Lucienne Dugard

chanteuse française
Lucienne Dugard

Naissance
Nîmes
Décès (à 66 ans)
Bougival
Activité principale Chant
Soprano lyrique
Style Opéra, opéra-comique, variété
Distinctions honorifiques Prix Candide

Scènes principales

L'Alhambra, l'ABC, le Paris-Paris

Lucienne Dugard, née Noëlie Lucienne Rose Gros le à Nîmes et morte le à Bougival, est une soprano française. Elle a notamment enregistré les chansons de Blanche-Neige et les Sept Nains sur disque en 1938, chanté à l'Opéra-Comique et enregistré d'autres succès de variété et de jazz.

Ni elle, ni Elyane Célis n'est la voix de Blanche-Neige employée dans la version de 1938, puisque c'est Béatrice Hagen aux États-Unis qui a doublé le film[1]. Ces rumeurs ont néanmoins toujours permis au public de dresser un parallèle entre les deux artistes qui ont interprété un répertoire commun.

BiographieModifier

FamilleModifier

Son père, Jules Bertrand Gros né en 1874 est relieur. Sa mère, Eléonore Pallier, sans profession, est née en 1883. Lucienne Dugard obtient son premier prix de solfège en 1908, à l'âge de sept ans. Lucienne Dugard épouse le baryton André Baugé le 30 juillet 1929[2]. Elle a deux enfants avec André Baugé : Alain et Annick[3]. Le couple divorce en 1937[2]. Elle change alors son nom de scène pour Lucienne Dugard, en référence à son département natal[4].

DébutsModifier

Divers enregistrements retracent ses débuts en 1931 où elle interprète en duo avec André Beaugé Duo au clair de lune[4]. En 1932, elle enregistre l'air Tous les oiseaux de l'opérette Nina Rosa, créé par son mari au Théâtre du Châtelet et écrit par André Mouëzy-Éon[5]. Elle débute alors au Trianon-Lyrique et au Théâtre du Châtelet.

Elle obtient en 1938 le Grand Prix du Disque (Prix Candide)[6] avec son enregistrement de Un jour mon prince viendra (Pathé) aux côtés de Charles Trenet avec son titre Boum [7].

Elle enregistre alors en Un sourire en chantant, Un jour mon prince viendra[8], puis en septembre 1938[9] Je souhaite / Un chant et Sifflez en travaillant[10], là où Elyane Célis n'a gravé seulement Un jour mon prince viendra et Un sourire en chantant et brièvement enregistré les deux autres chansons dans une version récitée gravée sur disque. Les deux artistes ont cependant enregistré les airs de Blanche-Neige avec le même chef d'orchestre : Marcel Cariven[11].

Elle dit accepter d'enregistrer les quatre airs de Blanche-Neige et les Sept Nains sur disque dans l'espoir de l'amener au cinéma[12]. En 1940, elle joue ainsi dans le film Cora Terry [13] où elle double Marika Rökk. Elle y chante notamment Quand le printemps vient[14].

Elle débute l'opéra le dans le rôle de Gilda à l'Opéra-Comique[2]

En 1939, elle est marraine du 21e bataillon (117e R.I)[15] Elle enregistre la même année les chansons de Toute la ville danse dont la chanson Nos cœurs avaient vingt ans[16].

ApogéeModifier

À partir de 1940, elle se produit à l'ABC, à l'Aiglon, à l'Alhambra, au Paris-Paris[17] et elle chante régulièrement pendant l'occupation (surtout à Radio-Paris[18]) et fuit Bougival pour Paris pendant l'Exode[19]. Elle enregistre en 1941 les chansons de Fille D'Eve, dont le grand succès, Par une nuit de mai avec l'orchestre de Jacques Météhen[20]. Elle enregistre aussi La chanson du Postillon, tiré du film Jenny Lind, le rossignol suédois[21].

En 1941, elle enregistre la chanson Une chanson sur la dune de Loulou Gasté[22].

Elle chante en 1942 dans l'Affaire Styx de Karl Anton, sans être créditée[23].

En 1943, elle enregistre les chansons des films Annelie, Anouchka et Le Démon de la Danse [24]. La même année, on la voit aux côtés de Paul Meurisse et Johnny Hess à l'ABC où elle se produit fréquemment[25]. Tout comme Élyane Célis, elle enregistre la même année une chanson célébrant la Fête des Mères (Les Mamans) institutionalisé par le Régime de Vichy[26].

Elle retrouve Élyane Célis le au gala de la police donné au cinéma Lyon-Pathé. En 1946, elle grave un de ses grands succès Chansons grises, chansons roses, dont une émission radiophonique porte le même nom. Sur la face B est gravée Crinolines, composé également par Henri Bourtayre[27]. La même année, elle enregistre La Mer de Charles Trenet[28].

Soprano lyrique, elle chante régulièrement pour le public des airs d'opéra comme ceux de Rosine, de Lucia di Lamermoor, des Noces de Figaro[29] mais aussi des airs de Camille Saint-Saëns[30]. Son répertoire rappelle celui d'Elyane Célis et celui de Mado Robin.

Fin de carrièreModifier

Elle aurait pu avoir fait partie du Réseau Comète, groupe de résistance actif pendant l'occupation allemande[31]. Le Comité d'épuration à la Libération ne lui infligera qu'un blâme.

À partir de 1950, sa carrière décline et son nom disparaît peu à peu des programmes radiophoniques et opératiques, malgré une tournée en juillet 1951 à Rio De Janeiro où elle interprète des succès français des années 1900[32].

