La Guerre de demain

La Guerre de demain
Image illustrative de l’article La Guerre de demain

Auteur Capitaine Danrit et de Pardiellan
Pays Drapeau de la France France
Genre Anticipation militaire, merveilleux scientifique
Éditeur Librairie Arthème Fayard
Flammarion
Lieu de parution Paris
Date de parution 1888 - 1896
Ouvrages du cycle 1. La Guerre de forteresse
2. La Guerre en rase campagne
3. La Guerre en ballons
4. Le Journal de guerre du lieutenant von Piefke
Illustrateur Paul de Sémant

La Guerre de demain est une série littéraire d'anticipation militaire composée de quatre romans. Les trois premiers volumes sont l’œuvre du militaire et écrivain français Capitaine Danrit, tandis que le quatrième volume est coécrit avec l'écrivain P. de Pardiellan. Publiés entre 1888 et 1896, la série raconte dans un futur proche une guerre opposant la France et l'Allemagne.

Histoire éditorialeModifier

Le Capitaine Danrit publie ses premières œuvres chez Arthème Fayard. Celui-ci étant d'ailleurs assez proche du général Boulanger et de son mouvement, il est probable que l'écrivain ait été en contact avec l'éditeur à l'époque où il était l'officier d'ordonnance du ministre de la Guerre[1].

La publication du premier volume de La Guerre de demain, présenté comme une œuvre hautement patriotique notamment avec son sous-titre Grand récit patriotique et militaire[2], est l'objet d'une vaste campagne publicitaire des éditions Fayard[3]. L'ouvrage, publié en livraisons par Fayard à partir de décembre 1888[4], connaît un véritable succès et vaut à l'auteur une notoriété immédiate[5], néanmoins, Émile Driant et son illustrateur, Paul de Sémant, connaissent rapidement un différend avec leur éditeur. Après la publication du second volume en 1892, puis du troisième en 1893, l'écrivain stoppe sa collaboration avec Fayard et s'engage chez Ernest Flammarion[1].

Lors de la réédition complète en 1893 de La Guerre de demain, la première partie, initialement intitulée La Guerre des forts, est renommée La Guerre de forteresse[6].

L'année suivante, Ernest Flammarion réédite un extrait de ce volume sous le titre La Bataille de Neufchâteau[6].

Enfin, le Capitaine Danrit publie en 1896 un quatrième volume, écrit en collaboration avec P. de Pardiellan, afin d'offrir aux lecteurs le point de vue allemand[2]. Il paraît pour la première fois en feuilleton dans la revue La Science française du au sous le titre Les aventures du lieutenant von Piefke, journal d'un officier allemand pendant la guerre de demain avec des illustrations de Tell. Le roman est réédité chez Flammarion en 1896 sous le titre Le Journal de guerre du lieutenant von Piefke et agrémenté des illustrations du dessinateur attitré de La Guerre de demain, Paul de Sémant[6].

Cycle de La Guerre de demainModifier

La Guerre de forteresseModifier

Le premier volume décrit une invasion allemande dans un avenir proche[5]. Le narrateur, le lieutenant Danrit en garnison dans le fort de Liouville, essuie avec sa troupe une offensive des Allemands[7]. Cependant, malgré leurs nombreuses tentatives et l'utilisation d'espions allemands se faisant passer pour des Alsaciens[8], ils ne parviennent pas à prendre le fort grâce à la qualité et l'organisation des troupes françaises. En effet, Émile Driant détaille, à travers ce récit, le fruit de ses réflexions et de son expérience militaire sur les capacités manœuvrières de l'armée française lorsqu'elles sont motivées par une puissante ferveur patriotique[5].

La Guerre en rase campagneModifier

Si la fin du premier volume se conclut sur la reprise de l'Alsace-Lorraine par les troupes françaises, la deuxième partie revient de manière détaillée sur la contre-offensive de l'armée française jusqu'à sa victoire finale avec la mort de l'empereur d'Allemagne. Le personnage principal de La Guerre en rase campagne est, cette fois, le lieutenant Crozes du 4e Zouaze[7].

La Guerre en ballonsModifier

Ce troisième volume qui reprend à nouveau sur le conflit contre l'Allemagne, est l'occasion pour le Capitaine Danrit de spéculer sur les armes aériennes. Le récit débute par la préparation d'une expédition vers le Pôle Nord, sous le commandement du colonel Pinon, à bord d'un ballon dirigeable appelé La Patrie. Au moment du départ de l'expédition, la guerre éclate et le colonel Pinon décide d'utiliser ses capacités contre l'ennemi allemand. Il met alors à profit sa supériorité aérienne afin de surveiller les troupes ennemies en les survolant ainsi qu'en les bombardant à l'occasion, comme c'est le cas lors de l'assaut allemand contre le fort de Liouville raconté dans La Guerre de forteresse[6].

Le Journal de guerre du lieutenant von PiefkeModifier

En 1896, le Capitaine Danrit écrit une quatrième volume en collaboration avec l'écrivain P. de Pardiellan, de son vrai nom Pierre Guillaume Auguste Veling[9]. Dans ce roman, les auteurs offrent le point de vue ennemi des événements narrés dans La Guerre de forteresse à travers celui d'un officier allemand, le lieutenant von Piefke[10].

Comme pour ses romans précédents, lesquels sont l'occasion pour le Capitaine Danrit de déverser sa haine contre les Allemands[11], Le Journal de guerre du lieutenant von Piefke, bien qu'il se présente comme la contre-partie prussienne du premier volume, est une nouvelle fois un prétexte de l'auteur pour insister sur les exactions allemandes en territoire français[12].

RéférencesModifier

AnnexesModifier

BibliographieModifier

  • Guy Costes et Joseph Altairac (préf. Gérard Klein), Rétrofictions : encyclopédie de la conjecture romanesque rationnelle francophone, de Rabelais à Barjavel, 1532-1951, t. 1 : lettres A à L, t. 2 : lettres M à Z, Amiens / Paris, Encrage / Les Belles Lettres, coll. « Interface » (no 5), , 2458 p. (ISBN 978-2-25144-851-0).
  • Jacques Van Herp, Panorama de la science-fiction, Verviers, Éditions Gérard & C°, coll. « Marabout Université » (no 270), .
  • Nord' : Émile Driant / Capitaine Danrit, un autre Jules Verne, vol. 76, Société de Littérature du Nord, , 204 p. (lire en ligne).
    • Jérôme Driant, « Panorama des éditions des œuvres du Capitaine Danrit », Nord' no 76, op. cit.,‎ , p. 55-76.
    • Alexandre Marcinkowski, « Écrire La Guerre de demain et se taire : Sur la sanction militaire du capitaine Danrit », Nord' no 76, op. cit.,‎ , p. 77-94.
    • Alexandre Marcinkowski, « À l’assaut publicitaire ! : Précisions sur la datation de La Guerre de demain du capitaine Danrit », Nord' no 76, op. cit.,‎ , p. 95-108.
    • Henry-Jean Fournier, « Driant, entre science-fiction et anticipation », Nord' no 76, op. cit.,‎ , p. 143-151.
    • Daniel Compère, « Les espions dans les romans du Capitaine Danrit », Nord' no 76, op. cit.,‎ , p. 153-158.

Liens externesModifier

  • Ressource relative à la littérature  :