec son assistance et celle de l'interprète Sonam Topgyal Kazi[8]. En 1978, il n'y avait que peu d'ouvrages au sujet du 14e dalaï-lama en dehors de son autobiographie Mon pays et mon peuple, ce qui incita Michael Harris Goodman à écrire Le Dernier Dalaï-Lama ?, une biographie publiée en 1986[9].

Publication en FranceModifier

En 1962, l'éditeur de la traduction en français de l'autobiographie du dalaï-lama sollicita une interview de Thoupten Phuntshog et de Dagpo Rinpoché par Pierre Dumayet à la maison de la Radio qui fut diffusée au journal télévisé de 20 heures de la RTF[10].

Censure en république populaire de ChineModifier

Une copie secrète de l'autobiographie du dalaï-lama interdite au Tibet y circula. Elle incita Tenzin Bagdro à travailler pour le respect des droits de l'homme pour les Tibétains avant son arrestation en 1987[11].

Traduction en cinghalaisModifier

La traduction cinghalaise de l'autobiographie a été effectuée par Jinadasa Hewage et publié par l'Association bouddhiste tibétaine du Sri Lanka[12]. Irida Lankadeepa (en), un quotidien sri-lankais, a débuté le la publication hebdomadaire de l'autobiographie. Mais sous la pression de l'ambassade de Chine à Colombo a été contraint d'y mettre fin en 2018. Le Dr Damenda Porage président de la Sri Lankan Tibetan Buddhist Brotherhood Society, et Ruwan Harischandra, principal traducteur cinghalais de l'autobiographie, a exhorté le quotidien à poursuivre la publication, qui était auparavant prévue comme une série hebdomadaire de cinquante chapitres[13].

Accueil critiqueModifier

Marguerite Yourcenar déclara à propos de l'ouvrage qu'il est « un des plus grands témoignages de notre époque »[14].

Pour le tibétologue et historien Turrell Wylie, il s'agit d'un document de politique contemporaine sur l'occupation communiste chinoise du Tibet, les événements de la révolte de 1959, et la fuite du dalaï-lama en exil en Inde. C'est un compte rendu de la destruction communiste d'une culture et d'une société qui existe depuis plus de mille ans. L'ouvrage apporte un nouvel éclairage sur nombre d'aspects de la révolte tibétaine. Ainsi, les lettres controversées écrites par le dalaï-lama à Tan Kuan-san, commissaire politique de l'Armée populaire de libération, qui ont été citées ultérieurement par les communistes pour montrer que le dalaï-lama avait été enlevé par les Tibétains contre sa volonté, sont expliquées en détail[8].

Pour l'historien Tsering Shakya, il ne faut pas s'attendre à ce que les autobiographies du dalaï-lama contiennent une relation exacte des événements historiques, elles sont écrites pour la consommation du grand public et pour obtenir des appuis à la cause tibétaine[15].

Pour l'écrivain britannique Pico Iyer, cette première autobiographie du dalaï-lama donne une vue inestimable de ses pensées et de ses projets peu après son exil[16].

ÉditionsModifier

En anglais :

En français :

  • Ma terre et mon peuple (trad. Yves Massip), Paris, éditions John Didier, , 301 p..
  • Mon pays et mon peuple : mémoires (trad. de l'anglais par Alain Rodari), Genève, Olizane, , 238 p. (ISBN 2-88086-018-0).

En japonais :

RéférencesModifier

  1. (en) Donald Sewell Lopez, Jr., Introduction, Opening the Eye of New Awareness, Dalai Lama, p. 10.
  2. (en) Pradeep Kumar, Dalai Lama, in International Encyclopedia of Civil Society, p. 601.
  3. (en) Tore Frängsmyr, Irwin Abrams, Peace, 1981-1990, p. 263.
  4. McMillin, Laurie Hovell, English in Tibet, Tibet in English : Self-Presentation in Tibet and the Diaspora, Palgrave Macmillan, , p. 175
  5. Patricia Cronin Marcello, Charming the world, The Dalai Lama: a biography, Greenwood Publishing Group, 2003, (ISBN 0313322074 et 9780313322075).
  6. (en) David Armine Howarth, The desert king: Ibn Saud and his Arabia, McGraw-Hill, 1964, p. 309 : « In 1961 he made a long visit to the Dalai Lama in the Himalayas to advise him about his autobiography, My Land and My People. »
  7. (en) Rajiv Mehrotra, Understanding the Dalai Lama, Viking. 2006. (ISBN 0670058106), p. 46
  8. a et b (en) Turrell Wylie, My Land and My People, The Journal of Asian Studies, Volume 22 / Issue 02, February 1963, p. 220.
  9. Michael Harris Goodman, préface, Le Dernier Dalaï-Lama ?, p. 9.
  10. Jean-Philippe Caudron, Thoupten Phuntshog, J'ai connu le Tibet libre, Grasset, 2001, (ISBN 2246576318 et 9782246576310), p. 304-305
  11. (en) Timothy H. Holtz, A Doctor in Little Lhasa: One Year in Dharamsala with the Tibetans in Exile, Dog Ear Publishing, 2009, (ISBN 1598588834 et 9781598588835), p. 55
  12. (en) Sri Lanka’s bestselling weekly serializing Dalai Lama’s autobiography, Tibetan Review, 21 novembre 2017
  13. (en) Tenzin Monlam, Sri Lankan daily halts Dalai Lama autobiography section under China’s pressure, Phayul.com, 9 janvier 2018
  14. Progrès, Numéros 100 à 111, Centre Paul Hymans, 1986, p. 25
  15. Tsering Shakya, Dragon In The Land Of Snows: The History of Modern Tibet since 1947, Random House, 2012, 624 pages, non paginé (livre électrique Google) : « In exile some leading Tibetan officials have published their autobiographies in Tibetan (and sometimes in English). Notable among these are the two autobiographies of the Dalai Lama. These should not be taken to provide an accurate historical account; they are written for popular consumption and to entice support for the Tibetan cause ».
  16. Pico Iyer, Les Chemins du Dalaï-Lama, Albin Michel, 2011, (ISBN 9782226219206), p. 265

AnnexesModifier

Articles connexesModifier

Liens externesModifier