Tibetan Review

Tibetan Review
Image illustrative de l’article Tibetan Review

Pays Drapeau de l'Inde Inde
Langue Anglais
Périodicité Mensuelle
Format Magazine
Genre Généraliste
Diffusion 5000 ex. (1968)
Fondateur Lodi Gyari Rinpoché
Date de fondation Janvier 1968
Ville d’édition New Delhi

Directeur de publication Pema Thinley
ISSN 0040-6708
OCLC 759623170
Site web Tibetan Review

Tibetan Review est un magazine mensuel fondé en 1967 en Inde par des Tibétains en exil et traitant de leurs activités de par le monde ainsi que du Tibet. Il est écrit en langue anglaise et publié à New Delhi en Inde.

HistoriqueModifier

Sous le nom de The Voice of Tibet, un précurseur de la revue fut fondé en 1967 à Darjeeling par Lodi Gyari Rinpoché[1],[2].

En , Tenzin Ngawang Takla devint le rédacteur en chef du magazine, qu'il rebaptisa Tibetan Review, son nom officiel depuis janvier 1968[3]. Le manque de financement contraint la Tibetan Review à se tourner vers Dharamsala en 1971. Le Gouvernement tibétain en exil réagit en fondant un nouveau département pour héberger la rédaction du magazine ainsi que celle de Sheja. Ce département fut appelé Bureau d'informations, prédécesseur du ministère de l’information et des relations internationales[2]. Vers 1970–1972, Tenzin Namgyal Tethong prit la succession.

Entre 1973 et 1977, l’écrivain Dawa Norbu fut aux commandes éditoriales. Sous sa direction, Tibetan Review fut transférée à New Delhi. Avant d’en reprendre la direction éditoriale, il s’assura auprès du Bureau d'informations qu’il aurait une pleine indépendance éditoriale. Avec cette garantie, Dawa Norbu et son successeur, Tsering Wangyal (en) (1949-2000)[4], qui en fut le rédacteur en chef pendant plus de vingt ans, transformèrent la revue en une institution respectée du monde tibétain exilé[2]. Les dernières années, Tsering Wangyal résida aux États-Unis, et Lhasang Tsering réalisa le travail éditorial.

Selon Thubten Samphel, Dawa Norbu et Tsering Wangyal ont créé une nouvelle génération de Tibétains : la génération Tibetan Review, née au Tibet, éduquée en exil, utilisant le forum fourni par la revue pour discuter comment regagner son héritage perdu. L'impact de Tibetan Review devint planétaire. Elle est devenue un forum permettant aux Tibétains des quatre coins du monde et leurs amis de lancer de nouvelles idées pour renforcer le mouvement tibétain au niveau mondial. Tibetan Review est devenue l’une des rares publications en exil qui ait réussi à intéresser l'opinion internationale au sort du peuple tibétain[2].

Pema Thinley prit la succession en 1996[5].

Présentation de la revue et points de vue de différents auteursModifier

Tibetan Review se définit comme un magazine mensuel, éditorialement indépendant, de nouvelles et d'articles de fond sur le Tibet et les Tibétains. Outre une analyse régulière de la situation actuelle au Tibet se fondant sur des sources fiables, le magazine publie des articles sur les activités des Tibétains libres vivant en exil et sur d’autres activités liées au Tibet de par le monde. Il contient aussi des articles d'intérêt général sur divers aspects de la vie et de la culture tibétaine[6],[7].

Pour le professeur Barry Sautman, Tibetan Review est l'organe de presse indépendantiste des exilés[8]. En 1995, Barry Sautman et Shiu-hing Lo la qualifient de principal porte-parole de la tendance « indépendance complète » chez ces derniers[9].

Pour Dorothy Stein, Tibetan Review est l'équivalent d'une opposition loyale au gouvernement tibétain en exil[10].

Selon Françoise Aubin, Tibetan Review est une publication officieuse du gouvernement en exil, patronnée par lui mais exempte de sa censure. C'est un mensuel d’informations et une tribune de défense pour la cause tibétaine, riche en nouvelles[11].

Tibetan Review est qualifié d'indépendante par l'écrivain Patrick French[12] et par des journalistes[13].

Pour Yves Kernöc'h, Tibetan Review est considéré comme la référence internationale sur le Tibet contemporain[14].

La revue propose un espace pour l'expression contestataire des jeunes générations, rapporte Dibyesh Anand[15].

Rôle au sein de la diaspora tibétaineModifier

Pour Christiane Labiesse, docteur en anthropologie et en sciences de l'information et de la communication ayant analysé près de 100 éditoriaux de la Tibetan Review, le magazine a constitué un lien communautaire capable d'entretenir une conscience identitaire et de contribuer à la survie de la diaspora tibétaine[16].

