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Tsering Shakya

historien tibétain
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Shakya.
Tsering Shakya
Naissance (59 ans)
Lhassa
Activité principale
Auteur
Langue d’écriture Anglais
Genres
Essai

Œuvres principales

Tsering Shakya, ou Tsering Wangdu Shakya (tibétain : ཚེ་རིང་དབང་འདུས་ཤཱཀྱ་, Wylie : Tse-ring Dbang-'dus Shaakya), né en mai 1959 à Lhassa (Tibet, République populaire de Chine), est un anthropologue et historien tibétain émigré[2] (ou exilé)[3] installé au Canada[4]. Il est professeur associé à l'Institut de recherches asiatiques de l'université de la Colombie-Britannique et titulaire de la chaire de recherche canadienne en religion et étude de la société asiatique contemporaine[5].

Sommaire

BiographieModifier

Tsering Shakya naît en mai 1959 à Lhassa, au Tibet, trois mois après que le soulèvement tibétain a mis un terme à l'accord sino-tibétain sur la Libération pacifique du Tibet. Son père était traducteur auprès du Consulat du Népal à Lhassa[6].

Fuyant la révolution culturelle, sa mère quitte, en 1967, la région autonome du Tibet avec le jeune garçon et son autre sœur et gagne le Népal[1],[7] puis l'Inde.

Le jeune garçon est envoyé étudier pendant cinq ans dans une école tibétaine en exil à Mussoorie (Uttarakhand), dans le nord de l'Inde[8],[9].

En 1973, à l'âge de treize ans, il est envoyé, ayant obtenu une bourse[8], loin de là où se concentre la communauté tibétaine en exil, dans un petit pensionnat du Hampshire en Angleterre[10].

Plus rare encore pour un exilé tibétain, il poursuit en 1978 ses études de premier cycle dans une université britannique, l'École des études orientales et africaines de l'université de Londres[11]. Il y décroche, en 1981, une licence d'anthropologie sociale et d'histoire de l'Asie du Sud (avec mention)[8],[12].

Entre 1983 et 1990, il travaille pour le compte de conseils municipaux travaillistes à Londres dans le cadre de campagnes menées contre le racisme[8].

Il collabore également au Tibet Information Network que dirige Robert Barnett : il y est directeur de recherche[13],[14],[15].

De 1991 à 1994, il est enseignant au Centre des études sur les réfugiés au Queen Elizabeth College de l'université d'Oxford[12].

L'année 1999 voit la parution de son livre sur l'histoire du Tibet moderne depuis 1947[8] : The Dragon in the Land of Snows: A History of Modern Tibet Since 1947[12].

En 2000, il publie, avec Frank Stewart et Herbert J. Batt, Song of the Snow Lion: New Writing from Tibet, la première anthologie de nouvelles et de poèmes écrits par des auteurs tibétains modernes[8].

De 1999 à 2002, il est enseignant-chercheur en études tibétaines à l'École des études orientales et africaines[12]. Il obtient un diplôme de maîtrise en 2000 (sujet : Dondrup Gyal and the Search for Tibetan Modernism: A Study of Dondrup Gyal’s Literary Works) et présente, en juin 2004, une thèse de doctorat intitulée The emergence of modern Tibetan literature : gsar rtsom [12],[16].

Le 23 janvier 2003, il participe à une discussion ouverte sur les relations sino-tibétaines aux côtés de Tsering Dhondup Gonkatsang (1951-2018) et Sonam Tsering Frasi à Londres[17].

En tant que consultant indépendant et analyste, Tsering Shakya s’est adressé au Parlement européen et est régulièrement invité à conseiller les gouvernements occidentaux sur la politique envers le Tibet et la Chine. Depuis le début des années 1990, il a contribué à de nombreux programmes de télévision et de radio, et des documentaires.

Travaillant pour le compte du service d'informations sur le Tibet de Radio Free Asia (RFA), il dispose, tous les quinze jours, d'une tranche horaire pour y parler de la situation internationale et participe aussi régulièrement à la BBC et à CNN[18].

En 2004, l'université de la Colombie-Britannique à Vancouver (Canada), qui inaugure un programme d'études tibétaines contemporaines dans le cadre de son Institut de recherches asiatiques, nomme Tsering Shakya titulaire de la chaire de recherche canadienne en religion et étude de la société asiatique contemporaine[12],[19].

Il est président de l'Association internationale des études tibétaines[20] depuis son élection en 2013 lors du 13e séminaire à Oulan-Bator[21].

On peut voir Tsering Shakya dans le documentaire Tibet, le combat pour la liberté de 2009 des réalisateurs Ritu Sarin et Tenzin Sonam.

FamilleModifier

Le père de Shakya, qui est le directeur d'une petite école privée tibétaine, meurt lorsque celui-ci est enfant. L'irruption de la révolution culturelle divise sa famille, son frère aîné et sa sœur deviennent des gauchistes très engagés et un autre frère est arrêté pour s'être opposé à la révolution culturelle[8].

Shakya est l'oncle de Dechan Pemba, une Britannique d'origine tibétaine qui a séjourné à Beijing en Chine en 2006. Avant les Jeux olympiques de 2008, elle a été expulsée par au moins sept policiers en civil[22],[23].

