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Loge de mer (Perpignan)

bâtiment à Perpignan (Pyrénées-Orientales)
Loge de mer de Perpignan
Perpignan2008 034.jpg
Présentation
Type
Loge de mer (en)Voir et modifier les données sur Wikidata
Style
Statut patrimonial
Localisation
Adresse
Coordonnées

La Loge de Mer de Perpignan est un édifice civil de style gothique catalan construit à partir du XIVe siècle et achevé au XVIe siècle. Pendant le Moyen Âge, la place de la loge était le centre vital de la ville, et cumulait les différents pouvoirs locaux : bourse de commerce (loge de mer), la mairie, et le palais de la députation.

SituationModifier

La Loge de mer est située place de la Loge, à l'intersection avec la rue des Marchands, au cœur de la vieille ville. L'actuelle mairie de Perpignan jouxte son côté ouest[1].

HistoireModifier

Article connexe : Consulat de la mer.

Le 22 octobre 1388, Jean Ier d'Aragon crée un consulat de la mer[2] avec deux consuls destiné à réglementer et à favoriser le commerce de Perpignan, fortement lié à l'activité maritime. Ce n'est qu'en 1397 que Martin Ier d'Aragon alloue des fonds au consulat pour se bâtir une maison. La première loge de mer est construite en style gothique, sur l'emplacement de la pella, l'ancien marché aux peaux et draps. Elle ne compte alors qu'un rez-de-chaussée très élevé de quatre arcades servant de bourse, et un petit étage occupé par le tribunal et le greffe, qui est le consulat proprement dit, auquel on peut accéder par un escalier en tourelle situé à l'extrémité de la façade vers la place. Une petite chapelle se trouve dans la salle basse. Les arcades sont prolongées le long de la place par deux nouvelles jusqu'à l'ancienne entrée latérale de l'hôtel de ville, en 1540, deux ans après l'entrée de Charles Quint à Perpignan, en détruisant l'escalier extérieur. Une plaque commémorative posée entre les deux nouvelles arcades témoigne de cette extension : « Régnant glorieusement en Espagne, Charles Quint, Empereur de Rome, ainsi que les honorables consuls de mer, Honoré Fomer, bourgeois, et Francesc Mates, marchand, la seconde partie a été réalisée l'an de la rédemption chrétienne 1540 »[3].

En 1751, la bourse est devenue inutile, les consuls de Perpignan cédent l'édifice au maréchal de Mailly, gouverneur du Roussillon, qui transforme la loge de mer en théâtre. Cette nouvelle destination a entraîné la suppression de la chapelle et son retable donné aux Pénitents noirs, dans l'église Saint-Jacques.

À la Révolution, le bâtiment est transformé en dépôt de messageries[3]. En 1841, la ville de Perpignan récupère l'édifice et le remet en état. La hauteur des plafonds est modifiée. Celui de grande salle du rez-de-chaussée est abaissé pour y installer le café de France en 1842, et celui de l'étage est rehaussé pour en faire une salle de réunion, ce qui entraîne l'élévation de la façade et la remontée de la corniche d'un mètre. Durant la même période, une copie de l'ancienne girouette d'angle est fixée en hauteur[3].

La Loge de mer fait partie des huit premiers édifices des Pyrénées-Orientales classés comme monuments historiques en 1840[4].

En 1912, un nouveau plafond est substitué à celui de 1840[5].

En 1984[6], l'enseigne de restauration rapide Quick[7],[6] prend possession du local commercial. Elle est remplacée par la brasserie Le France en 2001. Des difficultés financières oblige ce dernier occupant à cesser son activité et la mairie, propriétaire des murs, décide alors en 2017 de racheter le bail commercial pour la somme de 250 000 euros afin d'installer l'office de tourisme dans le bâtiment[8].

Description - ArchitectureModifier

La loge est un bâtiment rectangulaire :

  • Longueur de la façade sur la place : 25 m
  • Largeur de la façade sur le rue : 10 m

La façade du petit côté, sur la rue, comporte au rez-de-chaussée deux arcades en lancette. Au premier étage ont été percées deux grandes baies rectangulaires divisées en trois lancettes. La façade sur la place comprend quatre arcades au rez-de-chaussée et cinq groupes de deux fenêtres au premier étage.

Notes et référencesModifier

  1. Carte IGN sous Geoportail
  2. Pierre Vidal, Histoire de la ville de Perpignan, p. 265-271.
  3. a b et c La Loge de mer sur www.mairie-perpignan.fr
  4. « Loge des Marchands ou Loge de Mer », sur la plateforme ouverte du patrimoine, base Mérimée, ministère français de la Culture.
  5. Sylvain Stym-Popper, « L'architecture civile à Perpignan. La Loge de Mer », p. 123.
  6. a et b « [SONDAGE] Perpignan: quel avenir pour le café "Le France" ? », sur Lindependant.fr (consulté le 14 mars 2017).
  7. « La Loge de mer débarrassée des hamburgers », ladepeche.fr,‎ (lire en ligne, consulté le 14 mars 2017).
  8. « Loge de Mer – La ville de Perpignan acquéreur pour 250.000 euros », Made in Perpignan,‎ (lire en ligne, consulté le 7 février 2017).

Voir aussiModifier

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BibliographieModifier

  • Pierre Puiggari, « État où se trouvait la Loge de Mer lors de son érection en salle de spectacle », Bulletin de la Société agricole, scientifique et littéraire des Pyrénées-Orientales, no 6.2,‎
  • Pierre Vidal, Histoire de la ville de Perpignan depuis les origines jusqu'au traité des Pyrénées, H. Welter éditeur, Paris, 1897 (lire en ligne)
  • Sylvain Stym-Popper, « L'architecture civile à Perpignan. La Loge de Mer », Congrès archéologique de France. 112e session. Le Roussillon. 1954, Société française d'archéologie, Paris, 1955, p. 119-126

Articles connexesModifier

Liens externesModifier