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Ne doit pas être confondu avec Les Schtroumpfs noirs (album).

Les Schtroumpfs noirs
1er histoire de la série Les Schtroumpfs
Auteur Peyo et Yvan Delporte
Dessin Peyo
Genre(s) Bande dessinée

Personnages principaux Grand Schtroumpf Schtroumpf à lunettes Schtroumpf bêta Schtroumpf farceur
Lieu de l’action Village des Schtroumpfs
Époque de l’action Moyen Âge

Pays Drapeau de la Belgique Belgique
Langue originale Français
Titre original Les Schtroumpfs noirs
Éditeur Dupuis
Première publication Mini-récit du no 1107 de Spirou (1959)
ISBN 2-8001-0108-3
Nb. de pages Histoire seule : 22 BD entière:62
Nb. d’albums 1
Albums de la série Les Schtroumpfs

Les Schtroumpfs noirs est la première histoire de la série Les Schtroumpfs de Peyo et Yvan Delporte. Elle est publiée pour la première fois dans le no 1107 du journal Spirou sous forme de mini-récit. Elle est ensuite redessinée et publiée dans l'album du même nom en 1963.

Sommaire

UniversModifier

La majeure partie de l'histoire se déroule au village Schtroumpf, ainsi que dans la forêt.

SynopsisModifier

Un beau jour, les Schtroumpfs travaillent au pont sur la rivière Schtroumpf sous la supervision du Grand Schtroumpf, chef et doyen du village. Un Schtroumpf, plus paresseux que les autres, est alors surpris à deux reprises à dormir au lieu de travailler. Pour qu'il soit plus utile, le Grand Schtroumpf l'envoie dans le bois chercher une grande perche. Il se fait alors piquer à la queue par la mouche Bzz, ce qui le transforme en quelques instants en un Schtroumpf noir. Il devient alors fou, violent et agressif, et son vocabulaire se réduit au mot « Gnap ! ». Son obsession est de contaminer les autres Schtroumpfs en leur mordant la queue, pour qu'ils deviennent noirs à leur tour.

Pendant ce temps, le Grand Schtroumpf, qui a conscience de la menace qui pèse sur le village, s'emploie à trouver un remède pour guérir les Schtroumpfs noirs, en vain. Il décide alors de partir à la capture de la mouche Bzz pour l'étudier, et s'aperçoit par hasard qu'elle devient bleue et paisible après avoir éternué en ayant respiré du pollen de tubéreuse. Il envoie donc les dix Schtroumpfs bleus restants non encore contaminés par les noirs, à la recherche de grandes quantités de ce pollen afin de créer un antidote qu'ils vont vaporiser sur les Schtroumpfs noirs lors d'une grande bataille. Cependant, un Schtroumpf noir a eu l'idée de se peindre le corps en bleu pour semer la désorganisation parmi les rangs des Schtroumpfs bleus. Lors de la bataille, ceux-ci sont mordus les uns après les autres par les noirs malgré l'épandage de pollen. Alors que le Grand Schtroumpf, dernier rescapé des Schtroumpfs bleus, est mordu à son tour par le faux-bleu et s'exclame « Tout est perdu », un incendie se déclare dans son laboratoire et en provoque l'explosion. Le pollen de tubéreuse qui y était stocké se répand alors dans un grand nuage qui retombe sur les Schtroumpfs noirs qui, dans un éternuement collectif, redeviennent bleus et retrouvent leur état normal.

PersonnagesModifier

HistoriqueModifier

PublicationModifier

RevuesModifier

AlbumModifier

Les Schtroumpfs Noirs est le premier album des Schtroumpfs. L'album comporte trois histoires : Les Schtroumpfs Noirs, Le Schtroumpf volant et Le Voleur de Schtroumpfs. Dans Le Schtroumpf volant, à la huitième case de la deuxième planche, le Schtroumpf à Lunettes dit au Schtroumpf Volant : « Prudence ! Nous ne sommes pas loin de la cabane du sorcier Gargamel ! » C'est la première mention du sorcier Gargamel dans la série des Schtroumpfs, alors qu'il n'apparaît physiquement que dans Le Voleur de Schtroumpfs, troisième histoire de l'album.

Polémique racisteModifier

Dans son Petit Livre bleu. Analyse critique et politique de la société des Schtroumpfs (2011), première monographie critique consacrée aux lutins bleus de Peyo, Antoine Bueno, analyse la société des schtroumpfs comme un archétype d'utopie totalitaire empreinte de stalinisme et de nazisme. Cet essai suscitera une vive polémique en France[1],[2].

