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La Politique du mâle

livre de Kate Millett

La Politique du mâle (Sexual Politics en anglais) est un ouvrage écrit en 1970 par Kate Millett[1].

Cover of Kate Millett's Sexual Politics book - PD-simple.jpg

RésuméModifier

 
Kate millet en 1970

Millett explique que la sexualité a un aspect politique très souvent négligé et s'intéresse à la façon dont le système patriarcal influence les relations sexuelles, en mettant en exergue les romans de D. H. Lawrence, Henry Miller et Norman Mailer. Millett soutient que ces auteurs considèrent la sexualité et en parlent dans leurs ouvrages d'une façon patriarcale et sexiste. À l'opposé elle applaudit les textes plus nuancés de Jean Genet, auteur homosexuel. D'autres auteurs sont étudiés dont Sigmund Freud, George Meredith, John Ruskin et John Stuart Mill.

AccueilModifier

La Politique du mâle (traduction française d'Elisabeth Gille) est devenu un classique féministe et a été présenté comme le premier ouvrage de critique littéraire féministe[1] et l'« un des premiers livres féministe à susciter la colère mâle dans toute la nation »[2]. Bien que, au cours des années, son statut ait décliné[3], La Politique du mâle reste une référence théorique importante pour la seconde vague féministe des années 1970.

Norman Mailer, dont les textes, et principalement son roman An American Dream publié en 1965, sont critiqués par Millet, écrivit l'article « The Prisoner of Sex » dans Harper's Magazine dans lequel il défend Miller et Lawrence[4],[5].

Selon l'historien Richard Webster dans son ouvrage Why Freud Was Wrong publié en 1995, Millett est inspirée par Simone de Beauvoir, auteure de l'essai Le Deuxième Sexe quand elle analyse la psychanalyse comme étant réactionnaire[6].

A contrario la psychanalyste Juliet Mitchell explique que Millet, comme de nombreuses autres féministes, a mal lu Freud et n'a pas compris les implications de la psychanalyse pour le féminisme[7]. La critique littéraire Camille Paglia définit La Politique du mâle comme « un livre atroce » qui « réduit le complexe travail artistique à son contenu politique ». Elle l'accuse d'être à l'origine de ce qu'elle voit comme un excès des études féministes surtout dans les attaques contre un supposé sexisme des auteurs occidentaux[8].

L'éditeur Doubleday affirme que le livre est un des dix plus importants ouvrages qu'il a publiés durant ses cent années d'existence et l'a inclus dans l'anthologie publiée pour son anniversaire[9].

Éditions (liste incomplète)Modifier

  • Sexual Politics :
    • Garden City, New York: Doubleday, 1970
    • London: Rupert Hart-Davis Ltd., 1971
    • London: Virago, 1977
    • Urbana: University of Illinois Press, 2000
  • La Politique du mâle :
    • Stock, 1971
    • Seuil, 1983

RéférencesModifier

NotesModifier

  1. a et b P. T. Clough (1994). The Sociological Quarterly, vol 35 nº 3, page 473 « The Hybrid Criticism of Patriarchy: Rereading Kate Millett's "Sexual Politics" ».
  2. Norma Willson (1974). The English Journal vol 63 nº 6 page 15 "Majority Report: A Liberated Glossary: Guide to Feminist Writings".
  3. Voir sur lareviewofbooks.org.
  4. (en) Mailer, Norman, « The Prisoner of Sex », Harper’s Magazine, (consulté le 13 septembre 2009).
  5. (en) Norman Mailer, The Prisoner of Sex, Boston, Little Brown, (ISBN 9780917657597).
  6. (en) Webster, Richard, Why Freud Was Wrong: Sin, Science and Psychoanalysis, Oxford, The Orwell Press, (ISBN 0-9515922-5-4), p. 22
  7. (en) Mitchell, Juliet, Psychoanalysis and Feminism: A Radical Reassessment of Freudian Psychoanalysis, London, Penguin Books, , xxix, 303–356 p. (ISBN 0-14-027953-9)
  8. Chronicle of Higher Education 25 July 1997 C. Paglia "Feminists Must Begin to Fulfill Their Noble, Animating Ideal"
  9. (en) Millett, Kate, Sexual Politics, University of Chicago Press, , ix–x p..