Kamesuke Hiraga

peintre japonais

Kamesuke Hiraga (平賀亀祐, Hiraga Kamesuke?) né en 1889 à Katada (préfecture de Mie), au Japon, et mort à Paris en 1971, est un peintre, dessinateur et graveur japonais.

Kamesuke Hiraga
Kamesuke Hiraga en 1955.jpg
Kamesuke Hiraga en 1955.
Naissance
Décès
(à 82 ans)
Drapeau de la France France
Paris
Sépulture
Nom dans la langue maternelle
平賀亀祐Voir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Activités
Formation
Maître
Distinctions

Kamesuke Hiraga a parfois utilisé le pseudonyme « Kamesky », surtout aux Etats-Unis dans les années 1930[1].

BiographieModifier

Naissance et enfance au JaponModifier

Kamesuke[n 1] Hiraga naît le dans le village de Katada[n 2], intégré depuis 2004 à la ville de Shima dans la préfecture de Mie[2],[3],[4]. Il est l'unique fils de Hiraga Risaburō[n 3] (1864-1961), marin-pêcheur[5]. Le petit Kamesuke est destiné à devenir marin-pêcheur mais il montre un intérêt précoce pour le dessin et l'art occidental[réf. nécessaire][5]. En mars 1906, à l'âge de 16 ans, il embarque seul à Kobe sur le SS Mongolia de la Pacific Mail Steamship Company à destination de San Francisco. Il a 300 yens en poche, donnés son père qu'il ne reverra qu'en 1955, 49 ans plus tard, lorsqu'il retournera au Japon[réf. nécessaire].

Années de formationModifier

En , Kamesuke Hiraga émigre aux États-Unis[n 4],[2]. Il travaille comme ouvrier, puis comme apprenti chez l'horloger-bijoutier Ogawa à San Francisco. Il travaillera aussi comme marin pêcheur à San Pedro, mettant à profit son expérience japonaise de la pêche au thon[réf. nécessaire]. À partir de 1909, il suit l'enseignement de Jules Eugene Pages au sein de la California School of Fine Arts[6],[2]. En 1915, il obtient son diplôme et le Grand prix d'une exposition organisée par l'université[2]. La même année, il est chargé de la décoration murale du pavillon japonais à l'Exposition internationale de Panama-Pacific à San Francisco. Le Japon lui confie par la suite la décoration murale de plusieurs de ses ambassades et consulats à Washington, Berlin, Panama, Hong Kong et Honolulu, capitale de l'État d'Hawaï, aux États-Unis[7]. En 1925, il s'installe à Paris. Il entre à l'Académie Julian et devient l'élève de Lucien Simon et Paul Laurens[2],[8].

Consécration artistiqueModifier

 
La princesse Michiko, Kamesuke Hiraga et le prince héritier Akihito lors de l'inauguration du musée Jingu (Japon).

En 1926, sa toile La Femme à l'Éventail[n 5] — propriété du musée Jingū (ja) du sanctuaire d'Ise[9] — est sélectionnée au Salon de la Société nationale des beaux-arts, une institution qu'il fréquente jusqu'en 1932[7],[2]. En , son exposition en solo de 75 toiles à la galerie Charpentier remporte un vif succès[réf. nécessaire]. À partir de 1927, Kamesuke Hiraga expose au Salon d'automne (1927 - 1933) et au Salon des artistes français[7],[2]. En 1934, il reçoit la médaille de bronze du salon. Quatre ans plus tard, son œuvre Saumon Salé[n 6] lui vaut la médaille d'argent. En 1954, il se voit décerné le prix Corot du salon[9], et devient, grâce à une représentation d'une rue du vieux Paris[n 7], le premier Japonais récompensé de la médaille d'or[10],[2],[8]. Au cours de son long séjour en France, il se lie d'amitié avec les peintres André Derain, Georges Braque, Pablo Picasso, Amedeo Modigliani et Tsugouharu Foujita[9]. Il retourne au Japon en 1955, près de cinquante ans après l'avoir quitté[8],[2].

Collections publiquesModifier

DécèsModifier

Kamesuke Hiraga meurt à son domicile parisien le [4],[2]. Il est enterré au cimetière du Montparnasse à Paris (4e division)[18].

PostéritéModifier

 
Monument commémoratif de Kamesuke Hiraga sur son lieu de naissance à Katada-Mura (Japon).

En 1972, un monument à sa mémoire est élevé dans le sanctuaire Katada Inari de Shima[19].

En , dans la galerie d'art Daiō de sa ville natale, est inauguré un musée commémoratif consacré à son œuvre[n 8],[9],[10],[20],[21].

Au Japon, Kamesuke Hiraga est connu sous le nom de « poète de la lumière »[n 9],[2].

DistinctionsModifier

En 1954, Kamesuke Hiraga est distingué de l'Ordre national de la Légion d'honneur par l'État français[8]. En 1961, il est récipiendaire de l'Ordre du Trésor sacré et de la médaille au ruban bleu foncé[7],[8] et en 1971, de l'Ordre du Soleil levant.