PublicationsModifier

Notes et référencesModifier

  1. a et b SOAS Tibetan Studies Alumni
  2. (en) Barry Sautman, Tibet and the (Mis-) Representation of Cultural Genocide, in Barry Sautman (ed.), Cultural Genocide and Asian State Peripheries, Palgrave Macmillan, New York, 279 p., pp. 165-279, (ISBN 9781403975744) : « émigré historian Tsering Shakya terms old Tibet "abysmally feudal" ».
  3. (en) Tsering Woeser, Lixiong Wang, Voices from Tibet: Selected Essays and Reportage : « The leading Western-trained exile Tibetan historian, Tsering Shakya ».
  4. (en) Self-immolations and Chinese intellectuals : « Renowned Canadian-based historian Tsering Shakya ».
  5. (en)Fiche de Tsering Shakya sur le site de l'université de Colombie-Britannique : « Dr. Shakya holds the Canadian Research Chair in Religion and Contemporary Society in Asia at the Institute for Asian Research, University of British Columbia. »
  6. (en) Robert Barnett, Introduction in The Struggle for Tibet, Lixiong Wang, Tsering Shakya, 2009, p. 26 : « Shakya was born eight years after the troops arrived, three months after the Tibetan uprising of 1959 ended the initial Sino-Tibetan pact. Like Wang, Shakya stands somewhat apart from his peer group. Many of his exile generation were born in India after the 1959 exodus, but he was brought up for some years inside Tibet, where his father was a translator for the Nepalese consulate in Lhasa. That quasi-diplomatic status meant that the family was not subjected directly to the ideological demands and obligations that then surrounded them ».
  7. (en) Lauran R. Hartley, Patricia Schiaffini-Vedani, Modern Tibetan Literature and Social Change, p. 371.
  8. a b c d e f et g Tsering Shakya, « Tibetan Questions », New Left Review, (fr) La Chine et l’ordre du monde, p. 68.
  9. Robert Barnett, Introduction in The Struggle for Tibet, Lixiong Wang, Tsering Shakya, 2009, p. 26 : « In 1967, the family was allowed, because of its special status, to move to Nepal, and Shakya was sent to study for five years in an exile Tibetan school in Mussoorie, Northern India. »
  10. (en) Robert Barnett, Introduction in The Struggle for Tibet, Lixiong Wang, Tsering Shakya, 2009, p. 26 : « At the age of thirteen, he was moved further to the edges of the dominant exile community, being sent to a small boarding school in England. »
  11. Robert Barnett, Introduction in The Struggle for Tibet, Lixiong Wang, Tsering Shakya, 2009, p. 26 : « Rarer still for a Tibetan exile, he went on in 1978 to take an undergraduate degree at a British university, the School of Oriental and African Studies at the University... »
  12. a b c d e et f (en) CV de Tsering Wangdu Shakya.
  13. (en) Studying Tibet Today: a discussion with Robbie Barnett, The China Story Journal, Australian Centre on China in the World, 20 août 2014 : « During my time at the Tibet Information Network, I had already started working with this extraordinary young Tibetan scholar [...] at that time he was just a young graduate. »
  14. (en) Eileen Kaufman, Shelter from the Storm: An Analysis of U.S. Refugee Law as Applied to Tibetans Formerly Residing in India, Touro Law, 2009, Note 191 : « Affidavit of Tsering Shakya [...] the past director of research for the Tibet Information Network. »
  15. (en) Tibet's Stateless Nationals II, Tibet Justice Center, 2011 : « Professor Tsering Shakya is Research Chair of Religion and Contemporary Society at the Institute for Asian Research, University of British Columbia, the director of Tibet Times, a member of the advisory board of the International Association of Tibetan Studies, the past director of research for the Tibet Information Network, and the author of highly regarded books and articles on Tibetan history and culture, including, most prominently, THE DRAGON IN THE LAND OF SNOWS: A HISTORY OF MODERN TIBET SINCE 1947 (2000). »
  16. http://ethos.bl.uk/OrderDetails.do?uin=uk.bl.ethos.419807
  17. (en) Sino-Tibet Relations
  18. (en) Fiche de Tering Shakya au Department of Asian Studies à l'université de la Colombie britannique : « As an independent consultant and widely respected analyst, Tsering has addressed the European parliament and is regularly invited to advise Western governments on Tibet/China policy. As well as fulfilling various public-speaking engagements Tsering has, since the early 1990’s, contributed to many television and radio programmes, both location documentaries and studio-based discussions. He currently works off-air for Radio Free Asia’s (RFA) Tibet news service and on-air, every fortnight, presenting an international current affairs ‘slot’ on RFA, while also making regular appearances on the BBC and CNN. »
  19. (en) Robert Barnett, preface, p. ix, in Proceedings of the Tenth Seminar of the IATS, 2003, volume 11: Tibetan Modernities: Notes from the Field on Cultural and Social Change, International Association for Tibetan Studies, Semena, BRILL, 2008, 456 p. : « In 2004, the University of British Columbia inaugurated a Contemporary Tibetan Studies Program within its Institute of Asian Research and appointed Tsering Shakya as Professor of Religion and Contemporary Society in Asia ».
  20. (en)Fiche de Tsering Shakya sur le site de l'université de Colombie-Britannique.
  21. https://www.iats.info/people/
  22. « Briton runs afoul of China », Los Angeles Times,‎ (lire en ligne)
  23. « 中國人權專訪德慶邊巴 »,‎ 2010年2月24日
  24. compte rendu de Barry Sautman dans The Chinese Quarterly, vol. 171, September 2002, pp. 774-776

Liens internesModifier

Liens externesModifier