Une mystérieuse version détournée des Schtroumpfs Noirs a été mise en vente lors du festival d'Angoulême, en 2014[3]. Elle faisait écho à la non-publication, pour motif de racisme, de la version originale aux États-Unis. Intégralement imprimée en cyan, elle montrait la lutte des schtroumpfs bleus contre les schtroumpfs bleus. Elle était en vente sur le stand de La 5e Couche, l'éditeur qui avait déjà proposé un pastiche du Maus d'Art Spiegelman, un détournement d'Ilan Manouach, assisté de Xavier Löwenthal, qu'on retrouvait également lors de la diffusion de Katz.

Pour le chercheur en Culture visuelle, André Gunthert, si invoquer Staline et/ou le nazisme dans l'analyse de la société des Schtroumpfs par Antoine Bueno prête à sourire[4], la question du racisme, elle, se pose clairement dans la relecture de l'œuvre de Peyo, lorsque Hanna-Barbera Productions adapte dans les années 1980 les aventures des lutins bleus en dessins animés pour le jeune public américain et procède au changement de couleur des schtroumpfs noirs qui deviennent pour l'occasion violets[5]. Devenus Purple Smurfs, y compris dans la version papier reprise par l'éditeur américain Papercutz en 2010 qui édite pour la première fois l'album des Schtroumpfs noirs, le racisme se limite à l'apparence par la modification de la couleur, le récit restant identique. Cependant, cette polémique s'inscrit principalement dans le contexte culturel américain des années 80 et peine à s'appliquer à l'Europe du début des années 60 qui ne connait pas encore la théorie conspirationiste du grand remplacement, comme le souligne le chercheur:

" Ce n’est qu’aux  États-Unis, dans la tradition issue de l’esclavagisme et d’un antagonisme racial marqué par la violence qu’un récit montrant l’opposition de deux groupes, dont l’un marqué du caractère “noir”, peut être interprété comme la projection d’une situation sociale. La recontextualisation américaine des Schtroumpfs racialise le signifiant “noir”, imposant son éviction."[6]

Plutôt que raciste, l'intrigue de l'album de Peyo rappelle la mythologie de l'apocalypse Zombie. Publié 5 ans avant le film d'épouvante La Nuit des morts vivants (Night of the living dead) de Georges A. Romero, modèle du genre, la plupart des éléments du récit des Schtroumpfs noirs reprend les motifs du roman de science-fiction I am a legend[7] de l'écrivain américain Richard Matheson publié en 1954. Selon André Gunthert, la couleur des Schtroumpfs noirs s'expliquerait donc par leur nature : des vampires qui se réveillent la nuit pour attaquer les humains.

Cet album d'anticipation qui trouverait sa source dans un récit de science-fiction américain correspond aux goûts littéraires d'Yvan Delporte[8], le rédacteur en chef de Spirou, scénariste des Schtroumpfs noirs notamment.

TraductionsModifier

Cet album est longtemps resté inédit aux États-Unis en raison d'une possible interprétation raciste (couleur de peau et caractère violent et stupide des Schtroumpfs noirs). Dans la série télévisée d'animation produite dans les années 1980 par Hanna-Barbera, les Schtroumpfs noirs devenaient violets. Une version américaine de l'album a finalement été publiée en 2010, en reprenant le changement de couleur opéré dans le dessin animé[9].

Traductions des Schtroumpfs noirs.
Langue Titre(s) Année
Anglais The Purple Smurfs 2010
Chinois cantonais 《變色藍精靈》 (Hong Kong)
Chinois mandarin 《黑精灵》 (Chine Continentale)
《變色的小精靈》 (Taïwan)
Italien I puffi neri
Japonais 黒いスマーフ
Néerlandais De zwarte Smurfen 1963

Notes et référencesModifier

  1. « Les Schtroumpfs: nazis, racistes, misogynes, et puis quoi encore? », sur Bibliobs (consulté le 10 avril 2018)
  2. « Les Schtroumpfs sont-ils racistes, machos et antisémites? », sur rue89 (consulté le 10 avril 2018)
  3. http://www.liberation.fr/culture/2014/01/31/les-schtroumpfs-noirs-restent-bleus_976945
  4. André Gunthert, "Les Schtroumpfs noirs, une œuvre raciste?"https://imagesociale.fr/5347#footnote_4_5347
  5. « Trop noirs pour être politiquement correct aux Etats-Unis », sur Des Bulles Carrées (consulté le 10 avril 2018)
  6. André Gunthert, « Les Schtroumpfs noirs, une œuvre raciste? », L'image sociale,‎ (lire en ligne, consulté le 10 avril 2018)
  7. Richard Matheson, Je suis une légende (1954, trad. de l’américain par Nathalie Serval), Paris, Gallimard, 2001
  8. Christelle et Bertrand Pissavy-Yvernault, Italie, Dupuis, 2009, 334 p.  (ISBN 978-2-8001-4278-4)
  9. Laureline Karaboudjan, « Trop noirs pour être politiquement correct aux États-Unis », sur blog.slate.fr/des-bulles-carrees, .

Lien externeModifier