Elle donne des cours à l'école de chant de Bobino à partir des années 1960[2]. Elle épouse le Jules Moneron, directeur d'usine.

Elle meurt le au 12 rue de la Croix-aux-Vents à Bougival[33], et est inhumée au cimetière communal.

HommagesModifier

CitationModifier

« Une harmonie s'établit entre cette voix suave et la personne de l'artiste qui enchante et qui émeut. Je crains que le public n'y soit pas tout de suite sensible et ne mette trop de temps à apprécier comme il convient les dons de Mlle Dugard. »

— Mercure de France, 1 décembre 1939

RééditionsModifier

En 2017, une réédition CD chez Marianne Mélodie reprend ses succès[34].

PostéritéModifier

Le , au cours de l'émission Au nom de l'amour[35], Georges Moneron, deuxième mari et veuf de Lucienne Dugard, contacte Pierre Bellemare et formule une demande devant les spectateurs français. Il souhaite faire appel à l'aide de collectionneurs pour lui permettre de retrouver quelques enregistrements de sa femme, qu'elle avait l'habitude d'offrir à ses connaissances. Si Pierre Bellemare lui fait écouter Un jour mon Prince viendra, il lui fait aussi écouter d'autres titres inédits, et lui promet de lui faire parvenir des bandes magnétiques de chansons gravées sur disque[36].

Notes et référencesModifier

  1. Rémi Carémel, « Le premier doublage de Blanche-Neige enfin retrouvé ! », sur Le premier doublage de Blanche-Neige enfin retrouvé !, (consulté le )
  2. a b c et d « Ecoutez Lucienne DUGARD : », sur Site Jimdo de phonofolies! (consulté le )
  3. « 4 - Les enfants Baugé », sur Site Jimdo de phonofolies! (consulté le )
  4. a et b « ECMF (1918-1944) - Interprète : Mme GROS (Lucienne) », sur www2.biusante.parisdescartes.fr (consulté le )
  5. « ECMF (1918-1944) - "Nina-Rosa", opérette à grand spectacle en 2 actes et 12 tableaux  », sur www.ecmf.fr (consulté le )
  6. « Lucienne Dugard », Mercure de France,‎ , p. 128
  7. « Disques », Le Ménéstrel,‎ (lire en ligne)
  8. Lucienne Dugard - Un Sourire En Chantant / Un Jour Mon Prince Viendra (lire en ligne)
  9. « Film Perdu » (consulté le )
  10. Lucienne Dugard - Je Souhaite / Sifflez En Travaillant (lire en ligne)
  11. Various - L'Histoire de Blanche Neige Et Les Sept Nains (lire en ligne)
  12. « Lucienne Dugard, la Voix de Blanche-Neige », Le Petit Parisien,‎ , p. 8/10 (lire en ligne)
  13. « Lucienne Dugard », sur IMDb (consulté le )
  14. « Musique de Film 1928/1945: Kora Terry (1940) », sur Musique de Film 1928/1945 (consulté le )
  15. « Un spectacle pour nos soldats », Le Jour,‎ , p. 4
  16. « Musique de Film 1928/1945: The Great Waltz (1938) / Toute la ville danse », sur Musique de Film 1928/1945 (consulté le )
  17. « VEDETTES * Directeur : ROBERT RÉGAMEY. TÉLÉPHONE : DIRECTION - ADMINISTRATION :' PASSY RÉDACTION, PASSY» -? 7 * PUBLICITE. KLlBER - PDF Free Download », sur docplayer.fr (consulté le )
  18. « LES JEUNES VEDETTES DU MICRO », Vedettes,‎ , p. 2 (lire en ligne)
  19. « Nos vedettes pendant l'exode », Le cri du peuple de Paris,‎ , p. 2/4
  20. « Musique de Film 1928/1945: Eine Nacht im Mai (1938) / Fille d'Êve », sur Musique de Film 1928/1945 (consulté le )
  21. « Musique de Film 1928/1945: Jenny Lind (1941) / Jenny Lind, le rossignol suédois », sur Musique de Film 1928/1945 (consulté le )
  22. « Lucienne Dugard " une chanson sur la dune " 1941 » (consulté le )
  23. Karl Anton, Die Sache mit Styx, Tobis Filmkunst, (lire en ligne)
  24. « Musique de Film 1928/1945: Lucienne DUGARD », sur Musique de Film 1928/1945 (consulté le )
  25. « A l'A.B.C », Le Cri du peuple de Paris,‎ , p. 2
  26. « Les Mamans »
  27. « Encyclopédisque - Disque : Crinolines / Chansons grises, chansons roses », sur www.encyclopedisque.fr (consulté le )
  28. « Lucienne Dugard " La Mer " 1946 » (consulté le )
  29. « Théâtres », Le Temps,‎ , p. 6 (lire en ligne)
  30. « Concerts », l'Art Musical,‎ , p. 29
  31. « Un professeur, une chanteuse », Combat,‎ .
  32. « Variétés », Paris-Presse,‎
  33. « Lucienne Dugard (1901-1968) », sur data.bnf.fr (consulté le )
  34. « Lucienne Dugard : La voix de Blanche-Neige | MARIANNE MELODIE », sur www.mariannemelodie.fr (consulté le )
  35. « Au nom de l'amour : émission du 10 mars 1985 »   [N° de notice : CPC85052175]
  36. Greg Philip, « Les sorties françaises de Blanche Neige et les sept nains. Chapitre 5 : 1983 - 1987 »  , (consulté le )