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La Nef (revue)

Page d'aide sur l'homonymie Cet article concerne la revue mensuelle. Pour la société financière, voir La Nef (coopérative). Pour les autres sens, voir La Nef.

La Nef
Image illustrative de l’article La Nef (revue)

Pays Drapeau de la France France
Langue Français
Périodicité mensuelle
Genre Presse nationale
Date de fondation décembre 1990
Ville d’édition Feucherolles (78810)

Directeur de publication Christophe Geffroy
ISSN 1146-4461[1]
Site web lanef.net

La Nef est un mensuel catholique traditionaliste[2] français revendiquant des prises de positions antilibérales et « antilibertaires[3] » et dont la ligne défend des idées politiques proches de la droite conservatrice[4].

Sommaire

OriginesModifier

Créée en décembre 1990, à la suite des débats sur la messe traditionnelle[5] causés par la rupture entre Rome et Mgr Lefebvre puis par le motu proprio Ecclesia Dei adflicta publié par Jean-Paul II en 1988, La Nef entend apporter un éclairage traditionaliste de type « intransigeant » et « ultramontain »[6], parfois qualifié d'« intégriste »[7], s'opposant au catholicisme libéral sur des sujets de société, de politique et sur la vie de l'Église catholique. Défendant la messe tridentine, elle se réclame d'une fidélité « sans faille » au Saint-Siège[8] et à l'enseignement de l'Église.

Ligne éditorialeModifier

Les questions doctrinales et liturgiques ont été à l'origine de l'introduction de la revue. Sur le plan doctrinal, la Nef accepte les enseignements du concile Vatican II et approuve l'idée d'une « herméneutique de la réforme » (ou « du renouveau dans la continuité ») mise en avant par le pape Benoît XVI[9]. Sur le plan liturgique, elle défend l'usage du rite tridentin promouvant l'idée de « paix liturgique », c'est-à-dire de réconciliation des catholiques autour de la question de la messe[10]. Le directeur de la revue, Christophe Geffroy, a notamment rédigé un livre intitulé Benoît XVI et la paix liturgique qui appelle également les traditionalistes à montrer plus d'ouverture au rite ordinaire[11].

Sur le plan de la famille et de la morale, La Nef combat fréquemment le droit à l'avortement dans ses nombreux articles consacrés à la politique familiale, faisant montre d'un ton polémique à l'encontre des évêques de France sur ce sujet[12]. Reprenant des positions du Mouvement pour la France de Philippe de Villiers ou encore celles du Front national de Jean-Marie Le Pen[13], le mensuel affirme en outre l'existence d'un « affrontement séculaire » entre la chrétienté et l'islam, s'alarme d'une « montée de l'islamisme » et dénonce la présence musulmane en Europe[14],[15], estimant — en contradiction avec les déclarations du pape et des évêques de France — qu'il faut agir avec plus de fermeté concernant l'immigration[16].

Sur un plan historique, à l'instar d'autres publications « intransigeantes », La Nef relève du courant contre-révolutionnaire et dénonce les droits de l'homme comme reposant sur une philosophie individualiste qui refuse « la souveraineté de Dieu » et, par conséquent, comme hostiles au christianisme[17]. Présentée comme une revue « doté[e] d'une certaine ambition intellectuelle et bénéficiant d'un certain prestige auprès des catholiques traditionalistes »[18], ou encore comme « l'organe des traditionalistes qui reconnaissent l'autorité de Rome »[19], certains de ses auteurs critiquent cependant fortement le pape François - accusé de transformer le siège pontifical « en vulgaire chaise percée » par Jacques de Guillebon[18].

CollaborateursModifier

La revue, dirigée par Christophe Geffroy qui est son fondateur, compte entre autres collaborateurs réguliers, l'essayiste Jacques de Guillebon, Philippe Maxence, rédacteur en chef de la revue catholique L'Homme nouveau, l'essayiste Falk van Gaver. Elle a également publié l'historien protestant François-Georges Dreyfus et les essayistes Matthieu Baumier et Gwen Garnier-Duguy.

Elle a compté parmi ses éditorialistes Jean-Marie Paupert[20].

BibliographieModifier

  • Laurent Frölich, Les Catholiques intransigeants en France, Paris, L'Harmattan, coll. « Logiques politiques », (lire en ligne)
  • Xavier Ternisien, L'extrême-droite et l'Église, Éditions Brepols, (ISBN 9782503831428, lire en ligne), p. 208
  • Erwan Le Morhedec, Identitaire : Le mauvais génie du christianisme, Éditions du Cerf, (ISBN 9782204115360, lire en ligne), p. 29
  • Gaël Brustier, Le Mai 68 conservateur: Que restera-t-il de la Manif pour tous ?, Éditions du Cerf, (ISBN 9782204107099, lire en ligne), p. 59
  • Jean-Yves Camus, Les droites nationales et radicales en France: répertoire critique, Presses Universitaires de Lyon, (lire en ligne), p. 207

Notes et référencesModifier

  1. Des informations générales peuvent être obtenues auprès de la Bibliothèque nationale de France à la fiche http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb344387452/PUBLIC
  2. Nicolas Senèze, « Un appel à la paix liturgique venu du monde traditionaliste », in La Croix, 16/10/2008 article en ligne
  3. La Nef n°197, « Entretien avec Jacques Julliard », octobre 2008 ; La Nef, n°194, « Libéralisme : résister à son hégémonie », juin 2008 ; La Nef n°193, « Entretien avec Jean-Claude Guillebaud », mai 2008.
  4. Frölich 2002, p. 154-155.
  5. Frölich 2002, p. 90.
  6. Frölich 2002, p. 125.
  7. Ternisien 1997, p. 208.
  8. Frölich 2002, p. 316.
  9. Discours du pape Benoît XVI aux membres de la Curie romaine, à l'occasion de la présentation des vœux de Noël, 25/12/2005, discours en ligne
  10. Débats du Figaro du 13 juillet 2007.
  11. Livre publié au Cerf en septembre 2008. Voir la Critique de Nicolas Senèze dans La Croix.
  12. Frölich 2002, p. 140 ; 144.
  13. Frölich 2002, p. 154.
  14. La Nef n° 70, mars 1997 et n° 92, mars 1999
  15. Frölich 2002, p. 161.
  16. Frölich 2002, p. 159-160.
  17. Frölich 2002, p. 166-167.
  18. a et b Le Morhedec 2017, p. 29.
  19. Brustier 2015, p. 59.
  20. Camus 1992, p. 207.