OuvragesModifier

Kamesuke Hiraga, artiste de l'école Yō-ga[9] et créateur de nombreuses œuvres picturales représentant des paysages de Bretagne[7],[22],[23], laisse aussi derrière lui une autobiographie : Un Clou, coécrite avec Yoneo Sakai (ja)[24], journaliste du quotidien Asahi Shinbun et à la NHK, et publiée en 1970[n 4],[25],[9].

Notes et référencesModifier

NotesModifier

  1. Kamesuke (亀祐?, litt. « protecteur des tortues »). La tortue est le symbole de son sceau.
  2. Le village de Katada (片田村, Katada-mura?).
  3. Hiraga Risaburō (平賀利三郎?).
  4. a et b Un Clou (一本の釘, Ippon no kugi?).
  5. La Femme à l'Éventail (扇を持つ婦人, Ōgi o motsu fujin?).
  6. Saumon salé (塩鮭, Shiozake?).
  7. 古いパリの街角 (furui Pari no machikadō?, Lit. « coin de la rue de l'ancien Paris »).
  8. Le musée Kamesuke Hiraga (平賀亀祐記念館, Hiraga Kamesuke kinenkan?).
  9. Le « poète de la lumière » (光の詩人, hikari no shijin?).

RéférencesModifier

  1. Gouvernement de la République française, « Kamesky Hiraga », sur www.culture.gouv.fr (consulté le 11 mai 2017).
  2. a b c d e f g h i j et k (ja) Asahi Shinbun, « 平賀亀祐 » [« Kamesuke Hiraga »], sur Kotobank,‎ (consulté le 26 mars 2017).
  3. (en) « Hiraga, Kamesuke (1889 - 1971), Painter, engraver », sur oxfordindex.oup.com, (consulté le 26 mars 2017).
  4. a et b Centre national d'art et de culture Georges-Pompidou, « Kamesuke Hiraga », sur www.centrepompidou.fr, (consulté le 26 mars 2017).
  5. a et b Hiraga et Sakai 1970, p. 3.
  6. (en) AskArt, « Kamesuke Hiraga », sur www.askart.com, (consulté le 26 mars 2017).
  7. a b c d et e (en) Bénézit, « Hiraga, Kamesuke », sur Oxford Art Online, Oxford University Press, (ISBN 9780199899913, consulté le 30 mars 2017).
  8. a b c d et e (ja) Mairie de Shima, « パンフレット » [« Brochure »] [PDF], sur www.city.shima.mie.jp,‎ (consulté le 26 mars 2017).
  9. a b c d e et f (ja) Iseshima Keizai Shinbun (ja), « 世界が認めた志摩出身の洋画家「平賀亀祐」画伯記念館がオープン » [« Ouverture du musée commémoratif « Kamesuke Hiraga », peintre de l'école Yō-ga, reconnu internationalement »],‎ (consulté le 30 mars 2017).
  10. a et b (ja) Mairie de Shima, « 美術ギャラリー » [« Galerie d'art »], sur www.city.shima.mie.jp,‎ (consulté le 26 mars 2017).
  11. https://www.centrepompidou.fr/cpv/resource/cnyypnr/rMAA6B.
  12. [1].
  13. [2].
  14. [3].
  15. [4].
  16. [5].
  17. [6].
  18. Association des Amis et Passionnés du Père-Lachaise, « Montparnasse : liste alphabétique des personnages », sur www.appl-lachaise.net, (consulté le 26 mars 2017).
  19. (ja) Sanctuaire Katada Inari de Shima, « 見取り図 »,‎ (consulté le 11 avril 2017).
  20. (ja) Fédération du tourisme de la préfecture de Mie, « 志摩市絵かきの町・大王 美術ギャラリー » [« Iseshima : village de peintres, galerie d'art Daiō »],‎ (consulté le 26 mars 2017).
  21. (en) Iseshima Tourism & Convention Organization, « Town of Painters / Daio’s Art Gallery » [« Ville de peintres : galerie d'art Daio »], sur Visit Iseshima, (consulté le 26 mars 2017).
  22. Jean-Marc Michaud & Daniel Le Mesle, Les peintres du Faouët : 1845-1945, Quimper, Editions Palantines, , 127 p. (ISBN 2-911434-33-1), p. 124, 125
  23. Henri Belbeoch, Douarnenez, "Au bonheur des peintres", Quimper, Editions Palantines, , 258 p. (ISBN 2-9504685-3-5), p. 182, 183
  24. (en) « Yoneo Sakai papers, 1848-1979 », sur OAC Online Archive of California
  25. Hiraga et Sakai 1970.

AnnexesModifier

BibliographieModifier

  • (ja) Kamesuke Hiraga et Yoneo Sakai, 一本の釘 [« Un clou »], Tokyo, Kyūryūdō (ja),‎ , 251 p. (OCLC 703797393).
  • (ja) Yoshio Ide 井手義男, 画集 平賀亀祐 [« Peintures de Kamesuke Hiraga »], Tokyo, 発行所造形同人会 Editions d'Art Zookei Dojin Kai,‎ , 170 p..

Articles connexesModifier

Liens externesModifier