Louis de Clouet

général espagnol d'origine française

Louis de Clouet de Piettre[1], comte de La Fernandina, vicomte de Jagua, né en Louisiane le 6 ou et mort à Cordoue le , est un militaire espagnol d'origine française.

Louis de Clouet de Piettre
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Fonction
Gouverneur
Cienfuegos
Titre de noblesse
Comte
Biographie
Naissance
Décès
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CordoueVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalités
Activité
Père
Autres informations
Propriétaire de
Grade militaire
Distinctions

Il est connu pour avoir fondé la ville de Cienfuegos à Cuba.

BiographieModifier

Né en Louisiane le 6 ou [2], fils d'Alexandre-François-Joseph de Clouet de Piettre, commandant du fort des Atakapas et des Oppelousas, il se destine à l'armée dès l'âge de 11 ans, devient cadet en 1782.

Après une carrière au service de l'Espagne en Haute-Louisiane[3] et à Cuba, jusqu'au grade de colonel, il décide de s'installer en France en 1814, à la chute du premier Empire. À peine arrivé à Bordeaux, il est obligé de repartir sous un déguisement, et ne revient qu'à la seconde Restauration. Il acquiert l'ancien hôtel de l'Intendance, dans lequel il réside avec sa famille jusqu'en 1822, date à laquelle son fils Luis-Juan y meurt à la suite d'un duel.

La Couronne espagnole lui confie la mission de fonder une ville dans la colonie Fernandina de Jagua, occupée par un fort militaire. En 1819, un convoi de 46 colons français, en provenance de Bordeaux, débarque dans la baie de Jagua. Le est fondée la ville qui portera le nom de Colonia de Fernandina, en l'honneur du roi Ferdinand VII.

L'installation des nouveaux arrivants n'est pas sans difficultés, en raison du climat tropical et des conflits territoriaux avec les propriétaires de terres adjacentes déjà installés. En , le général de Clouet est victime d'une tentative d'assassinat qui lui laisse l'épaule droite brisée en plusieurs endroits. Il revient s'installer à Bordeaux en 1833, et décède à Cordoue le .

Le , il est créé par la reine Isabelle II vicomte de Jagua, comte de La Fernandina, avec Grandesse d'Espagne[4].

De son mariage avec Claire (ou Clara) Lopez de la Peña (petite-fille d'Antoine de Mandeville), il eut quatorze enfants, dont Joseph-Alexandre, capitaine puis lieutenant-colonel au service de l'Espagne, après sa participation aux guerres carlistes.

Fondation de CienfuegosModifier

 
Acte de fondation de Cienfuegos
 
Cienfuegos en 1839

La baie de Jagua occupe une place privilégiée pour le commerce maritime, qui justifia la construction du Castillo de Jagua au XVIIIe siècle. Toutefois, c'est seulement au début du XIXe siècle que le projet de construire une cité portuaire pour le commerce du sucre se fait jour. Louis de Clouet, récemment installé à Bordeaux, convainc le gouverneur de Cuba José Cienfuegos de l'opportunité d'installer des artisans français en provenance de Bordeaux et de Nantes. Quarante-six Français, tailleurs, cordonniers, menuisiers, boulangers, etc. embarquent pour La Havane, dix d'entre eux s'y arrêteront définitivement. Les trente-six restants débarquent sur la péninsule de Majagua. Le , l'acte de fondation de la Colonia de Fernandina est signé[5].

Six mois plus tard, de nouveaux arrivants renforcent les premiers colons, en provenance de la Nouvelle-Orléans, Philadelphie et Bordeaux. En 1822, 789 habitants sont recensés. Le succès est toutefois fragile : 1825 voit l'arrivée d'un ouragan dévastateur, qui détruit église et hôpital. Tout est à recommencer et surtout à refinancer. Le gouverneur de Clouet se rend à La Havane, pour solliciter l'aide de la Couronne, représentée par le capitaine général José Cienfuegos. L'heureuse conclusion de ces négociations aboutit au changement de nom de la ville qui devient le la Villa de Cienfuegos[6].

Confusions fréquentesModifier

L'histoire de la Louisiane franco-espagnole au XVIIIe siècle est complexe : en 1762, la colonie française est donnée à la couronne espagnole. Tous les officiers français sur place deviennent officiers de l'armée espagnole au même grade en vertu du pacte de famille. Les deux langues, le français et l'espagnol, continuent d'être utilisées simultanément, donnant lieu à de nombreuses erreurs de transcription. C'est ainsi que l'on retrouve fréquemment Don Luis d'Clouet, ou Luis de Clouet de Piedre dans les sources hispaniques[7].

Notes et référencesModifier

  1. Claude Ader-Martin, « Un destin hors du commun », sur AQAF,
  2. « Généalogie de Louis de Clouet de Piettre », sur Geneanet (consulté le )
  3. (en) « For Defense of Country and Glory of Arms », sur reenactor.ru
  4. (es) « Anexo:Nobles cubanos », dans Wikipedia, la enciclopedia libre, (lire en ligne)
  5. « Histoire physique et politique de l'île de Cuba »
  6. « Une ville française à Cuba par Jean Lamoré »
  7. « Luis De Clouet - EcuRed », sur www.ecured.cu (consulté le )