Notes et référencesModifier

  1. Tibetan Review, site du Courrier international.
  2. a b c et d (en) Thubten Samphel, Virtual Tibet: The Media, in Exile as challenge: the Tibetan diaspora, sous la direction de Dagmar Bernstorff, Hubertus von Welck, Orient Blackswan, 2003, 488 pages, en part. pp. 172-175 – (ISBN 81-250-2555-3), (ISBN 978-81-250-2555-9) : « Another ’great leap forward’ in the creation of the Tibetan press in exile was the establishment of Voice of Tibet, started by Lodi Gyari, […] editor till the magazine changed its name to Tibetan Reviewin 1968. The magazine, the first Tibet-in-exile magazine in English, was mimeographed, printed and published from Darjeeling. […] lack of money forced both Sheja and Tibetan Review to turn to Dharamsala in 1971. The Government responded by setting up a whole new department to house the two publications. It was called the Information Office, the predecessor of the Department of Information and International Relations. […] Under the editorship of Professor Dawa Norbu, […], the Tibetan Review moved to New Delhi. Before taking over as the editor, he secured a guarantee from the Information Office that it would give him full editorial independence. With this guarantee, Dawa Norbu and his successor, Tsering Wangyal, who served as the editor of the Tibetan Review for more than twenty years, turned the magazine into a venerated institution of the exiled Tibetan world. They created a whole new generation of Tibetans: the Tibetan Review generation, born in Tibet, educated in exile and using the forum provided by the Review to discuss how to redeem their lost inheritance. […] The impact of the Tibetan Review was planetary. It became a forum for Tibetans from all four corners of the world and their friends to throw up new ideas and inspirations to strengthen the worldwide Tibet movement. […] The Tibetan Review became one of the few exile publications that managed to turn around international opinion in favour of the Tibetan people. »
  3. (en) Tibetan Review.
  4. https://web.archive.org/web/20020115013001/http://www.tibet.net/eng/diir/tibbul/0101/obituary.html
  5. (en) Tibetan Review and its editors.
  6. (en) Tibetan Review, independent, objective, extensive, site tibetan.review.to : « Tibetan Review is an editorially independent monthly publication of news and features on Tibet and the Tibetans. Besides regular survey of the current situation in Tibet based on reliable sources, the paper gives reports on activities of the free Tibetans living in exile and other Tibet-related activities all over the world. Each issue also contains articles of general interest on various aspects of Tibetan life and culture. »
  7. (en) [1].
  8. (en) Barry Sautman, All that Glitters is not Gold, Tibet as a Pseudo-State, Maryland Series in Contemporary Asian Studies, No 3-2009, p. 10 : « the exile pro-independence organ ».
  9. (en) Barry Sautman and Shiu-hing Lo, The Tibet Question and the Hong Kong Experience, Occasional Paper/Reprint Series in Contemporary Asian Studies Series, Number 2 - 1995 (127) : « The "complete independence" tendency has a number of organs and controls the exiles' main external voice, the Tibetan Review ».
  10. (en) Dorothy Stein, People who count: population and politics, women and children, p. 187 : « The Tibetan Review is what almost amounts to a loyal opposition, and has at various times been critical of the exile government, though not of the Dalai Lama himself »
  11. Françoise Aubin, Ecrits récents sur le Tibet et les Tibétains. Bibliographie commentée, in Les Cahiers du CERI, n° 6 – 1993., p. 11 : « alors que Tibetan Review, une publication officieuse du gouvernement en exil (patronnée par lui, mais exempte de sa censure), est un mensuel d’informations et une tribune de défense pour la cause tibétaine : de pauvre apparence, il est riche en nouvelles (à Delhi, édité par Tsering Wangyal, depuis 1965). »
  12. Patrick French, Tibet, Tibet, une histoire personnelle d'un pays perdu, p. 319 : « le mensuel indépendant Tibetan Review »
  13. (en) Colleen Ballerino Cohen, Richard Wilk et Beverly Stoeltje, Beauty queens on the global stage: gender, contests, and power, p 184 : « Two independent Tibetan publications present exile perspectives on Tibet: the English-langage Tibetan Review published in Delhi and the Tibetan-langage Mang-Tso (Democracy) published in Dharamsala. ».
  14. Yves Kernöac'h, Médias en 1993, in Tibet, l'envers du décor, O. Moulin (ed.), Olizane, Paris, 1993, pp. 227-248 (ISBN 2-88086-130-6) : « Elle est en fait devenue la référence internationale sur le Tibet contemporain ».
  15. (en) Dibyesh Anand, Geopolitical exotica: Tibet in western imagination, p. 146 : « Magazines including Tibetan Review often provide space for the dissenting voices of younger generations. »
  16. Christiane Labiesse, Tibetan review : étude des dispositifs communicationnels Thèse de doctorat en Sciences de l'information et de la communication, Université Toulouse 2, 2008.

AnnexesModifier

BibliographieModifier

Articles connexesModifier

Liens externesModifier