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Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Alleman.

Laurent Ier Alleman (ou Allemand) fut élu prince-évêque de Grenoble en 1477. Il est issu d'une des plus puissantes familles du Grésivaudan, ayant de nombreuses possessions aux portes mêmes de Grenoble, dont on retrouve la trace dès le XIIe siècle dans le Valbonnais et le XIIIe à Uriage. Le roi Louis XI ayant obtenu du pape Sixte IV la nomination de Jost von Silenen, Laurent 1er Alleman fut transféré à Orange en 1479, avant de revenir à Grenoble au printemps 1484 à la faveur de la mort du roi. Il résigna sa charge en 1518[1]. Mort deux ans plus tard, il est inhumé dans la chapelle familiale au couvent des minimes de Saint-Martin-d'Hères près de Grenoble. Il était aussi abbé commendataire de Saint-Sernin à Toulouse.

Antérieurement à 1477, il a été chanoine de Notre-Dame de Grenoble en 1467. On connait aussi son titre d'archi-prêtre d'Outre-Drac en 1473. Aucune mention de titre universitaire n'accompagne les renseignements relatifs à ses origines nobles et à sa qualité de chanoine de Grenoble.

Durant son épiscopat, l'hôpital des pestiférés est ouvert dans la boucle de l'île verte en 1493 et il bénira à proximité le cimetière des pestiférés en 1497.

Les visites pastorales de Laurent Ier Alleman sont, après celles d'Aimon Ier de Chissé, les plus complètes que le Moyen Âge ait léguées. Près de 300 provès verbaux de visite entre la période 1488 et 1495 (la première datant du 6 mai 1488) , puis 129 procès verbaux de visites réalisées en 1506 et 1508.

Il s'attache les services d'un inspirateur épiscopal exceptionnel en la personne de François Du Puy (ou François Dupuis - Francesco de Puteo), official et vicaire général, installé à Grenoble à partir de 1487. François Du Puy joue un rôle clé par ses réflexions, ses traités, et l'élaboration de la doctrine pastorale de l'évêque. Celui-ci rédige l'important traité de la visite pastorale, ainsi que les statuts synodaux de 1495 qui remplacent ceux promulgués par Aimon Ier de Chissé en 1415. Il apparait comme l'inspirateur de Laurent Ier Alleman durant toute la première partie de son épiscopat. Il rédige le grand pouillé de 1497 et réorganise l'inventaire des archives de l'évêché[2].

A la fin du XVe siècle, il est l'un des premiers évêques français à fonder un couvent de Minimes de Saint François de Paule et à s'associer ainsi au courant réformateur multiple qui parcourait les ordres mendiants. Il est vraisemblablement à l'origine de la réouverture de la cause du bienheureux : il adresse au pape le 1er juin 1516 une lettre témoignant des mérites de François de Paule et du miracle qui guérit par l'intercession du Saint la reine Claude qui séjournait près de Grenoble fin avril 1507[3].

Il est le fils de François Alleman, seigneur de Laval, et neveu de Siboud Alleman († 1477), évêque de Grenoble. Sa sœur, Hélène Alleman, épouse d'Aymon, seigneur de Bayard, est la mère du Chevalier Bayard. Il eut pour successeur un autre de ses neveux, Laurent II Alleman.

BibliographieModifier

  • Bernard Bligny (dir.), Le diocèse de Grenoble, Beauchesne, Paris, 1979.

RéférencesModifier

  1. D'après Gams, Series episcoporum.
  2. Pierrette Paravy, De la chrétienté romaine à la Réforme en Dauphiné, Rome, Ecole française de Rome, , 768 p. (ISBN 2-7283-0296-0), pp 97-99, Vol. 1
  3. Pierrette Paravy, De la chrétienté romaine à la Réforme en Dauphiné, Rome, Ecole Française de Rome, , 768 p. (ISBN 2-7283-0296-0), p 96, vol. 1